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- Style : Mc5
- Membre : Iggy Pop

The STOOGES - Ready To Die (2013)
Par PINHEAD le 8 Juillet 2013          Consultée 1481 fois

En 1973, les STOOGES venaient de sortir Raw Power. Ils étaient terrifiants. Ni plus ni moins que les seigneurs des ténèbres cisaillant l'enfer, le vice, la débauche et le sexe pour trois sous et quelques bières. Iggy plongé dans la dope prêtait ses narines à James Williamson, nouveau requin de studio, si révolutionnairement saturé qu'il avait pris la place de guitariste de Ron Asheton. Ce dernier, lunettes noires vissés sous son uniforme nazi, observait l'alchimie magique des deux leaders, les yeux injectés de rancune, muré dans un silence de haine.
Si les STOOGES ont sorti de si puissants brûlots de vie déchirée au début des 70's, c'est parce qu'ils vivaient de haine et d'électricité.

40 plus tard, les STOOGES réunis (2007) – puis déchirés par la mort du guitariste Ron Asheton (2009) – puis réunis avec James Williamson, décident de pondre un album après quelques concerts toujours de grande qualité malgré l'âge de nos faire-valoirs. L'idée est intéressante, d'autant plus qu'on parle effectivement d'un autre groupe que celui qui a enregistré The Weirdness il y a cinq ans, tant la patte de Williamson est sensiblement différente de celle d'Asheton, aux solos plus audibles, moins déchirés (mais tout de même violents bien entendu). The Weirdness avait tout de même déçu. Pas grand chose à en retirer si ce n'est une production plus lisse qui ne saillait pas du tout au groupe, mais qui avait le mérite de dénicher à droite à gauche quelques minutes d'énervement suffisamment malsaines pour sentir l'espace d'un bref moment la rage passagère que dégage encore les anciens enfants de Detroit.

Et il est vrai que ces enfants ont vieilli. Il ne faut pas espérer de ce Ready To Die un nouveau Raw Power. La pochette est singulièrement la deuxième plus nulle et plus décevante de ces 10 dernières années. Et c'est toujours fun de constater que c'est son pote Lou Reed qui surpasse Iggy dans l'excès de mauvais goût dans les pochettes (je parle de LULU), ou auditif (je parle de Metal Machine Musique, qui est le chef d’œuvre ultime du mauvais goût). Bref, ça doit rendre aigri de pas mourir jeune quand on est une rockstar clochardisante.
Sexe ? Haine ? Rébellion ? Non, il ne faut pas avoir beaucoup d'espoir, parce que ces merveilles chaotiques sont parties avec la jeunesse, et que le too much a déjà été fait. Comment Iggy pourrait il crier aussi aigu que sur « Search & Destroy » ou haranguer plus hardiment que sur Penetration ? Non, Iggy Pop a déjà tout fait, est allé trop loin. Tout son vin a coulé de ses scarifications scéniques, toutes ses bites ont été montrées autour du monde dans les plus prestigieuses salles...


Et pourtant, l'espace d'une chanson, on y croit « Burn » ouvre le disque sur un riff génial, un bordel de batterie violentissime mais maîtrisé, et bien sûr, les soli chirurgicalement inaudibles de James Williamson. Certes, Iggy croone comme un bluesman sexagénaire, mais c'est un moindre mal. Dans la même intention mais beaucoup moins réussie, « Sex & Money » agace avec son refrain catchy, mais offre un bon moment de saxophone, quelques secondes de bravoure pour Steve Mackay fortement appréciables. Quelques titres garage se perdent ça et là et pêchent en spontanéité (« Gun », « Ready to Die ».) Et c'est justement ce qui me dérange avec cet album. Les chansons ne sont pas mauvaises, la production est bonne, mais les STOOGES basculent pour le coup dans l'impuissance émotionnelle. Non, entendre Iggy chantonner « Die » avant un solo branlette et totalement attendu de Williamson ne me procure pas d'émotion, particulière. On pourra m'accuser de subjectivisme, mais la fonction primaire d'un groupe de garage punk est la surprise, la prise aux tripes, le dérangement... En ce sens, c'est encore Lou Reed qui a gagné avec Lulu, au jeu de qui s'auto-parodiera le mieux. Iggy chantonne sur des refrains un peu niais (« DD's »), s'amuse un peu sur « Dirty Deal », prêche sans conviction la violence et la folie... et s'autorise quelques moments country ou blues à base de guitare sèche (« Unfriendly World »), « Beat that Guy »), et clôt le disque sur un saveur bien fade, « The Departed » qui sonne comme un adieu nonchalant.

Mais c'est pas grave, parce que l'effort est louable, inespéré et offrira au moins l'envie de se replonger dans les chaotiques sessions des quatre seigneurs des ténèbres, qui attendent leur retraite bien méritée vers le paradis. Et puis une fois tous crevés, on réécoutera sûrement ce Ready to Die d'une oreille amusée, car tout est une question de contexte.

Le nouveau STOOGES (presque) mauvais, et alors ?

2/5

Coup(s) de cœur : « Burn »

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   PINHEAD

 
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- Iggy Pop (chant)
- James Williamson (guitare)
- Mike Watt (basse)
- Scott Asheton (batterie)
- Steve Mackay (saxophone)


1. Burn
2. Sex & Money
3. Job
4. Gun
5. Unfriendly World
6. Ready To Die
7. Dd's
8. Dirty Deal
9. Beat That Guy
10. The Departed



             



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