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POP PROGRESSIVE  |  LIVE

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- Membre : King Crimson, Uriah Heep, Roxy Music, Yes, Frank Zappa , The Soft Machine , Steve Vai
- Style + Membre : Asia

UK - Night After Night (1979)
Par WALTERSMOKE le 13 Janvier 2014          Consultée 2126 fois

Inutile de mettre en place un quelconque suspense, Night After Night est un mauvais album. Pour être plus précis, il s'agit du genre d'album qu'on écoute furtivement, avant de le ranger parce qu'il est pas terrible, mais qui ne finira pas à la brocante car pas assez nul. Enfin, tout dépend du point de vue. Ceux qui aiment les chansons rallongées sous n'importe quel prétexte seront conquis par le premier – et apparemment seul – live officiel du supergroupe UK. Les autres, ceux qui aiment une pop progressive recherchée mais ne goûtent guère aux emphases instrumentales, peuvent retourner sur les albums studio.

Pauvres chansons, d'ailleurs. Elles ont été victimes des envies d'Eddie Jobson, prêt à sauter sur la moindre occasion de dérouler sa virtuosité, quitte à défigurer des chansons déjà bien chargées. Night After Night paraît donc comme un constat, une preuve de ce qu'a fait le violoniste-claviériste à ces chansons en question. Comme cela est de mode à cette époque, surtout dans le milieu du hard rock, il s'agit d'un live enregistré au Japon en 1979, et sorti la même année. Au niveau de la setlist, la sélection est bien ordonnée, mais imparfaite. En effet, la face A contient deux inédits et les deux chanson de Danger Money choisies en tant que singles, tandis que la face B se concentre sur le premier album, avec comme intrus notable Caesar's Palace Blues en final. Et c'est là que, honnêtement, je rage. Quid de "Thiry Years" et "Danger Money" ? Ces deux-là manquent à l'appel et, en théorie, auraient dû être choisies et célébrées comme piliers de l'album. Pour les morceaux sélectionnés, il n'y a pas à s'en faire, les plus mauvais morceaux ont été écartés d'office. Night After Night peut donc être vu comme une sorte de best of de UK.

En terme d'interprétation, Night After Night est loupé. Attention toutefois à lire trop vite. Je ne remets pas en cause la maestria que Jobson, Wetton et Bozzio insufflent dans leurs instruments respectifs. Simplement, à l'image d'ELP ou de Yes dans ses mauvais jours, UK se fait exagéré, bedonnant et lourd. La plupart démarrent pourtant bien, avec même une qualité supérieure aux albums studio. Le piano électrique au début de "Rendezvous 6:02" est encore plus magique, la basse de John Wetton brille plus que d'ordinaire...et là c'est le drame. Eddie Jobson débarque avec l'idée de gonfler les œuvres qu'il a coécrites avec Wetton. Sur le papier, c'est logique de chercher à rajouter quelques notes et de rallonger une chanson, mais en pratique, c'est juste moche. UK aurait rallongé une chanson avec un solo de batterie, ce serait moins pénible à entendre. C'est d'autant plus dommage que les trois musiciens jouent vraiment bien, et ont du talent derrière (et sincèrement, peut-on dire du mal d'un ancien membre de King Crimson ?).
Et quid des chansons inédites ? Là aussi je vais être direct : elles sont mauvaises. "Night After Night", qui ouvre l'album et lui donne son nom, est surtout plombée par le sur-jeu de Wetton au chant, et par un instrumentation qui frôle de trop près le disco pour être sympathique. Pour faire court, elle est nulle. "As Long As You Want Me Here" est quant à elle sensiblement meilleure, avec des couplets à l'ambiance plus grave, mais le constat est relativement très mitigé, et détonne trop par rapport au reste de l'album.

Dans la liste des lives de prog et affiliés, il ne faut pas mettre Night After Night. C'est dommage de voir un power trio aussi redoutable en studio se planter autant en live, et ce d'autant plus qu'il s'agit d'un chant du cygne. En effet, les tensions entre Jobson et Wetton sont de plus en plus fortes : le premier veut aller plus loin vers le prog (cela est-il étonnant ?) tandis que le second veut s'orienter vers quelque chose de plus direct et commercial. UK explose, et chacun des trois musiciens s'en ira faire son propre chemin : Jobson et Bozzio joueront les requins de studio à droite et à gauche, et Wetton ira fonder Asia, au succès immédiat grâce au rock FM. C'est toujours ça de pris.

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   WALTERSMOKE

 
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- John Wetton (basse, chant)
- Eddie Jobson (claviers, violon électrique)
- Terry Bozzio (batterie, percussions)


1. Night After Night
2. Rendezvous 6:02
3. Nothing To Lose
4. As Long As You Want Me Here
5. Alaska
6. Time To Kill
7. Presto Vivace
8. In The Dead Of Night
9. Caesar's Palace Blues



             



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