Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style + Membre : The Rolling Stones

Keith RICHARDS - Crosseyed Heart (2015)
Par BAYOU le 27 Septembre 2015          Consultée 2217 fois

On ne peut pas dire, en toute objectivité, que la maigre discographie solo de Keith Richards restera dans les annales. Deux albums studio (Talk Is Cheap 1988, Main Offender 1992) et le Live at the Hollywood Palladium, December 15, 1988, pas de quoi changer la face du rock sauf pour les aficionados des Stones qui compilent compulsivement la moindre note des membres fondateurs du groupe.

Mais le père Keith aime jouer, depuis le temps que le Jag fait tout sauf de la musique, il commence à en avoir ras-le-bol. Ce n’est pas le tout de torcher un bouquin de mémoires ou d’entretenir sa légende de pirate avec l’autre fêlé de Johnny Depp, ou encore de faire chier les cocotiers, mais à un moment l’appel du riff est le plus fort.

Et quand on se nomme Keith Richards il suffit de dire "J’ai envie de faire un nouvel album solo" pour que les portes s’ouvrent. Mais attention le mec, il choisit ses musiciens, en général de vieux potes, qui connaissent le job sur le bout des doigts. Comme Steve Jordan, Larry Campbell, Waddy Wachtel, Aaron Neville et l’immense et regretté Bobby Keys. On ajoute quelques autres invités, on donne quelques interviews pour faire monter la mayonnaise en dosant quelques mini-scoops et hop emballez c’est pesé !

Ma première approche était de penser : encore un album inutile le genre de truc vite-fait bien fait pour se faire plaisir et empocher quelques billets verts pour amortir le dentier.
Reconnaissons que Keith chante bien (mieux même que d’habitude) et que Steve Jordan a fait un sacré boulot tant au niveau des compositions (co-écrites avec Keith) que de la production.

Quinze morceaux, avec inévitablement des titres qui pourraient facilement s’intégrer au répertoire des Stones (« Heartstopper », « Amnesia », « Trouble »...) un duo avec Norah Jones sur ce qu’il faut bien nommer une ballade (« Illusion »), un traditionnel « Goodnight Irene » réarrangé et une cover assez inattendue, le « Love Overdue » de Gregory Isaacs.

En effet, « Heartstopper » pourrait figurer sur n’importe quel album des Stones avec son tempo puissant, les guitares de Keith et Waddy Wachtel qui s’enchevêtrent et les éclairs de steel-guitar de Larry Campbell. On ralentit un peu la cadence sur « Amnesia », dame, c’est qu’il a soixante et onze ans, mais on reconnaît la production Richards, le tapis de guitares en fond, la rythmique et les guitares au premier plan.

Ensuite, on tombe dans la ballade quasi jaggerienne un comble, avec « Robbed Blind » le Keith se la joue crooner, heureusement que le studio permet de faire des prouesses ! Ecoutez la différence dans le timbre de voix avec la suivante « Trouble ».

Surprise avec la reprise de Gregory Isaacs un tempo reggae, mais pourquoi ne pas laisser le lead vocal à Aaron Neville qui doit se contenter des chœurs ? Pas vraiment inoubliable cette reprise.
On enchaîne ensuite sur trois/quatre titres qui se ressemblent un peu, plutôt agréables sans plus, et c’est là que ça coince ! Attendre plus de vingt ans pour des chansons un peu bateau, c’est un peu dommage.
On arrive au duo avec Norah Jones, là encore, c’est assez convenu, Jagger ne renierait pas ce morceau, mais là c’est un album de Keith, le riffeur absolu, le pirate du rock. Bien aseptisé sur ce coup.
Il va se retrouver avec « Goodnight Irene », un blues traditionnel. Avec sa voix de crécelle (sa vraie voix un peu moins trafiquée par pro-tools) et il est beaucoup plus convaincant dans ce registre.
La fin de l’album est sympa avec « Substantial Damageell » qui envoie du bois et « Lover’s Plea » assez country-blues, le genre de chanson qu’il a dû jouer avec Gram Parsons dans un passé lointain.

Plutôt une bonne surprise cet album, même si certains morceaux sont un peu faciles, un peu bouche-trou, on y trouve quelques belles compositions, bien interprétées. On sent toutefois le côté « je ne me prends pas la tête et je fais ce qui me plaît ».
Et de toute façon quand on est une légende du rock, le guitariste des Rolling Stones, on ne rend de comptes à personnes sauf (et encore) à soi-même.

A lire aussi en ROCK par BAYOU :


STILLS COLLINS BAND
Everybody Knows (2017)
Retour vers le futur.




The ROLLING STONES
Sticky Fingers Deluxe Edition (2015)
Quand les Stones jouaient du blues...


Marquez et partagez





 
   BAYOU

 
  N/A



- Keith Richards (chant, guitare)
- Steve Jordan (batterie)
- Larry Campbell (steel-guitare, violon)
- Waddy Wachtel (guitares)
- Aaron Neville (chant)
- Bobby Keys (saxophone)


1. Crosseyed Heart
2. Heartstopper
3. Amnesia
4. Robbed Blind
5. Trouble
6. Love Overdue
7. Nothing On Me
8. Suspicious
9. Blues In The Morning
10. Something For Nothing
11. Illusion
12. Just A Gift
13. Goodnight Irene
14. Substantial Damageell
15. Lover’s Plea



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod