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- Membre : Paul Weller

The JAM - All Mod Cons (1978)
Par BAAZBAAZ le 6 Septembre 2012          Consultée 1507 fois

Autant que les choses soient claires : à partir d’All Mod Cons, THE JAM n’a enregistré que des grands disques. Trois chefs d’œuvre en trois ans – sortis respectivement en novembre 1978, 1979 et 1980 – puis le bouquet final, The Gift, en 1982. Et pendant tout ce temps, le groupe n’a eu aucun concurrent. Ces années-là, l’Angleterre était aux pieds de Paul Weller, unique héritier des immenses songwriters des années 60. Que les Américains ou les Français n’y aient vu que du feu, trop obnubilés par des CLASH de plus en plus mégalos et prétentieux, ne prouve qu’une chose : le goût incertain de ces deux peuples lorsqu’il s’agit de distinguer les vrais dieux des seconds couteaux du panthéon rock.

Mais ce n’était pas gagné d’avance. Début 1978, après l’échec du très mauvais This Is the Modern World, Weller s’enfonce dans l’indolence, se désintéresse du groupe et contemple, impuissant, l’assèchement de sa propre créativité. En mai, à la suite d'une tournée américaine sans intérêt, les JAM entrent en studio sans la moindre chanson. Effaré, leur producteur décide de tout stopper, annule la session et les envoie se faire voir ailleurs. Durant ce triste printemps, on frôle la catastrophe. Blessé, déstabilisé, Weller est dos au mur. Selon la légende, il passe alors une partie de l’été à écouter en boucle le Something Else des KINKS et, soudain, c’est une épiphanie. En assimilant l’œuvre d’un autre génie, le jeune songwriter de vingt ans comprend à quel niveau de perfection il doit hausser son talent.

Les années 60, matrice inépuisable, lui servent à nouveau de modèle. Mais il ne s’agit plus seulement des WHO de My Generation ou de la soul des puristes mods. Cette fois l’inspiration vient du Ray Davies de la grande époque, maître absolu des comptines londoniennes désabusées, écrites selon les codes subtils de la pop psychédélique et baroque. C’est dans l’étude minutieuse d’un géant que Weller trouve la force de se dépasser. Le résultat est immédiat : All Mod Cons, l’un des chefs d’œuvre du rock, est terminé en quelques semaines. THE JAM, basculant dans un autre monde, trouvant son identité, vient de naitre une seconde fois.

Deux énormes singles sont lâchés dans les charts en guise d’avertissement. Fin août, c’est d’abord la reprise du savoureux « David Watts » des KINKS, dynamité à la manière punk. L’hommage est explicite et donne aux disciples l’occasion de payer leur dû. Mais c’est en octobre que THE JAM dévoile les fruits de la régénération de son leader : « Down in the Tube Station at Midnight », cruelle histoire de meurtre, est une formidable cathédrale wellerienne au rythme syncopé, appuyée sur la basse dansante et cinglante de Bruce Foxton. Avant même que l’album ne sorte, le groupe revient avec fracas sur le devant de la scène.

La transformation de THE JAM est à la fois discrète et évidente. Le punk revêche d’In the City est toujours là (« Billy Hunt », « ‘A’ Bomb in Wardour Street »), et les influences mods ne sont pas reniées – elles ne le seront jamais. Cette musique reste hyper-affutée et coupante. Pourtant, tout a changé. Les compositions sont à la fois plus sophistiquées et plus accessibles. Weller assume une mutation vers un registre pop qui ne faisait qu’affleurer sur les disques précédents : « It’s too Bad » et « The Place I Love » sont aussi élégantes qu'incisives. Le groupe se dote ainsi d’une palette élargie d’émotions et d’ambiances, quitte à être un peu doucereux, comme sur « English Rose », jolie chanson que l’on n’osera qualifier de niaise.

L’album est parsemé de joyaux bruts aux arrêtes acérées. Symbole du nouveau son des JAM, « Mr Clean » met tout le monde en transe avec son chant plein de morgue, son refrain railleur et sa rythmique subtile et tendue. De même, « In the Crowd » révèle l’agaçante facilité avec laquelle Weller atteint le parfait équilibre entre guitares scintillantes et mélodies dont la Britpop cherchera vainement le secret. Lorsque sort All Mod Cons, il est évident que quelque chose d’important vient de se produire. Après un passage à vide d'un an, une autre carrière commence pour le groupe. Elle sera brève et fulgurante, mais l’adoration des Anglais ne cessera plus. Des gens de goûts, à n’en pas douter.

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- Paul Weller (chant, guitare)
- Bruce Foxton (basse)
- Rick Buckler (batterie)


1. All Mod Cons
2. To Be Someone (didn't We Have A Nice Time)
3. Mr. Clean
4. David Watts
5. English Rose
6. In The Crowd
7. Billy Hunt
8. It's Too Bad
9. Fly
10. The Place I Love
11. 'a' Bomb In Wardour Street
12. Down In The Tube Station At Midnight



             



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