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EELS - Beautiful Freak (1996)
Par STEF le 1er Novembre 2005          Consultée 3284 fois

Première signature sur le nouveau label de Steven Spielberg (Dreamworks Records) , la carrière de Eels aurait pu plus mal démarrer !
Pourtant, leur leader Mark Everett dit « E », aurait très bien pu décrocher après deux albums solos au succès plutôt confidentiel. Mais c’était sans compter sa verve créatrice rappelant un certain Beck à la même époque. Ce qui le conduit à former un trio en 1994 avec Butch Norton et Tommy Walters : Eels (« Anguilles ») et d’avoir la chance de taper dans l’œil de DreamWorks. Pour la petite histoire, pour faire connaître son travail en solo en tablant sur le succès de son nouveau projet, E a choisi le nom de Eels pour les faire cohabiter dans les bacs des disquaires. Idée louable, mais le bougre avait oublié l’existence d’un petit groupe pas très connu aux Etats-Unis, mais qui vint s’intercaler entre les deux : les obscurs « Eagles » qui avaient sorti un album passé inaperçu : « Hotel California » !

La pochette, qui fait désormais partie de l’histoire du rock, reprend la thématique du « Freak » (phénomène de foire). En utilisant un oxymore, elle peut suggérer à la fois que la noirceur des textes sont contrebalancées par de belles musiques souvent simples et touchantes mais aussi le sentiment de marginalité du chanteur, dans une société où tout ce qui est différent fait peur mais qui peut se révéler d’une grande beauté si on ne s’arrête pas aux apparences .

Musicalement, les samples et les bidouillages sonores côtoient les guitares saturées grungy et le piano Wurlitzer et le laboratoire sonore mis en place par E et ses comparses se nourrit autant de Portishead que de Nirvana, autant de trip-hop à la sauce américaine que de pop mélancolique et désabusée. Le tout placé sous le signe d’une certaine sophistication.

Quant aux textes, réflexions sur le vécu du chanteur, sa vision assez pessimiste du monde extérieur, sa solitude , sa marginalité ne respirent pas forcément la gaieté mais sonnent souvent juste.
La voix éraillée de E, très expressive, couplée à des arpèges simples et une rythmique basique renvoie parfois au grunge de Nirvana (« Rags to Rags », « not ready yet ») mais simplement ici la rage est maîtrisée, calme, si l’on ne prêtait pas attention aux textes, on pourrait prendre ces titres pour de simples titres pop tirant vers la ballade . Un peu comme pouvait le faire Kurt Cobain sur « dumb » par exemple.

Sur « Susan’s house », qui traite de dealers de crack sur fond de meurtre, la voix parlée dans le couplet sur fond discret de beat hip-hop tranche avec le refrain plutôt léger. Sur « Guest list », l’harmonica fait son apparition. Quant au texte, il parle du besoin d'amour et d'envie de reconnaissance d’une manière désabusée. Désabusé, E l’est aussi quand il interprète « not ready yet », un texte agoraphobe qui emmène l’album vers des sommets d’émotions et qui reste pour moi LE titre-phare de ce Beautiful Freak, même si pas forcément le plus connu. « Novocaine for the soul » justement est le titre le plus connu de l’album, le single qui a très bien marché, là encore le rock proposé par Eels est des plus remarquables. « My Beloved Monster » propose un pont sous forme de fanfare inattendu qui renforce le coté « touche-à-tout » de ces bidouilleurs de génie. …. Sans voir énumérer tous les morceaux, constatons simplement qu’il n’y pas de remplissage ici et que tous les titres sont inspirés et attachants.

Avec ce premier album, Eels vient de réaliser une œuvre poignante, une introspection en guise de thérapie. Mais avec un album d’une telle qualité, on souhaite que E ne guérisse pas avant longtemps ! Une des meilleures sorties de 1996, un rock contrasté entre ombre et lumière, devenu depuis un classique qui a conquis de nombreux adeptes et qui a connu également une seconde jeunesse en étant remis au goût du jour grâce à l’utilisation de « My beloved Monster » sur la B.O du célèbre ogre vert Shrek.

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- Mark Everett ‘e’ (guitare, orgue , chant)
- Tommy Walters (basse, choeurs)
- Butch Norton (batterie, chœurs)


1. Novocaine For The Soul
2. Susan's House
3. Rags To Rags
4. Beautiful Freak
5. Not Ready Yet
6. My Beloved Monster
7. Flower
8. Guest List
9. Mental
10. Spunky
11. Your Lucky Day In Hell
12. Manchild



             



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