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PUNK HARDCORE  |  STUDIO

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- Style : Discharge, The Exploited , Bad Brains
 

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GBH - Leather, Bristles, Studs And Acne (1981)
Par RED ONE le 17 Mars 2013          Consultée 1714 fois

Que s'est-il réellement passé au début des années 1980 en Grande Bretagne ? Que s'est-il passé pour que le son originel du punk, que l'on disait agonisant (voir carrément mort) passé l'année 1977, ai pu radicalement se transformer au point de devenir cette chose sonore brute et terrifiante que l'on a progressivement appelé le hardcore ? Plusieurs paramètres sont à prendre en compte pour comprendre sa genèse ...

- Le déclin assez rapide de la première vague punk de 1977, tout d'abord : les SEX PISTOLS, en 1981, sont morts et enterrés depuis très longtemps, les CLASH se sont transformés en groupe de rock fusion d'influence reggae et d'autres anciennes gloires de cette même scène commencent à flirter avec le rock gothique et le post-punk à tendance pop (un certain Billy Idol, notamment ...) Toute la frange "dure" du public punk ne demande donc alors qu'à revenir à une certaine forme d'authenticité ...
- Le voisinage un peu trop bruyant du heavy metal, ensuite : effectivement, depuis 1978, la Grande Bretagne voit fleurir dans son jardin les groupes de la New Wave Of British Heavy Metal (IRON MAIDEN, SAXON, DIAMOND HEAD, VENOM ...), groupes qui reprennent à leur compte une part de l'esthétique et de la violence du punk pour la transformer à leur sauce.
- L'atmosphère politique, enfin : la Grande Bretagne du début des années 1980 ne va pas très bien, et les effets pervers de la crise pétrolière des années 1970 commencent à se faire ressentir de façon durable dans l'Angleterre conservatrice des années Thatcher, sévèrement touchée par le chômage et la pauvreté. Cette violence sociale sera l'une des motivations principales de la course à la brutalité qui marquera la scène britannique durant les années 1980.

Face à tout ça, il est plutôt facile de comprendre l'avènement du punk hardcore et le succès de la seconde vague punk, que l'on baptisera "UK 82" à partir de l'année 1982 : mélangeant le son classique du punk à celui, plus moderne et plus radical, du heavy metal de la NWOBHM, ajoutant à cela un propos anarchiste extrémiste, le punk britannique se radicalise, devient plus violent, plus froid et au final plus ... hardcore. C'est aussi simple que ça. Alors bien sûr, nous parlons ici de hardcore "britannique", sans tenir compte des groupes de punk américains également dits "hardcore" (comme The DEAD KENNEDYS ou BLACK FLAG, par exemple), et qui font pour leur part la même chose de l'autre côté de l'Atlantique, exactement à la même époque. Ca n'est pas grave, puisque les deux mouvements sont comparables et s'influenceront mutuellement. Toujours est-il qu'en Grande Bretagne, trois groupes majeurs dirigent les opérations : The EXPLOITED, DISCHARGE et CHARGED GBH.

GBH est assurément le groupe le moins connu du trio fondateur. Le look de ses membres, hésitant entre les crêtes colorées surdimensionnées de The EXPLOITED et les coiffures hérisson de DISCHARGE, ne contribue pas spécialement à son originalité d'un point de vue visuel. Néanmoins, son influence musicale sur l'évolution de la scène punk est tout aussi considérable que celle de ses deux confrères britanniques. Le groupe voit le jour vers 1978, et tire son nom de l'expression "Grievous Bodily Harm" ("coups et blessures aggravées). Du fait de l'existence à l'époque d'une autre formation également prénommée G.B.H., le groupe se renomme finalement CHARGED GBH. Bien que le mot "Charged" finisse par tomber en désuétude au milieu des années 1980, les deux noms (GBH et CHARGED GBH) sont toujours en usage pour dénommer le groupe. GBH est par ailleurs un groupe humainement stable (à l'inverse de The EXPLOITED et de DISCHARGE, aux multiples line-ups éphémères), et ce, dès ses débuts : le trio Colin Abrahal (chant) / Colin Blyth (guitare) / Ross Lomas (basse) ne changera pour ainsi dire jamais durant toute l'histoire du groupe.

Après quelques enregistrements démo hésitants durant l'année 1980, GBH est repéré par l'influent producteur Mike Stone, patron de Clay Records (label de DISCHARGE), qui fait rentrer le groupe en studio en 1981. Le résultat, le voici : Leather, Bristles, Studs And Acne. À l'instar de l'album Why de DISCHARGE, paru la même année, LBSA (à mes souhaits) possède un statut contesté : EP étendu de 9 titres, ou véritable premier LP longue durée ? Question existentielle à l'intérêt plus que limité, j'en conviens. On parlera donc souvent ainsi de "mini LP" ou de "maxi 33 tours". Toujours est-il que ce disque est le premier effort studio longue durée du combo britannique et revêt un caractère historique.

Pour quel résultat ? Le titre d'ouverture, "Race Against Time", est déjà dans la lignée des futurs travaux de GBH (notamment de la future "Time Bomb"), avec des riffs simplistes mais efficaces, des refrains vociférés et une batterie martiale. Tous les instruments sont énormément mis en valeur, y compris la basse et la batterie, et c'est à noter quand on sait que l'album suivant étouffera beaucoup le son de la section rythmique. Le contenu global est déjà massif, mais malgré un nombre conséquent de titres speed de la première à la cinquième piste ("Knife Edge", "Lycanthropy", "Necrophilia", "State Executioner", "Dead On Arrival" ...), le groupe se fait encore pondéré sur certains passages : "Generals", titre dénonçant le service militaire, est ainsi bâti sur des bases relativement old school, et des accords plus doux que les 5 titres précédents. "Alcohol", la dernière piste, est en réalité un gag : chanson débile aux paroles volontairement nulles, remixée de façon exagérée afin de sonner délibéremment faux, il s'agissait d'un titre bonus caché, non mentionné sur la pochette d'origine.

Au final, ce premier disque longue durée des Britanniques est déjà un bel effort très prometteur. Si tout est encore perfectible, l'énergie est déjà là, et GBH balancera la purée plus lourdement encore sur l'album suivant, le mythique City Baby Attacked By Rats (1982).

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   RED ONE

 
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- Colin Abrahal (chant)
- Colin Blyth (guitare)
- Ross Lomas (basse)
- Andrew Williams (batterie)


1. Race Against Time
2. Knife Edge
3. Lycanthropy
4. Necrophilia
5. State Executioner
6. Dead On Arrival
7. Generals
8. Freak
9. Alcohol



             



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