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- Style : Föllakzoid, Guru Guru
- Membre : Walter Wegmüller , Sergius Golowin , Ashra, Manuel Göttsching
- Style + Membre : The Cosmic Jokers , Agitation Free, Klaus Schulze , Tangerine Dream

ASH RA TEMPEL - Ash Ra Tempel (1971)
Par JOVIAL le 12 Juin 2012          Consultée 2410 fois

Ash Ra Tempel.

Quelle idée stupide de vouloir en faire la chronique. Des mois que je ne parviens pas à trouver mes mots. Plutôt, des mois que je ne comprends toujours pas ce que j’écoute. Car ce premier album d’ASH RA TEMPEL est une œuvre absolument hors du temps, irréelle et d’une liberté parfois difficile à concevoir et à accepter. Immersive à l’extrême, cette musique est un véritable voyage vers d’immenses espaces inconnus, visiblement sans limites, cosmiques et souterrains à la fois, dédales de brumes humides et de lumières éblouissantes où l’auditeur va se perdre durant toute la durée du disque. Je ne sais pas si certains d’entre vous ont déjà connu cette sensation avec d’autres artistes, mais Ash Ra Tempel est typiquement le genre d’album sur lequel on s’abandonne jusqu’à s’en couper du reste du monde, pour finalement se frotter les yeux au réveil, égaré sur son lit, comme si « Amboss » et « Traummaschine » n’avaient été que deux rêves distincts au sein desquels on s’imaginait réellement évoluer. Entre mystère égyptien et œuvre extraterrestre, ce disque nous ferait d’ailleurs presque oublier qu’il est d’origine humaine, fruit des travaux de trois musiciens berlinois : Manuel Göttsching, Hartmut Enke et Klaus Schulze, ce dernier étant à l’époque déjà connu pour ses collaborations avec les voisins de Tangerine Dream.

Dès les premiers instants, « Amboss » nous plonge directement dans un univers céleste et contemplatif, tombeau antique aux parois noires couvertes de hiéroglyphes, s’illuminant bientôt alors que Klaus Schulze abandonne progressivement les cymbales pour passer à un jeu plus musclé, mécanique et presque tribale, tandis que Manuel Göttsching laisse aller sa guitare à des notes de plus en plus aériennes et folles, orientalisantes ou parfois davantage lancinantes, pour un résultat dans tous les cas des plus étourdissants. L’auditeur lui, assiste à l’incroyable spectacle, impuissant et désorienté, ne se rendant même pas compte que la musique ne se résume à certains endroits qu’au mixage sauvage de guitares d’un Göttsching sous acide, nous calant en douce quelques expérimentations bien psychédéliques et jouissives. « Amboss » s’achève enfin dans la liberté la plus totale, guitares, électroniques et batterie se lançant frénétiquement les unes contre les autres, dans un festival d’éclairs et d’orages, où les derniers râles du pharaon maintenant réveillé s’évaporent dans la confusion ambiante.

La seconde face du médaillon est sans aucun doute la plus mystérieuse et la plus marquante. Davantage électronique et se rapprochant plus des terres de chasse d’un Tangerine Dream, elle voit ASH RA TEMPEL produire un morceau de très haute-volée, d’une beauté indescriptible, s’enfonçant cette fois-ci dans les abysses d’une grotte faites de reflets bleutés et d’échos inconnus, au climat paisible et méditatif. Toutefois, contrairement à « Amboss », il n’est pas question ici de tromper nos sens, mais bien de les flatter. « Traummaschine » porte son auditeur, nous fait flotter pendant vingt-cinq minutes, sans interruption aucune, et je n’arrive encore une fois pas à savoir ce que j’en ressens. De l’admiration certainement, devant tant de volupté et de maîtrise. Le plus impressionnant, c’est surtout lorsque l’on se rend compte que pour un morceau aussi long et aussi calme, pas une seule seconde ne laisse place au moindre ennui. Ni batterie, ni envolée guitaristique et pourtant, « Traummaschine », je vous le dis, est la quintessence de la musique planante allemande.

Nos trois Berlinois entament ainsi leur carrière par un album monumental, classique des classique de la Kosmische Musik et qui, plus de quarante ans après sa sortie, n’a toujours pas pris une seule ride. À la limite, il est presque dommage d’en faire la chronique, il serait préférable que chacun vienne à lui sans l’avis d’un autre qui commence par lui indiquer le chemin, si indicible soit-il, qu’il s’apprête à emprunter. Mais bon, maintenant que j’ai enfin réussi à poser quelques mots sur mes émotions, autant conserver ce texte et vous laisser désormais filer vers cette véritable expérience que constitue Ash Ra Temple. Oui, une très grande expérience, encore au-delà du psychédélisme et de tout autre forme de musique cosmique que les autres artistes ont si bien su produire à la même époque.

5/5 et plus encore.

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   JOVIAL

 
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- Klaus Schulze (batterie/claviers)
- Manuel Göttsching (guitares/claviers)
- Hartmut Enke (basse)


1. Amboss
2. Traummaschine



             



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