Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK PSYCHEDELIQUE  |  STUDIO

Questions / Réponses (1 / 2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Membre : Hot Tuna, Jorma Kaukonen , Jack Casady

JEFFERSON AIRPLANE - Surrealistic Pillow (1967)
Par DARK PANDA le 28 Août 2010          Consultée 3738 fois

Jefferson Airplane, c'est l'expression qui désigne une pince formée à partir d'une allumette usagée servant à tenir la fin d'un bon joint de marijuana. C'est aussi le nom d'un groupe de rock, créé en 1966 dans la baie de San Francisco et entré au "Rock and Roll Hall of Fame" en 1996. C'est enfin un album incontournable, Surrealistic Pillow, rempli de tubes légendaires comme "Somebody to Love" ou "White Rabbit" qui ont scellé la contre-culture hippie et enflammé la scène du festival de Woodstock, en un vibrant début d'été 1969. Le dossier du groupe est lourd, donc. Alors abandonnons immédiatement l'idée d'être exhaustif à son sujet - ce qui ne saurait être réaliste - et concentrons-nous simplement sur l'un des chapitres de cet épais volume : Surrealistic Pillow, peut-être leur album le plus emblématique. Parce que les traces de drogues y sont déjà bien visibles, que leur folk-rock opère nettement son basculement vers la matière psychédélique, mais aussi et surtout parce que la pochette est teintée d'un rose-bonbon tout à fait admirable.
A la sortie de l'opus, le groupe est toujours formé des six trublions de départ, à savoir Marty Balin, Jack Casady, Spencer Dryden, Paul Kantner, Jorma Kaukonen et Grace Slick - qui a cependant remplacé au chant l'éphémère Signe Anderson. Leur musique n'est à cette époque pas encore politisée, mais très efficace dans sa composition et robuste dans son énergie, son esthétisme voir sa grâce. Une réussite sensitive et psychédélique totale, qui tient en plusieurs points.
La diversité de l'album tout d'abord, qui présente à la fois des tubes immédiats ("She Has Funny Cars", "Somebody to Love") et des pièces plus ésotériques (le creshendo "White Rabbit", "Today" et son final paroxysmique), mais aussi une grande variété de rythmes entre une majorité de chansons plutôt dynamiques ou enjouées ("3/5 of a Mile in 10 Seconds", "D.C.B.A.-25") et d'autres résolument langoureuses ("Comin'Back to Me", "How do you feel"). Un mélange des genres enfin, puisque des trips satinés du plus pur psychédélisme ("She Has Funnys Cars") côtoient des réminiscences de folk ("My Best Friend", la performance guitaristique qu'est "Embryonic Journey") et des hymnes intenses d'Acid Rock ("White Rabbit").
Second atout majeur de la galette, ses parties vocales belles à en pleurer. Notons immédiatement que cette réussite est grandement due à l'arrivée, en 1966, de la chanteuse contralto Grace Slick, dotée d'une voix à la fois claire et charnue tout à fait magique, et qui sied parfaitement au registre psychédélique. elle amenait d'ailleurs avec elle deux morceaux, "Somebody to Love" et "Whites Rabbit", devenus les plus gros tubes de l'album - débutant à la cinquième place des charts nord-américains - et illustrant le plus magistralement ses merveilleuses capacités lyriques : la justesse de son chant, dans lequel l'artiste use abondamment des délicieuses vibrations de ses cordes vocales, mais aussi l'intensité pénétrante de son timbre de voix, sûrement sans aucune mesure à l'époque - Janis Joplin, autre représentante féminine de la scène psychédélique des '60s, possède à mon sens un style beaucoup plus "abrupt". Incontestablement, les performances de Grace Slick amènent un souffle épique à l'album, qu'elle soit seule au chant (le morceau de bravoure que constitue "White Rabbit") ou en simple accompagnement (les sublimes plages polyphoniques de "D.C.B.A.-25"). Il ne faudrait cependant en rien masquer la virtuosité des autres chanteurs du groupe, notamment du guitariste Marty Balin, brûlant de passion sur "Today" et "Coming back to Me". L'album est aussi et surtout ponctué d'un "chant choral" toujours jouissif, tantôt vigoureux et nerveux ("3/5 of a Mile in 10 Seconds"), tantôt feutré (l'onctueux refrain d'"How Do You Feel").
Dernière attribut de charme de cet album transcendant, et non des moindres, sa virtuosité instrumentale et plus spécifiquement son travail des guitares. Les cordes, nécessairement omniprésentes dans cet univers psyché, y explosent littéralement, mettant en exergue la réussite totale de la démarche artistique des musiciens : une recherche stakhanoviste de la rigueur rythmique et mélodique, qui trouve son accomplissement dans leur capacité à trouver les notes justes, celles qui électrisent l'épiderme et transforment la moindre écoute en bénédiction divine. Dans les faits, ces bijoux d'inventivité se traduisent par des partitions aussi simples - et non pas évidentes - que complexes : l'immédiateté et l'efficacité des quelques notes de la rengaine de "Today" jouxtent ainsi des prouesses de technicité, à l'image de la guitare sèche hantée d'"Embryonic Journey". Parfois même, le génie réside en une simple note, comme cet unique cri, lancinant et orgasmique, expulsé d'un instrument à cordes au tout début du solo final de "Sombedoy to love". Mais de manière générale, tous les morceaux de l'album voient pleurer dans leurs arrières-fonds des plages entières de guitare soyeuses et mélancoliques, celles là même qui enfantent le psychédélisme si céleste de JEFFERSON AIRPLANE.

Sans aucun doute, cet album est donc un joyau, dans tous les sens du terme : travaillé dans le minéral le plus pur et bénéficiant d'un enregistrement d'une rare qualité, il détient en lui une magie impalpable qui en fait un intemporel objet de contemplation. Le génie de ses compositions, tout redoutable et intense qu'il est, trahit d'ailleurs une authentique fragilité romantique : ses lignes musicales et vocales, robustes dans leur conception, dévoilent en effet une intensité émotive patente, source d'une grâce forcément toute psychédélique. Et la grâce, miracle de la beauté, est rare en musique, et donc d'autant plus fragile.

A lire aussi en ROCK PSYCHEDELIQUE :


The COSMIC JOKERS
The Cosmic Jokers (1974)
Un pétage de câble a parfois du bon !




The ILLINOIS SPEED PRESS
The Illinois Speed Press (1969)
Album phare de 1969 mêlant blues, acid , rock folk


Marquez et partagez





 
   DARK PANDA

 
  N/A



- Grace Slick (chant, piano, orgue, flûte)
- Paul Kantner (guitare, chant)
- Jorma Kaukonen (guitares solo et rythmique, chant)
- Jack Casady (basse, basse fuzz, guitare rythmique)
- Spencer Dryden (batterie, percussions)
- Marty Balin (guitare, chant)
- Jerry Garcia (guitares, chœurs, conseiller musical et spirituel)


1. She Has Funny Cars
2. Somebody To Love
3. My Best Friend
4. Today
5. Comin’ Back To Me
6. 3/5 Of A Mile In 10 Seconds
7. D.c.b.a. - 25
8. How Do You Feel
9. Embryonic Journey
10. White Rabbit
11. Plastic Fantastic Lover
12. In The Morning (bonus)
13. J.p.p. Mcstep B. Blues (bonus)
14. Go To Her (bonus)
15. Come Back Baby (bonus)
16. Somebody To Love (mono Single)
17. White Rabbit (mono Single)



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod