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EELS - End Times (2010)
Par GEGERS le 11 Mars 2010          Consultée 1781 fois

Si un être humain pouvait personnifier les adjectifs « imprévisible » et « insaisissable », cela serait sans doute E, leader et tête pensante du groupe EELS. Six mois seulement après la sortie de son dernier album studio, Hombre Lobo: 12 Songs of Desire, qui marquait quant à lui la fin d'une période de silence longue de quatre ans, le voici qui débarque avec un nouvel opus sous le bras. Mettez sous clé les armes à feu, planquez les couteaux, brûlez les cordes, EELS is back.

Depuis la sortie de son premier album, Beautiful Freak, il y a maintenant 14 ans, la musique du combo américain a naturellement évolué. Changeant de musiciens comme de chemises, le style du barbu est passée d'un rock expérimental puisant autant du côté de la scène grunge qu'électronique à une sorte de « folk saturé » brut de décoffrage, non dénué d'influences blues (largement exprimées sur l'album Shootenanny). Seule constante : la tristesse et la mélancolie, présentes dans pratiquement chacune des compositions du bonhomme, constituant une « marque de fabrique » EELS et générant une irrépressible empathie, chaque auditeur pouvant s'identifier dans cette tristesse du quotidien dépeinte par E, et parfaitement décrite par David dans sa chronique de Beautiful Freak :
« Quant aux textes, réflexions sur le vécu du chanteur, sa vision assez pessimiste du monde extérieur, sa solitude, sa marginalité ne respirent pas forcément la gaieté mais sonnent souvent juste. »

Pour End Times, E n'a pas eu à creuser bien profond pour trouver l'inspiration, la quasi-totalité des paroles de l'album étant consacrée à son récent divorce. Respectant la chronologie, E traite tout d'abord de la rencontre, du mariage, des jours heureux. « Everything was beautiful and free in the beginning » nous dit l'artiste sur l'acoustique et pourtant empreint de tristesse « The beginning ». Puis arrive l'inévitable séparation (« A line in the dirt »), la solitude (« End times », « High and lonesome »), le besoin de réconfort (« I need a mother ») et, finalement, le besoin de retomber sur ses pattes, d'un nouveau départ (« On my feet »). S'achevant sur une inhabituelle note optimiste, End Times est sans doute l'un des travaux les plus introspectifs d'un E dont la voix quelque peu granuleuse constitue un élément primordial de l'ambiance générale.

Musicalement, End Times reste assez traditionnel. Noyés sous un nombre important de ballades mélancoliques et dépressives, quelques titres rock plus énervés parviennent à poindre le bout de leur nez, à l'image des très réussis « Gone man » et « Unhinged », ainsi que du plus anecdotique « Paradise Blues ». Mais ce sont bien ces titres faisant la part belle aux guitares acoustiques et au piano qui constituent la majeure partie d'un album souffrant un peu de cette trop grande homogénéité des styles et des ambiances. Car si certains morceaux attisent l'intérêt et parviennent aisément à convaincre l'auditeur grâce à des qualités intrinsèques auxquelles nul être normalement constitué ne peut résister (« Mansions of Los Feliz », « Little Bird ») ou grâce à l'ajout d'instruments apportant une variation bienvenue (l'harmonica de « Nowadays »), l'album peine à s'imposer comme une œuvre complète et véritablement aboutie, au même titre qu'un Souljacker ou Daisies of the Galaxy.

Huitième album du groupe, End Times donne ainsi l'impression d'être un album « contractuel » pour E, bien que les motivations du bonhomme restent probablement purement artistiques. Il pourra néanmoins regretter le manque de variété d'un album qui ne constituera certainement pas la meilleure des portes d'entrée pour découvrir l'univers torturé de cet artiste si particulier.

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   GEGERS

 
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- E (chant, guitare, basse, harmonica, piano, banjo, ha)
- Butch (batterie)
- Koool G Murder (basse, guitare)


1. The Beginning
2. Gone Man
3. In My Younger Days
4. Mansions Of Los Feliz
5. A Line In The Dirt
6. End Times
7. Apple Trees
8. Paradise Blues
9. Nowadays
10. Unhinged
11. High And Lonesome
12. I Need A Mother
13. Little Bird
14. On My Feet



             



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