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 Simple Minds (1359)

SIMPLE MINDS - Sons And Facination / Sister Feelings Call (1981)
Par ARP2600 le 7 Novembre 2011          Consultée 3078 fois

Il peut falloir du temps pour le comprendre mais les Simple Minds ont été des génies, de vrais artistes du son, dont la plus grande réalisation est bel et bien ce double album Sons and Fascination/Sister Feelings Call. Un chef-d’œuvre dans un style musical certes new wave mais tellement particulier. L'idée dance rock de Magazine avec «The light pours out on me» a fait pas mal de chemin et a été développée en cathédrale par les Simple Minds. Sons/Sister est fort proche de son grand frère Empires and Dance, mais il est moins aventureux, plus hermétique, plus répétitif. D'une régularité aussi énergique qu'hypnotique, il paraît d'abord monotone au profane, mais quand il commence à tisser sa toile, on vit une relation charnelle avec ce son irréel et unique.

Tout indique que l'enregistrement de ce monument a été un moment musical intense et aussi exaltant que traumatisant, comme en atteste sans doute aussi le triste forfait du batteur Brian McGee à la fin de la session. En 1981, lassés par le désintérêt que leur manifestait leur premier label Arista, les Simple Minds se sont transférés chez Virgin et ont commencé à travailler avec leur producteur Steve Hillage, ancien membre de Gong. Celui-ci a cependant rapidement été dépassé par la créativité du groupe, de même qu'a été dépassée la durée normale d'un album simple et le budget qui va avec. Ils ne pouvaient simplement pas s'arrêter de créer, se retrouvant finalement avec quinze titres pour presque quatre-vingt minutes. L'exact opposé du double album : en général, un groupe veut faire un double et a du mal à le terminer, ce qui induit du remplissage et un résultat décevant. Ici, ils devaient faire un simple et se sont retrouvés avec un double, tout étant du même niveau ou presque.

Un véritable drame... ils ont dû publier les huit chansons les plus homogènes en un album normal, Sons and Fascination, le reste étant casé dans un «album bonus» en édition limitée gratuite : Sister Feelings Call. En version cassette, toutes les plages étaient présentes mais dans un ordre différent, et la version canadienne était encore différente. Ce n'est qu'avec le CD de 1986 que les choses ont été presque rétablies, cette édition en treize plages excluant la déviante mais très intéressante «League of Nations» ainsi que «Sound in 70 cities», version instrumentale de la fantastique «70 cities as love brings the fall», qui est plutôt à voir comme un bonus. Ce n'est qu'en 2002 que les deux titres oubliés ont été réintégrés, ne baissant que de très peu la qualité de l'ensemble.

Que dire ensuite... ces chansons ne sont guère faites pour être écoutées individuellement, surtout les huit premières. «The American», écrite un peu avant les autres, a été un premier single encourageant pour le groupe, dans un style plus musclé. L'autre single a été «Love Song», un peu plus mélodique et curieusement la plus quelconque du lot. À part cela, chaque plage propose son lot de textures travaillées de guitare et de synthétiseur, de rythmes irrésistibles, de mélodies incertaines de Jim Kerr et de paroles étranges. Chaque fois, on part dans un trip de cinq minutes, alternant deux ou trois séquences musicales et les répétant inlassablement, comme des litanies. Il y a quelque chose de religieux dans cette musique, c'est sans doute dû à la culture des membres du groupe... Il faut avouer que l'art en tire un bénéfice, comme dans tant d’œuvres sacrées du passé.

Tout se ressemble sans se ressembler, chaque titre offrant de nouvelles inventions. On notera par exemple le rythme asymétrique de l'ouverture «In Trance as Mission». En transe... il y a de cela vraiment. Ensuite, le son métallique de «Sweat in Bullets», le rythme contenu de «Boys from Brazil», l'inspiration écossaise de la chanson-titre, la grâce infinie de «Seeing out the Angel», la beauté des mélodies électroniques de «Theme from Great Cities», leur meilleur instrumental, la brillance de «20th Century Promised Land» et enfin le mystère de «Careful in Career». Ce sont une heure et vingt minutes d'un voyage à la fois abrasif et doux, sombre et merveilleux, purement hallucinant. Dans la new wave, certains ont écrit de bonnes mélodies, certains ont été kitsch, colorés, certains ont été effrayants, impressionnants... en cet été 81, sur leur grand album si bien nommé, les Simple Minds ont apporté à ce courant une chose qui lui manquait...

La fascination.

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   ARP2600

 
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- Jim Kerr (chant)
- Michael Mc Neil (claviers)
- Charles Burchill (guitares)
- Derek Forbes (basse)
- Brian Mc Gee (batterie)


1. In Trance As Mission
2. Sweat In Bullet
3. 70 Cities As Love Brings The Fall
4. Boys From Brazil
5. Love Song
6. This Earth That You Walk Upon
7. Sons And Fascination
8. Seeing Out The Angel
9. Theme For Great Cities
10. The American
11. 20th Century Promised Land
12. Wonderful In Young Life
13. League Of Nations
14. Careful In Career
15. Sound In 70 Cities



             



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