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- Style : Sara Bareilles

Vanessa CARLTON - Be Not Nobody (2002)
Par MARCO STIVELL le 12 Août 2012          Consultée 1224 fois

Vanessa CARLTON en 2002, ou l'éclosion d'une beauté que l'on aura vite fait de contourner. Cette native de Milford, Pennsylvanie, arrivée par un beau 16 août 1980, avait le choix entre devenir petit rat de l'opéra et musicienne. Elle aura fait les deux formations mais a préféré cette dernière option. Comment pouvait-il en être autrement sachant que sa mère est pianiste et son oncle (Larry Carlton) un guitariste de jazz réputé ; qu'à deux ans, elle avait retranscrit d'oreille « It's a Small World » (entendu à Disneyland) au piano devant sa mère qui a alors décidé de tout lui enseigner ? Debussy et Ravel ont marqué sa vie, mais les Rolling Stones aussi... Elle écrit ses premières chansons à l'arrivée de l'âge adulte. Travaillant comme serveuse dans le quartier Hell's Kitchen de New York, elle rencontre Peter Zizzo qui lui fait enregistrer son premier album, Rinse, mais qui ne sera pas publié. Sa maison de disques d'alors ne lui apportant aucun soutien, elle s'en sépare et fait la connaissance de Ron Fair, le patron d'A&M Records qui est subjugué par son titre « A Thousand Miles ». L'album Be Not Nobody, réemployant des titres de Rinse, sera publié en 2002 et connaîtra le succès que l'on sait grâce à ce single. Mais pour des talents comme Vanessa, la renommée peut être impitoyable et a un prix.

Souvenez-vous en 2002, le clip de « A Thousand Miles » passait coup sur coup à la télévision. Vous avez sûrement été interpelés par la fraîcheur de cette mélodie et la passion que dégageait son interprète, mais vous avez été aussi vite agacés au point que Vanessa soit devenue « La minette au piano qui roule ». La jeune femme en subira vite le contrecoup puisque les deux millions d'exemplaires écoulés de Be Not Nobody la cantonneront à un succès éphémère, trop pour ce qu'elle est réellement capable d'offrir (on y reviendra). Et bien sûr, la maison de disques A&M se révèlera vite être plus un carcan qu'autre chose... Bref, pas de chance dès le départ pour notre Vanessa.

Sur ce Be Not Nobody, il n'y a certes pas que « A Thousand Miles », c'est un album de tubes en puissance mais aussi d'expériences un peu moins conformistes par rapport à ce qu'on a l'habitude d'entendre dans la pop la plus accessible. « Prince » par exemple, vous vous attendiez à rencontrer un tel titre sur un album de ce genre ? Certes, l'audace est mesurée, mais cette harmonie, la rythmique particulière, cette basse en avant, ce pont à la limite de l'expérimental, on se rapproche gaiement d'une portée jazz fusion. Et que dire de la reprise de « Paint it Black », chanson emblématique pour la chanteuse comme on se doute. Si les refrains sont conservés tels quels, les couplets sont faussement radoucis et le final est encore plus déjanté. Quel dommage d'ailleurs ce fade-out rapide alors que Vanessa vient juste de finir de chanter... Les puristes vont hurler en l'entendant (le rock c'est une affaire d'hommes !) mais sans la mettre bien sûr au niveau de l'originale, c'est encore une fois assez audacieux pour en valoir la peine.

Mais n'oublions pas que ce disque est avant tout une oeuvre de piano-pop, un genre dont Vanessa va devenir la reine. Son phrasé est assez vigoureux sur ce disque, comme en témoignent aussi bien la ballade « Wanted » où Vanessa chante de manière écorchée, que l'excellent « Unsung ». D'ailleurs ce chant est encore très typé, avec force appoggiatures et transitions abruptes qui vont dans le ton des chansons. Cette passion est renforcée mais de manière langoureuse par les cordes, omniprésentes sur le disque. « Pretty Baby » et « Paradise » sont deux autres beau slows gorgés de mélancolie, quand la suavité n'atteint pas un sommet comme sur « Twilight », avec sa harpe et son harmonica fragiles qui donnent un côté chanson de toile. « Ordinary Day » ouvre l'ensemble avec un fort à-propos de valse enivrante, et « Rinse » est une de ces chansons qui demanderont un peu de temps avant d'être pleinement assimilées. Et bien évidemment comme beaucoup de fans, je garde une certaine gratitude envers « A Thousand Miles » pour m'avoir fait découvrir l'artiste...

Globalement dans Be Not Nobody, le meilleur se situe au début et à la fin. On pourrait néanmoins pour rebondir sur un argument lancé au début (« ...ce qu'elle est réellement capable d'offrir ») émettre une critique envers ce disque comme quoi il reste légèrement impersonnel et ce bien que Vanessa en ait écrit et composé la totalité des chansons, sauf bien sûr la reprise. La chanteuse reconnaîtra elle-même qu'il sonne plus Ron Fair que CARLTON. De plus, certaines chansons s'écoutent très bien mais semblent manquer encore de maturité. Un bon début donc, mais qui se situe en bas d'un véritable crescendo artistique, comme la suite nous le révèlera.

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   MARCO STIVELL

 
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- Vanessa Carlton (chant, piano, arrangements)
- Ron Fair (orgue hammond, harmonica, vibraphone, arrangements)
- Luis Conte (percussions)
- Abe Laboriel Jr. (batterie)
- Leland Sklar (basse)
- John Goux (guitares, dulcimer, sitar)
- Gayle Levant (harpe)
- Emil Richards (vibraphone)
- Tommy Morgan (harmonica)


1. Ordinary Day
2. Unsung
3. A Thousand Miles
4. Pretty Baby
5. Rinse
6. Sway
7. Paradise
8. Prince
9. Paint It Black
10. Wanted
11. Twilight



             



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