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 Simple Minds (1478)

SIMPLE MINDS - Empires And Dance (1980)
Par ARP2600 le 13 Janvier 2014          Consultée 2084 fois

Il est finalement assez rare de rencontrer le véritable génie en musique. Beaucoup de musiciens sont de bons travailleurs, beaucoup d'efforts sont méritoires et on peut obtenir de belles réussites à force d'acharnement. Néanmoins, la petite étincelle qui donne vraiment vie à un projet n'est pas monnaie courante. Ce déclic, les Simple Minds ont eu le bonheur de le connaître. Après une première année de mise au point, cette fois ça y est, sur ce troisième album, tout est en place pour deux années miraculeuses qui font de ce groupe un des représentants majeurs de la new wave, le seul qui peut prétendre avoir égalé Ultravox, il est vrai dans un style assez différent.

Empires and dance, déjà l'idée est étrange en soi. Comme souvent dans le courant punk/new wave, on parle de vie citadine ici, de la civilisation et de sa décadence. On se sent transporté dans un train à travers l'Europe dans une ambiance à la fois entraînante et oppressante. Les textes sont impressionnistes, parfois même pas vraiment construits, tout étant basé sur l'expérience du voyage au cours des tournées du groupe. Tout le paradoxe de la new wave est ici illustré, une musique à la fois sombre et obsédée par les dictatures, mais aussi amusante à cause de cette culture des technologies électroniques et des rythmes dansants.

Même au sein du courant new wave, ce disque a été accueilli avec surprise, et malheureusement avec scepticisme du côté de leur label Arista. Sous-estimant complètement la performance artistique de Simple Minds, ceux-ci ont décidé de ne fabriquer les disques que par lots de 15000 pour ne pas risquer de faire des pertes. Malgré une faible disponibilité à l'époque, il a tout de même atteint la 41e place des charts mais le groupe outré a ensuite rompu son contrat et signé chez Virgin – seulement pour avoir d'autres problèmes mais ceci est une autre histoire.

Si la palme revenait au chanteur Jim Kerr sur Real to Real Cacophony, ce sont ici les instrumentistes qu'il faut féliciter. Leurs expérimentations sur ce disque-là ont porté leurs fruits et ils ont maintenant acquis un son parfait. La basse de Derek Forbes et la batterie de Brian McGee emplissent l'espace en imposant des motifs rythmiques obsédants, tandis que les claviers de Mick MacNeil et les guitares de Charles Burchill se marient à merveille pour compléter ces textures obscures qui n'appartiennent qu'au groupe. Bien sûr, avec le matériel de l'époque, rien n'était facile et ils ont quand même dû travailler dur pour obtenir ce résultat irréel, truffé d'effets savamment dosés.

Que dire de la musique... Les six premières plages et «Thirty frames a second» sont absolument incroyables. Comment résister au dance rock de «I travel», au caractère tragique de «Today I died again», au blues mécanique de «Celebrate», au chant décadent sur riff kraftwerkien de «Capital City» ? Il y a de quoi devenir accro à cette musique. L'album n'est cependant pas parfait. «Twist/Run/Repulsion» a droit au bénéfice du doute, mais le texte déclamé – extrait de «La perspective Nevski» de Nicolas Gogol, en français – peut être difficile à supporter car peu en phase avec la musique, elle-même plus folle que sur les autres plages. La fin de l'album n'est pas des plus réussies. Le petit «Kant Kino» est anecdotique, «Room» est belle mais courte et pas assez charismatique pour une conclusion. Des défauts mineurs, ils se sont juste laissé une légère marge de progression...

Le génie est souvent incompris, c'est ainsi. Il est vrai qu'une musique aussi régulière, aussi obstinée dans son trip stylistique, n'est pas forcément facile à apprécier du premier coup. J'ai moi-même longtemps sous-estimé ce disque et son successeur avant de comprendre récemment la grandeur de leur travail à cette époque, tellement supérieur à celui de Joy Division... Empires and Dance propose trois quarts de musique fabuleuse et un quart d'honnête, les deux suivants seront des sans faute mais c'est ici qu'ils ont le plus de mérite.

Note : 4,5/5

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   (2 chroniques)



- Charles Burchill (guitares, saxophone)
- Derek Forbes (basse)
- Jim Kerr (chant)
- Mick Macneil (claviers)
- Brian Mcgee (batterie)


1. I Travel
2. Today I Died Again
3. Celebrate
4. This Fear Of Gods
5. Capital City
6. Constantinople Line
7. Twist/run/repulsion
8. Thirty Frames A Second
9. Kant Kino
10. Room



             



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