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RAP, HIP-HOP  |  STUDIO

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- Style : 1995, Assassin
- Membre : Akhenaton
- Style + Membre : Shurik'n
 

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IAM - Saison 5 (2007)
Par MARCO STIVELL le 3 Mai 2013          Consultée 1279 fois

En misant sur davantage de régularité et sans doute pour fêter les dix ans de L'Ecole du Micro d'Argent, IAM revient en 2007 avec un cinquième album, dont la pochette évoque un univers Matrix façon hip-hop. Il se nomme plus ou moins sobrement Saison 5, évoquant la structure cyclique des séries télévisées, ou si l'on va plus loin, un message sur la situation mondiale de plus en plus alarmante (la crise n'était pas encore survenue...) et qui ferait penser à une cinquième saison dans l'année, plus bordélique que les autres...

En signe de contestation, Saison 5 s'ouvre avec un titre revanchard typique de l'esprit IAM, «W.W.» et qui plus que jamais exprime cette nécessité d'employer le rap, si thérapeutique. On peut donc à présent faire un retour en arrière et observer le chemin parcouru. Même si les plus belles marques d'audace du groupe sont loin derrière, il est bon de constater qu'à quarante ans désormais bien sonnés, les phocéens sont toujours bien présents. IAM avait déjà exprimé cette jeunesse fuyante dans le précédent album, mais il récidive ici pour un résultat tout aussi prenant avec la magnifique «Nos Heures de Gloire» aux parties de pianos intelligentes (ce final... !) et où Akhenaton, Shurik'n et Freeman disent chacun leur tour avec force émotion «Erreurs de jeunesse, voilà nos heures de gloire...».

C'est d'autant plus appréciable que les trois rappeurs ne sont pas souvent ensemble sur ce disque. Un point qui reste glissant malgré la chanson précédemment décrite, Freeman après avoir été très (trop ?) présent sur le disque précédent rappe peu ici : quatre morceaux sur dix-huit, preuve d'un divorce de plus en plus négocié avec le groupe qu'il quittera moins d'un an plus tard et avec un ton bien amer, pour ne pas dire aigri, concernant son passé et ses anciens camarades... Imhotep revient quant à lui en force, bien que remplacé sur un petit groupe de morceaux par les DJs Akos et Spank qui tentent de donner un souffle plus moderne au groupe. «Sur les Remparts», «Rap de Droite» et «Au Quartier» sont marqués par la présence de gros sons de synthés et d'airs qui amorcent un changement certes mais peuvent aussi bien vite paraître hors-sujet pour du IAM. Heureusement, le groupe contrebalance avec sa propre verve et nous offre par exemple pour «Au Quartier» et sur un plateau d'argent (et peut-être même un micro identique) la voix de "Oncle Shu" façon soul, tout à fait charmante.

Il y a un nombre accru de refrains chantés sur ce disque, qui là encore ne remporteront pas toutes les faveurs. «Sur les Remparts» par exemple, avec la voix de Julie Zenatti pour qui Akhenaton a signé quelques textes la même année ; cette chanson est surtout mémorable pour son flow à base de rythmiques en syncopes, assez intéressant. La voix de Jehro sur «To the World» est aussi appréciable, toujours dans un registre soul. Le plus intéressant des morceaux avec les programmeurs invités reste le très sombre «United», à nouveau sur le déséquilibre entre les classes sociales. Ailleurs, un autre excellent morceau reste le piqué au vif «Ca Vient de la Rue» dont le titre est scandé à chaque fin de phrase, jusqu'à une fin tribale des plus réussies. «Offishall» est un titre dansant pour le moins surprenant, que certains trouvent indigne pour du IAM. On lui préférera aisément «Tu le Sais» divisé en deux parties et dont la densité progresse, ou le très sobre et désabusé «Si Tu m'Aimais». Le léger «Coupe le Cake» dérange à son tour, tandis que «Rien de Personnel» se classe parmi ce que IAM peut faire de mieux actuellement. On retient encore quelques phrases saisissantes comme «Plein de bouche, pas d'oreille, c'est du rap de droite» (rappelons que Nicolas Sarkozy allait être élu quelques mois après l'enregistrement de l'album), «le rap n'a jamais été un préau de maternelle» («W.W.»).

En 2007, beaucoup reprochent à IAM d'être un groupe de vendus, de faire du commercial, ce qui se disait déjà à l'époque d'Ombre Est Lumière. A chacun de voir midi à sa porte, on ne va pas sans arrêt répéter que la véritable gloire musicale du groupe est loin derrière, mais en 2007, IAM arrive à livrer un propos marquant, pas toujours maîtrisé mais pour le moins intéressant et qui lui permet d'assurer sa pérennité.

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1. W.w.
2. Une Autre Brique
3. Hip Hop Ville
4. Tu Le Sais
5. Offishall
6. Nos Heures De Gloire
7. Ça Vient De La Rue
8. To The World
9. Le Style De L'homme Libre
10. Rap De Droite
11. Il En Faut Peu
12. Si Tu M'aimais
13. Sur Les Remparts
14. Rien De Personnel
15. Coupe Le Cake
16. Au Quartier
17. United



             



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