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1999 Trio In Tokyo
2023 The Montreux Years
 

- Membre : Steve Gadd Band, Hiromi

Michel PETRUCCIANI - Trio In Tokyo (1999)
Par TEEMO le 22 Juillet 2014          Consultée 2168 fois

Présentons tout d’abord le personnage. Michel Petrucciani est né à Orange, au début des années 60, d’une famille italienne. Il pratiquait très tôt la musique puisqu’avec ses deux frères, ils formaient un véritable trio : Tony à la guitare, Louis à la contrebasse et Michel au piano. De plus, son père, Antoine, a été son professeur à ses débuts et a participé par la suite à certains de ses albums. Dès sa plus jeune enfance, Petrucciani est sensible à la musique de nombreux et illustres musiciens tels que Wes Montgomery ou Bill Evans. Précisons que l’homme en question est né avec la maladie des os de verre, d’où sa petite taille (elle n’a jamais excédé 99 cm). On pourrait croire que c’était pour lui une tare qui aurait pu l'entraver lors de ses prestations. Il n’en est rien. A l’âge de 18 ans il part aux États-Unis et cela lui permet de jouer avec les plus grands, dans des lieux mythiques. Malheureusement, sa carrière fut très courte puisqu’il décède en 1999, à l’âge de 36 ans. Deux ans avant de nous quitter Petrucciani, nous délivre une de ses meilleures performances (l'album est enregistré en 1997 mais parut en 1999).

Nous voici donc dans la « Capitale de l’Est » en compagnie de Michel Petrucciani, de Steve Gadd et d’Anthony Jackson. Avec un tel line-up, on ne peut conjecturer qu’une réussite. Steve Gadd, batteur américain de renom et sideman de nombreuses stars aux styles très hétéroclites (Clapton, Joe Cocker, Chick Corea, Kate Bush…) et Anthony Jackson bassiste (6 cordes) de renom, lui aussi d’outre atlantique. Autant vous dire que ça promet d’être grandiose. L’album commence avec l’énergique « Training » pour se mettre en jambe. Court mais intense. Il est suivi par « September Second », Tiré de l’album « Playground » et devenu un classique des concerts. « September Second » est clairement, un des meilleurs morceaux jamais composé par Petrucciani. Difficile de ne pas se laisser porter par ces mélodies chargées de lyrisme et par ces changements d’atmosphère.

En fait, le style de Petrucciani est reconnaissable par plusieurs paramètres. Tout d'abord, il a une main droite puissante, sèche et rageuse, qui frappe le piano comme si sa musique était une manière d'expulser sa maladie. La rebondissante « Cantabile » le montre bien. De plus, il disait vouloir limiter l'usage des pédales du piano qu'il considérait un peu comme des effets de maquillage du jeu, d'où cet aspect très cru et brut de son style. On a donc un touché dynamique, mais également cette émotion associée à une accessibilité sonore et mélodique. « Home », par exemple, est une composition construite sur un lent crescendo de tempo, maîtrisée de bout en bout, conclu par ce bouquet final explosif, suivi d'une chute soudaine qui relâche la tension accumulée. Comme si l'on gravissait une montagne escarpée et qu'une fois arrivé, on la dévalait brusquement.
Un morceau culte interprété par Petrucciani mais composé par Billy Strayhorn pour Duke Ellington, s'intitule « Take the ' A ' Train ». Une main gauche complètement folle, une main droite qui débite le thème avec véhémence et le ponctue de motifs angoissants. Autre reprise, qui place cette fois-ci le grand Miles à l'honneur : « So What ». La version de Petrucciani est plus nerveuse, hargneuse et est travaillée sur une montée progressive du rythme. Somptueux.

La partie rythmique apporte à la formation un esprit complètement moderne tant au niveau du style de jeu que de la sonorité. D'une part, Anthony Jackson est muni d'une basse au son très électrique, et froid, qui peut parfois rebuter les habitués du son organique de la contrebasse des formations de jazz dit « classique ». D'autre part, il faut reconnaître que sa présence est assez discrète. Certains titres font tout de même exception : citons «  Little Piece In C for U » où il nous offre une ligne de basse en walking suivit d'un solo mémorable. Concernant Gadd, son style, suave et complexe, semble s'être imprégné des différents terrains sur lesquels il s'est aventuré (rock, jazz, pop etc). Toujours lors de cette « pièce en do », Gadd nous gâte à son tour avec une improvisation courte mais plutôt efficace.

Finalement, le seul reproche que l'on peut formuler à l'égard de cette prestation concerne cette section rythmique qui est mise en lumière qu'à de très rares moments. Mais c'est un choix tous comptes faits réellement pertinent, car il met en valeur le jeu du pianiste pour le sublimer. Ce « Trio in Tokyo » (toujours édité par le label fétiche de Michel qu'est Blue Note) témoigne de la manière qu'avait Michel Petrucciani d’insuffler un grand pouvoir immersif à ses compositions, de créer des ambiances très intimes et avec un jeu toujours plus fluide et emprunt d'une rapidité démentielle. Il avait en somme un style à l'image de son caractère : c'était un bout-en-train, qui enchaînait les concerts soir après soir, mais c'était aussi un personnage très humain et sensible.

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   TEEMO

 
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- Michel Petrucciani (piano)
- Steve Gadd (batterie)
- Anthony Jackson (basse)


1. Training
2. September Second
3. Home
4. Little Piece In C For U
5. Love Letter
6. Cantabile
7. Colors
8. So What
9. Take The « a » Train



             



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