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RIVAL SONS - Head Down (2012)
Par RED ONE le 3 Décembre 2012          Consultée 1649 fois

C'est un fait indéniable. En l'espace de deux ans, les RIVAL SONS sont devenus l'une des formations rock emblématiques du début des années 2010. Sonorités à cheval entre le blues rock moderne et incendiaire des BLACK KEYS et le hard rock primitif de la scène britannique des années 1970, les RIVAL SONS ont cartonné en 2011 avec leur terrifiant deuxième album, Pressure And Time, déjà considéré comme un classique par de nombreuses critiques. En 2011-2012, le groupe tourne énormément (surtout en Europe) et c'est presque sans surprise que l'annonce d'un nouvel opus surgit dans la presse. On ne pourra que louer le fait que ce troisième effort, sobrement baptisé Head Down, ait été publié si peu de temps après l'effort précédent. Mais on peut également redouter un tel empressement, parfois propice au bâclage ...

La grande énigme, c'est donc : les Fils Rivaux de Los Angeles ont-ils entre temps changé leur fusil d'épaule ? Head Down est-il une suite logique à Pressure And Time ? Eh bien, c'est assez difficile d'y répondre avec exactitude lorsque l'on commence l'écoute de cet album : en effet, Head Down présente beaucoup d'éléments déjà présents sur l'album de 2011. Mais rapidement, on se dit que non, tout n'est pas pareil, et lorsque l'on écoute un titre tel que "Wild Animal", on ne peut que le constater : Jay Buchanan se fait étonnament feutré, et ne pousse pas sa voix très haut, privilégiant les effets pour sonner différement. Idem sur "Until The Sun Comes", l'un des tubes de l'album. Ce genre de choix artistique ne doit cependant pas trop nous surprendre. Les RIVAL SONS sont devenus très populaires, il n'est donc pas anormal de les voir s'orienter vers quelque chose de plus accessible. Attention, je ne dis pas ici que les RIVAL SONS sont en train de virer pop, je ne fais que constater l'évidence ...

La chanson d’introduction, "Keep On Swinging", est l’un de ces petits brûlots hard/blues qui marquent instantanément l’oreille et qu’on se plait à chantonner au hasard de la journée. Cette entrée en matière nous suggère que le groupe a l'intention de rester fidèle à la recette qu’il emploie depuis déjà deux albums. Mais les arrangements plus "pop" (allez, j'ose le dire) de "Wild Animal" et de "Until The Sun Comes" nous démontrent, comme je l'ai dit plus haut, exactement le contraire. Dans ce début d'album assez catchy, on notera également "You Want To", qui est de ces morceaux blues rock efficaces dont les RIVAL SONS ont le secret, qui font mouche immédiatement, au premier riff.

Une fois passés ces premiers tubes évidents et incontournables, l’album souffre malheureusement d’un gros ventre mou qui m’oblige à descendre la note de ce troisième opus. "Run From Revelation" est ainsi un blues rock sympathique, suivant la plus pure tradition américaine, avec force bottleneck et groove qui balance, dans la droite lignée des grand-pères texans de ZZ TOP. Mais ce genre de titre fait quand même un peu office de remplissage quand on y réfléchit bien. Idem pour "Jordan", authentique slow pop/soul assez ennuyeux, et surtout relativement long. C’est toutefois sympa, avouons le, mais ça casse quand même foncièrement le rythme de l’album. "All The Way", titre de rythm’n’blues old school, est également très bien foutu, mais n’arrive pas à nous faire passer cette relative impression de foutoir qui commence à s'installer. Et malheureusement, la suite continue de ne pas s'arranger : "The Heist" est ainsi un titre qu'on devine inabouti, le groupe semblant tourner un peu en rond.

"Three Fingers" est toutefois assez réussie. La suite se veut même plus étonnante encore : après un morceau acoustique instrumental assez inutile ("Nava", aux arrangements indianisants assez lourdingues), surgit "Manifest Destiny (part 1)", titre aux influences ... doom metal. Oui, vous ne rêvez pas. Et c'est là qu'on se dit que les RIVAL SONS sont quand même assez forts. Car après nous avoir fait prendre cher en début d'album avec des tubes pêchus redoutables, et après avoir ensuite laissé retomber la sauce pour nous pondre des titres moyens de pur remplissage, le groupe se lâche totalement sur ce long titre lourd, puissant et martial. Du grand art. On en redemande. Hélas ! La seconde partie de "Manifest Destiny" est un bazar sans nom, et se révèle être titre expérimental assez inécoutable, où surgissent d'absurdes cuivres et des guitares grotesques. Et au final, l'album se clôt sur "True", sorte de version chantée de "Nava". Tiens, tiens, les RIVAL SONS seraient-ils en train de virer "morceaux conceptuels" ? On le saura au prochain épisode ...

Au final, je suis un peu sévère avec cet album, je l'avoue. Mais j'attendais beaucoup de Head Down après la lourde baffe Pressure And Time. De plus, il faut quand même faire remarquer que Head Down fait nous propose 13 titres, ce qui constitue de fait le premier album des RIVAL SONS à dépasser les 10 titres (je ne compte pas la réédition deluxe de Pressure And Time en 2012 qui comportait des bonus). Un disque aussi long, après deux albums puissamment efficaces mais plus courts, laissait donc augurer d'un certain nombre de titres de remplissage. Et c'est malheureusement le cas, indéniablement.

Head Down est toutefois, malgré ces petits défauts que j’ai relevé plus haut, un assez bon album. Les arrangements rythm'n'blues old school et soul vintage sont splendides et réussis, et l'album comporte de nombreux tubes imparables. Jay Buchanan explore par ailleurs divers nouveaux territoires avec sa voix, et on sent qu'un véritable travail de recherche sonore a été effectué. Mais malheureusement, Head Down ne peut prétendre au titre de chef d’œuvre des RIVAL SONS. Trop d’expérimentations diverses et variées, trop de remplissage, trop de titres foutraques. La formule ne fonctionne visiblement pas totalement, et en définitive, Head Down apparaît comme un album beaucoup trop hétérogène et un peu trop long ...

Note finale : 3,5/5 (je suis gentil ...)

Titres phares : "Keep On Swinging", "Until The Sun Comes", "You Want To", "Manifest Destiny (part 1)" ...

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   RED ONE

 
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- Jay Buchanan (chant)
- Scott Holiday (guitare)
- Robin Everhart (basse)
- Michael Miley (batterie)


1. Keep On Swinging
2. Wild Animal
3. You Want To
4. Until The Sun Comes
5. Run From Revelation
6. Jordan
7. All The Way
8. The Heist
9. Three Fingers
10. Nava
11. Manifest Destiny (part 1)
12. Manifest Destiny (part 2)
13. True



             



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