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CURVED AIR - Airborne (1976)
Par MARCO STIVELL le 11 Avril 2013          Consultée 858 fois

Quelques mois après Midnight Wire arrive le dernier vrai album de CURVED AIR, Airborne à la pochette assez discutable – un peu comme pour tous les albums du groupe, le précédent et celui-ci en tête. Les sessions d'enregistrement, déjà très chères, sont encore une fois suffisamment éprouvantes (le producteur Dennis MacKay part en plein milieu, laissant le groupe se débrouiller !) pour regretter que la période créative du groupe s'achève sur cette note, sachant qu’Airborne représente un nouvel échec commercial cuisant.

Curieusement on remarque que c'est l'album où dans l'écriture, CURVED AIR agit le plus en tant que groupe : en dehors de Norma Tager, l'amie de Sonja qui écrit quelques textes, chacun des membres officiels met la main à la pâte de manière assez équitable. Sonja Kristina signe trois textes et son cher compagnon Darryl Way s'octroie le luxe d'une chanson solo («Juno»). Les autres membres composent deux ou trois musiques, seuls ou non et fait rare, Copeland écrit des textes ! Bref, cette formule pourrait nous pousser à être enthousiastes et espérer que si le cœur n'y est plus dans la réalité, le groupe nous offre ici encore une part de rêve, un rêve piquant comme il en a le secret. On déchante assez vite, dès la première écoute en fait. Non pas qu’Airborne soit aussi mauvais que certains peuvent le laisser entendre, il s'écoute facilement mais demeure aussi résolument quelconque, eu égard à un Phantasmagoria ou à un Air Cut. Si Midnight Wire pouvait encore se vanter d'être un tantinet «sérieux», le groupe y gardant son empreinte caractéristique bien que maladroite, Airborne est une sorte de fourre-tout qui a du mal à fonctionner dans son ensemble, malgré une poignée de qualités indéniables. Bien qu'ils soient séparés par le vinyle d'origine, le CD arrive difficilement à faire passer le fait que "Touch of Tequila" et "Moonshine" se suivent (sans s'enchaîner ceci dit).

La première est l'une des chansons les plus "risibilis" qui puissent être données à entendre, autant pour le public pop que progressif (les premiers rient, les autres aussi mais c'est très jaune !). Je ne dis pas "ridikulus" car j'ai peur de voir un épouvantard se changer en Sonja Kristina, un verre à la main, vêtue seulement d’un bikini, avant de sauter dans les bras de ses compères – comme elle le fait sur le verso de la pochette – avec une envie torride d'en découdre sous je ne sais quel cocotier de je ne sais quelle plage paradisiaque. Cela résume pourtant bien l'esprit textuel et musical de cette chanson, très racoleur et assez déroutant quand on se souvient de "Melinda (More or Less)", pour faire un parallèle avec une autre chanson de la pétillante madame. Si encore cela n'avait pas déteint sur la musique... Et en parlant d'Harry Potter, "Moonshine", totalement à l'opposé de "Touch of Tequila" tente de restituer la magie progressive qui a illuminé la première moitié des années 70, avec force synthétiseurs planants, ô combien rassurants. Ces différents moments doucereux alternent avec des tempi typiquement hard rock, sans oublier un interlude funk étoffé bien senti, tout cela sur plus de onze minutes, ponctué de nuances et enchaînements épiques... mmm, on s'y croirait encore ! Mais en fait, bien que très intéressant, cette pièce n'est pas un chef-d'œuvre non plus, manquant un peu d'unité dans la qualité des thèmes.

Sachant que c'est de très loin le morceau le plus ambitieux du disque, on se doute bien de ce dont il s'agit à côté. Avec l'avènement du punk, comment pourrait-il en être autrement ? CURVED AIR a toujours navigué entre chansons simples et aventureuses, mais on remarque ici que le ton est bien plus consensuel, fleur bleue. «Desiree» et «Heaven (Never Seemed So Far Away)», auxquelles Copeland a activement participé dans l'écriture, sonnent très pop avec une tonalité estivale encore une fois, même si le violon ou l'orgue Hammond viennent pimenter le tout. Ce brave Stewart signe également un «Kids of Blame» très rhythm'n'blues et qu'il reprendra pour The Police avec une énergie naturellement punk en tournée à leurs débuts. Dans le même style, il y a «Hot and Bothered» qui nous fait amèrement regretter que le saxophone n'ait pas été utilisé plus souvent par le groupe, à la grande époque, et ici de manière plus torride pour répondre avec caractère au sex-appeal de Sonja Kristina. «Juno» est l'une des rares pépites, grâce à la créativité de Darryl Way, menée par une cavalcade violonesque et rehaussée par d'excellents soli dont un de vibraphone par le réputé Franck Ricotti qui avait déjà joué sur Phantasmagoria. Enfin, le slow «Dazed» et la valse «Broken Lady» apportent un ton nettement plus sucré, cette dernière incorporant l'accordéon de manière inédite dans la musique du groupe et le piano étant joué par un méconnaissable Robin Lumley (Brand X). Quand je vous disais que c'est un album fourre-tout !

...Et voilà l'histoire s'achève. Pas totalement certes, il y aura la compilation de démos Lovechild en 90, et le groupe se reformera ponctuellement pour des tournées jusqu'aux années 2000, ne nous mettant pas à l'abri d'une nouvelle sortie (près de quarante ans après, difficile d'y croire malgré tout). Kristina et Way, mariés quelques années plus tard, suivront des carrières solos plus ou moins remarquées et Copeland connaîtra le succès que l'on sait.

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   MARCO STIVELL

 
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- Sonja Kristina (chant)
- Darryl Way (violon, claviers)
- Tony Reeves (basse, claviers, contrebasse)
- Stewart Copeland (batterie)
- Mick Jacques (guitares)
- + Robin Lumley (piano)
- Alan Skidmore (saxophone ténor)
- Henry Lowther (trompette)
- Frank Ricotti (percussions)
- Jack Emblow (accordéon)
- Bob Sargeant (orgue)


1. Desiree
2. Kids To Blame
3. Broken Lady
4. Juno
5. Touch Of Tequila
6. Moonshine
7. Heaven (never Seemed So Far Away)
8. Hot And Bothered
9. Dazed



             



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