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TEARS FOR FEARS - Raoul And The Kings Of Spain (1995)
Par KID66 le 28 Février 2013          Consultée 1696 fois

Non inquiété par le flop commercial du pourtant très bon Elemental, Roland Orzabal poursuit en 1995 l’aventure TEARS FOR FEARS avec un opus qui restera le plus souvent oublié de sa discographie : Raoul And The King Of Spain. Et si le dédain général pour Elemental me rend aujourd’hui encore assez perplexe, cette cinquième galette me parait plus difficilement défendable. Entendons nous, Raoul n’est pas un mauvais disque loin de là, il est même correct, mais il est le seul TEARS FOR FEARS vraiment inégal, proposant un nombre trop pesant de compositions anecdotiques, voire carrément banales. Elemental s’essoufflait sur la fin (« Power », « Gas Giant ») mais gardait un niveau global plus qu’honorable. Ici on navigue dans des eaux bien plus troubles, et c’est dommage.

Avec Raoul And The Kings Of Spain, Orzabal voulait produire une oeuvre à la fois personnelle et ambitieuse : nous tenons donc là un concept album dont la trame se déroule en Espagne, terre natale de son génial créateur. Je serai incapable de dire un mot sur les textes, et sans tenter de me décharger de toute responsabilité, la musique y est pour beaucoup : le concept ne se ressent absolument pas lors de l’écoute du disque, et nous passe donc facilement au-dessus de la tête. Il n’est effectivement pas évident de doser intelligemment musique et concept dans un album, et beaucoup de grands groupes n’ont d’ailleurs pas su gérer cet exercice périlleux (PINK FLOYD au hasard, mais dans l’excès inverse), mais Orzabal n’avait pas manqué de vanter l’influence de la musique de son pays d’origine sur sa nouvelle merveille. Résultat, on cherche encore. Hormis l’inutile « Los Reyes Catolicos », seul le très beau « Sketches Of Pain » possède des sonorités hispaniques très agréables (dans un esprit plutôt brésilien en fait).

Raoul And The King Of Spain n’est donc qu’un simple disque de Pop/Rock raffinée et plutôt inspirée dont la seule particularité est de durcir un peu le ton par rapport à l’opus précédent. En effet, Elemental était résolument Pop et ne sortait vraiment les guitares que le temps d’un « Dogs Are Best Friend’s Dog » ; ici une petite moitié des morceaux s’articulent sur des cordes purement électriques. Cela n’a jamais été l’habitude de TEARS FOR FEARS, mais pourquoi pas ?

Ces titres connaissent la même réalité que leurs frères d’esprit plus conventionnel, ils sont de niveau un peu trop variable. « Sorry » démarre sur le chapeaux de roues mais pour aller nulle part, « Humdrum And Humble » est tout simplement plate. La soporifique ballade « I Choose You » et « Los Reyes Catolicos » achèveront de former le ventre mou particulièrement handicapant de la galette. « Don’t Drink The Water » est un petit délire à la Orzabal comme « Brian Wilson Said » sur la galette de 1993. Malgré un côté un peu décalé, il ne manquera pas de vaincre l’ennui de fort belle façon. Grosse déception cependant pour « Falling Down », le « tube » de l’album qui ne possède pas la moitié de l’entrain de « Break It Down Again ». Inutile d’oser toute comparaison avec les succès des 80’s. Ces titres, malgré une qualité d’exécution certaine, manquent leur effet ; la sauce ne prend pas.

Le reste de l’album va de l’agréable à l’excellent. « God’s Mistake » résume la mentalité du TEARS FOR FEARS période Orzabal via son orchestration élégante, ses cordes boisées et son chant tout en finesse. Ce sont ces mêmes ingrédients qui font de « Secrets » une très belle ballade. J’ai déjà parlé de « Sketches Of Pain », petite perle d’ambiance et de douceur, et de « Don’t Drink The Water ».

Les deux chefs d’œuvre de l’album sont cependant les titres de fermeture et d’ouverture. L’intervention d’Oleta Adams y est certes pour beaucoup, mais on retrouve dans le sublime « Me And My Big Ideas » une rigueur d’orchestration et un gros travail mélodieux sur les lignes de chant hérité de The Seeds Of Love. LE titre de Raoul And The Kings Of Spain reste cependant la chanson titre, merveille absolue de Rock joué à mille mètres du sol. La performance de Roland Orzabal y est tout simplement magistrale. Tout y est, on tient son dernier chef d’œuvre.

Raoul And The Kings Of Spain est un album correct mais trop en dessous de ce que TEARS FOR FEARS nous propose d’habitude pour ne pas laisser penser qu’en 1995, il était peut être temps que Roland Orzabal arrête l’aventure, du moins pour un temps. Il n’empêche cependant que beaucoup (dont moi) rêvent d’une « vraie » reformation. Everybody Loves A Happy Ending sorti en 2006 sera d’un niveau honorable malgré un aspect trop formaté, et il aura le mérite de nous apporter un peu de bonheur. Bref, TEARS FOR FEARS nous manque !

2,5/5

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   KID66

 
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- Roland Orzabal (chant, guitare, claviers)
- Alan Griffiths (guitare, claviers)
- Gail Ann Dorsey (basse)


1. Raoul And The Kings Of Spain
2. Falling Down
3. Secrets
4. God's Mistake
5. Sketches Of Pain
6. Los Reyes Catolicos
7. Sorry
8. Humdrum And Humble
9. I Choose You
10. Don't Drink The Water
11. Me And My Big Ideas



             



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