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- Membre : Catherine Wheel

TALK TALK - It's My Life (1984)
Par KID66 le 29 Janvier 2013          Consultée 1500 fois

Album de toutes les récompenses, de tous les honneurs, et du succès vécu à son paroxysme, It’s My Life s’est vite vu être éjecté du cercle fermé des albums de TALK TALK devant continuer à vivre et à être découvert en 2012 et au-delà : on laissera l’opus de 1984 dans sa décennie maudite pour se concentrer sur la suite des offrandes de Mark Hollis. La triplette magique The Colour Of Spring / Spirit Of Eden / Laughing Stock s’isole dans son petit monde élitiste et ne regarde même plus un disque injustement traîné dans la boue, tiré vers le bas par son seul compagnon de cellule, le médiocre The Party’s Over. Voilà une chronologie et une tournure des évènements ne rendant pas grâce à un album certes proche de son prédécesseur, mais largement supérieur et mieux pensé.

Simon Brenner, parti aussi vite qu’il est venu, est remplacé en 1983 par un Tim Friese-Greene énigmatique qui ne manquera pas d’intriguer les fans du combo anglais. Quatrième membre du quatuor, le bonhomme préférera rester dans l’ombre et choisira de ne pas paraître sur les photos officielles du groupe ou dans ses clips. Et pourtant, il effectuera un travail monstre au niveau des arrangements et du son des disques qui suivront The Party’s Over, en plus d’y jouer en tant que claviériste et d’y composer. Mark Hollis dira lui-même considérer Tim Friese-Greene comme un élément indispensable de son équipe, sur tous les plans. Malgré lui (et sa personnalité peu sympathique), son implication au sein de TALK TALK n’échappera à personne et tout le monde ne manquera pas de voir en lui l’un des rouages décisifs de la musique des anglais. Mais n’exagérons rien, Friese-Greene ne révolutionne rien sur It’s My Life, loin de là ! Le disque ne quitte pas les terres de la Synth Pop balisées deux ans plus tôt par The Party’s Over, néanmoins un net effort reste à noter. L’esprit ne change pas ou peu, mais l’exécution subit une remise en question qui en fera respirer certains : les claviers sont utilisés ici avec plus de retenue, et de façon moins grossière que précédemment. On joue davantage sur les ambiances, on explore d’autres sonorités ; pour résumer la qualité semble être privilégiée par rapport à la quantité, et ce coup de frein rend l’ensemble bien plus digeste (en plus de nous laisser écouter Paul Webb en paix !).

Un exemple (et non des moindres !) : les claviers n’apparaissent vraiment sur « Such A Shame » que pour donner consistance à son refrain anthologique, via une ligne mélodique très simple mais d’une puissance séductrice inouïe. Le reste du titre se situe déjà plusieurs cases devant l’opus de 1982 : orchestration moins plastique, ruptures de rythme, ensemble plus « naturel », mais toujours très léché. L’introduction aux percussions est la première surprise de la discographie des anglais (et nous n’avons encore rien vu…). « Such A Shame », tube invincible, s’affranchit déjà des ficelles grossières de « Talk Talk », « It’s So Serious » et consorts pour approcher une finesse d’interprétation remarquable (comme sur ce très beau break électrique). Plus classique dans son approche, l’immortel « It’s My Life » mise plus sur l’efficacité que sur l’ambiance malgré des sonorités exotiques un peu stéréotypées. Les lignes de chant, ponctuées par la basse délectable de Paul Webb, font mouche et le refrain hymnique est absolument imparable. Deux grands tubes de TALK TALK, les plus connus avec « Life’s What You Make It », qui ne volent pas leur succès, loin de là.

« Dum Dum Girl », troisième titre de l’album à avoir figuré sur diverses compilations, ne plaira pas à tout le monde : il s’agit d’un morceau inspiré à la bonne humeur communicative, mais assez kitch il faut bien l’avouer. On reste à un niveau supérieur à l’opus précédent, de part une section instrumentale légère, précise et classieuse. Si on est encore loin de la sensibilité à fleur de peau si riche d’un « The Rainbow », « Renee » s’avère tout de même être emplie d’émotion, dans un registre évidemment moins authentique. Une très belle ballade, admirablement bien chantée.

La seconde partie de l’album est malheureusement plus inégale. « The Last Time », héritier de The Party’s Over, y aurait remonté le niveau : mélodie charmante, gimmick entêtant. Il lui manque cependant un refrain digne de ce nom, qui en aurait fait un concurrent possible aux morceaux cités plus haut. « Does Caroline Knows ? » est une plaisanterie de mauvais goût aux sonorités dissonantes, j’y vois le plus mauvais titre de TALK TALK. L’envol du refrain de « It’s You » ne laissera personne insensible mais la chanson manque sa mention, la faute à une ressemblance trop marquée avec les morceaux à succès déjà présents sur le disque lui donnant un côté « patchwork » douteux. Sachons cependant apprécier la fraîcheur de « Call In The Night Boy », qui sous ses aspects too-much jouit d’une trame mélodique à faire plier n’importe qui. A noter un solo de piano de très bon gout, et un refrain irrésistible.

Séparant les deux parties du disque, « Tomorrow Started » y un peu fait figure l’ovni. Cette seconde ballade ne révolutionne pas la musique du groupe (on y trouve toujours des sons synthétiques classiques) mais oriente déjà notre regard vers la future Pop à la fois sophistiquée et émotionnelle de The Colour Of Spring. Moins artificiel que sa sœur « Renee », le titre explore de nouvelles possibilités (arpèges subtils, solo de trompette surprenant) pour un résultat très touchant et réussi. Mais ne boudons pas le plaisir immédiat que procure sans peine ce disque, It’s My Life me semble tout aussi indispensable que ses successeurs, bien que les raisons en soient différentes. Un opus travaillé, inspiré, et montrant une variété qui faisait défaut à l’album de 1982. Oui, on tient le bon bout…

3,5/5

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- Mark Hollis (chant, guitare)
- Paul Webb (basse)
- Lee Harris (batterie)
- Tim Friese-greene (claviers)


1. Dum Dum Girl
2. Such A Shame
3. Renee
4. It's My Life
5. Tomorrow Started
6. The Last Time
7. Call In The Night Boy
8. Does Caroline Knows ?
9. It's You



             



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