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CURVED AIR - Air Cut (1973)
Par MARCO STIVELL le 7 Août 2012          Consultée 1221 fois

En 1972, CURVED AIR subit de plein fouet le départ conjoint de Darryl Way, Francis Monkman et Florian Pilkington-Miksa, laissant Sonja Kristina comme seule dernière membre fondatrice encore présente. Avec l'aide du bassiste Mike Wedgewood qui était arrivé pour l'album Phantasmagoria, elle recrute le batteur Jim Russell, le guitariste Kirby Gregory et le claviériste-violoniste Eddie Jobson.

Air Cut est le quatrième disque de CURVED AIR et le premier proposé par une autre formation que la « classique ». Même avec cela, on y rencontre un groupe revigoré par l'arrivée de ces musiciens souvent peu connus, mais qui participent allègrement à l'unité du nouveau son. Outre Sonja Kristina, c'est surtout Eddie Jobson qui se démarque le plus, car alors âgé de seulement 17 ans il se révèle déjà tel un virtuose de ses instruments, un compositeur hors-pair et accessoirement un personnage à l'image glamour collant bien avec l'esprit du groupe.

Ce nouveau disque ne déroge pas à la règle des autres albums qui est de mêler des titres longs avec d'autres plus courts. Ils assument avec ces derniers une facette rock toujours directe à l'image du morceau d'ouverture, « The Purple Speed Queen ». Rien qu'à voir le titre, ce pourrait être un hommage marqué à Deep Purple, qui a rappelons-le publié Made in Japan l'année précédente. L'ambiance est de ce goût-là, avec simplement une femme à la place d'un homme au chant. Et Sonja ne hurle pas, mais elle arrive néanmoins à faire beaucoup d'effet, peut-être plus encore que sur les précédents titres rock. Les choeurs sont railleurs sur le refrain, et l'on notera pour tout solo d'orgue Hammond celui d'un synthétiseur VCS3 (Jobson ne renie point la marque Monkman), suivi par une guitare inspirée. « Armin » est du même acabit, les soli de claviers étant cette fois remplacés par ceux d'un violon dément, plus que ne pouvait l'être celui de Darryl Way. Idem pour « Two-Three-Two » où une voix masculine (celle de Mike Wedgewood) remplace pour la première fois celle de Sonja Kristina qui réalise malgré tout de superbes choeurs. Même si Jobson ne peut s'empêcher de mettre en valeur sa présence, Kirby Gregory nous prouve une nouvelle fois qu'il n'est pas un manchot. Plus pop et court, le très efficace « World » nous donne envie de croquer ce violon et Sonja.

« Elfin Boy » voit oeuvrer cette dernière sur une introduction a-cappella saisissante, lançant une chanson folk de son secret dans la lignée de « Melinda (More or Less) » mais moins chargée en instruments. Ses guitares acoustiques et la basse de Wedgewood tissent de jolies ambiances tandis que Jobson lance des trilles au VCS3 et fait grincer son clavecin. Amazing ! « U.H.F. » est un rock à la Emerson, Lake & Palmer mais là encore avec une voix féminine. Très inspiré à son tour, il décrit une boucle de deux séquences de chanson reliées par un passage rêveur à la « Situations » au doux parfum de mellotron. Jobson a composé seul le pavé -10 minutes- « Metamorphosis » où son grand piano est roi. On saura se délecter de ses envolées autant que de ses descentes, de même que cette structure typique du rock progressif qui fait sonner la pièce de manière mi-déjantée, mi-ballade. Car il y a un net contraste entre ces sucreries au piano (celle du milieu en particulier où Sonja chante en voix de tête), ces marches militaires implacables, le solo de guitare plaintif et l'orgue solennel façon marche funèbre, sans oublier l'apport du VCS3 grondant sur le final qui part en trip bluegrass... Sans doute le meilleur morceau long de CURVED AIR. On termine en force et élégance avec « Easy », écrite par Sonja Kristina seule là encore, un véritable hymne où la voix de la belle sonne très soul, reposant sur une rythmique assénée et ponctué de superbes solos de guitare, d'un VCS3 maléfique et même d'une petite envolée jazzy en métrique tarabiscotée.

Air Cut n'est pas seulement le meilleur album de CURVED AIR et seule réalisation de cette formation éphémère. C'est aussi un chef-d'oeuvre de rock, pas seulement progressif, passionnant, avec aucun morceau faible car tous sont constamment élevés par des idées de composition ou des solos goûteux. Prog, hard, pop, jazz et folk se mélangent dans une joyeuse fête qui donne enfin au groupe ses lettres de noblesse pour figurer parmi les emblèmes du rock.

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   MARCO STIVELL

 
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- Sonja Kristina (chant, guitare acoustique)
- Kirby Gregory (guitares)
- Jim Russell (batterie, percussions)
- Mike Wedgewood (basse, chant)
- Eddie Jobson (piano, orgue, synthétiseurs, mellotron, violon)


1. The Purple Speed Queen
2. Elfin Boy
3. Metamorphosis
4. World
5. Armin
6. U.h.f.
7. Two-three-two
8. Easy



             



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