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Ian GILLAN - Clear Air Turbulence (1977)
Par RED ONE le 27 Décembre 2012          Consultée 2026 fois

Le premier album du IAN GILLAN BAND, Child In Time (1976), était encore trop marqué par le son du DEEP PURPLE Mk2 dont était dépositaire malgré lui Ian GILLAN dans les années 1970. Cependant, il démontrait déjà un profond désir du hurleur britannique d'explorer de nouveaux horizons musicaux, plus emprunts que jamais d'expérimentations en tous genres. Et c'est encore une fois vers des cieux jazzy que va s'orienter Gillan sur ce second album publié sous le nom du IAN GILLAN BAND, en compagnie d'un line-up légèrement remanié : Mike Moran cède ici la place à Colin Towns aux claviers, et Roger Glover n'est plus de la partie. Une section cuivres flambante neuve s'ajoute également à la formation.

Premier constat : cet album n'a que 6 titres. Oui mais 6 titres pour 38 minutes de musique, ce qui signifie que les titres vont être assez longs : 4 d'entre eux dépassent d'ailleurs les 7 minutes. Clear Air Turbulence, sorti en 1977, en plein pendant le boum punk qui secoue alors la Grande Bretagne, est donc un album encore bien dans l'esprit des disques de rock progressif qui ont jalonné toute la décennie 1970. Et à l'écoute du contenu, on ne peut qu'approuver ce premier constat.

Le morceau d'introduction éponyme est un de ces morceaux de génie dont on se demande quelle folie monstrueuse a bien pu passer par la tête de ses créateurs. Ca pulse, ça envoie du lourd, des percussions jazzy tabassent tous azimuts au rythme d'une basse ronflante pendant que Ian Gillan et quelques cuivres se chargent de donner du velours à ce morceau époustouflant de maîtrise. La suite se veut plus en douceur, avec un "Five Moons" raffiné, aux notes de clavier veloutées et aériennes. L'un des autres moments forts demeure "Money Lender", morceau très rock et très pêchu. "Over The Hill" est en revanche très progressive et très jazzy, aux breaks complètement improbables (Ian Gillan s'adonnant à du scat ? Oui !), avec de très nombreux passages à tiroirs où les claviers et les cuivres s'en donnent à coeur joie pour nous proposer une musique jamais évidente, toujours funky et sans cesse inventive. "Goodhand Liza", avec son introduction aux congas puis sa basse omniprésente, continue dans cette veine. L'album s'achève sur "Angel Manchenio", piste aux intonations hispanisantes, et qui clôt remarquablement bien le disque, avec une note de fraîcheur évoquant un coucher de Soleil ...

Du début à la fin, Clear Air Turbulence est un album parfait, mathématiquement maîtrisé. Les aspects jazz rock très poussés de ce disque et la finesse de composition des 6 titres qui constituent cet album font en font un parfait exemple de musique progressive bien ancrée dans son époque, combinant les meilleurs éléments du jazz, du rock, du hard rock, du funk et du r'n'b des années 1970. Faites l'expérience de réécouter cet album plusieurs fois, vous constaterez que vous y redécouvrirez sans cesse de nouvelles choses cachées.

La production de cet album est par ailleurs en tout point remarquable, puisque l'album sonne comme un disque de jazz/funk des années 1970, avec tout ce que cela implique de sonorités chaudes, se rapprochant beaucoup de la prise live. Toujours concernant la production, il est à noter pour la petite histoire que Ian Gillan n'était pas satisfait du premier mixage final de cet album. Il a donc fait repousser la sortie de cet album dans le but de le faire remixer : c'est cette deuxième version qui figure encore aujourd'hui sur Clear Air Turbulence. Le mixage original fut en revanche édité bien des années plus tard, sous le nom de "The Rockfield Mixes". La différence entre les deux versions ne saute pas immédiatement aux yeux, mais un expert vous dirait que la version d'origine sonne moins chaleureusement que la deuxième.

Un petit mot sur la pochette, enfin, signée par le grand illustrateur de science-fiction Chris Foss et qui est certainement la plus fantastique jamais dessinée pour un album solo de Ian Gillan : entre nous, je dois avouer qu'elle m'a tout de suite donnée envie d'écouter cet album la première fois que je l'ai vue. Une pochette très 70's, qui contribue à illustrer d'excellente façon la musique présente sur ce disque : aérienne et dansante, tout en étant sophistiquée et rentre-dedans. J'ose espérer que ce magnifique dessin représentant un vaisseau en forme de guêpe vous donnera aussi l'envie d'écouter cet album.

Ian Gillan livre avec Clear Air Turbulence ce qui peut être considéré comme étant l'un de ses deux meilleurs albums solo. Le second, Scarabus, sortira la même année mais s'éloignera quelque peu des sonorités jazz rock présentes sur Clear Air Turbulence et de ses aspects mathématiques, pour quelque chose de plus rock et de plus spontané. Néanmoins, il demeure que Clear Air Turbulence est un disque essentiel, absolu, et indubitablement majeur de toute discothèque idéale consacrée aux années 1970.

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   RED ONE

 
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- Ian Gillan (chant)
- Ray Fenwick (guitare, choeurs)
- John Gustafson (basse, choeurs)
- Mark Nauseef (batterie, percussions)
- Colin Towns (claviers, flûtes)
- Phil Kersie (saxophone tenor)
- Martin Firth (saxophone baryton)
- John Huckridge (trompette)
- Derek Healy (trompette)
- Malcolm Griffiths (trombone)


1. Clear Air Turbulence
2. Five Moons
3. Money Lender
4. Over The Hill
5. Goodhand Liza
6. Angel Manchenio



             



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