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Willie KING - Jukin' At Bettie's (2004)
Par LE KINGBEE le 17 Mars 2016          Consultée 517 fois

Suite à l’arrêt du label Rooster, Willie KING se retrouve sans label. Le bonhomme n’a pas de pot, alors que ses deux précédents albums avaient recueillis les éloges de la presse spécialisée, le sexagénaire se retrouve en plan. Willie KING est pourtant en pleine bourre et surtout il a encore des choses à raconter, à nous faire découvrir. Le vétéran va tout de même pouvoir enregistrer un Live par l’intermédiaire de l’association Freedom Creek.

C’est au Bettie’s Place, un juke-joint basé dans les environs de Prairie Point que se déroule ce pseudo concert. Tu parles d’un lieu. Le Bettie’s Place n’est pas l’Olympia, ni le Fillmore West et encore moins le Palais des Congrès. Situé sur une route poussiéreuse dans le hameau de Sandyland, un bled ne figurant sur aucune carte, il est tenu par Miss Bettie, 77 balais au compteur. Ce juke-joint est semblable à beaucoup d’autres (Euh … non pas vraiment, en fait la plupart de ces endroits ont disparu, balayés par le vent, par les disciples du KKK, les promoteurs et les changements de mode). Cette formidable bâtisse à l’architecture épurée n’est qu’une construction faite de planches de bois. Un juke-joint quoi, tout bête tout simple ! Celui ci a une particularité, il dispose d’un stand de tir sur un chemin adjacent. Madame Bettie vend du poulet frit, du whisky à 2 $ et des canettes de bière à 1 $. Le Grand Luxe. Sur une façade il y a même une des premières enseignes publicitaire Coca Cola. Il faut le voir pour le croire ! C’est donc dans ce lieu que la patronne programme des concerts de Blues et Willie KING est l’un des habitués. Voilà, le décor est planté tandis que Madame Bettie se trémousse derrière son comptoir en versant quelques bibines au chaland.

Attention, ce n’est pas parce qu’on se produit dans une cabane en bois située en bordure d’un parking gazonné et d’un chemin poussiéreux qu’on vient en dilettante, toucher son cachet et se barrer. Willie KING aime bien cet endroit du Mississippi, il y joue souvent et le lieu lui procure des ondes plus que positives. D’ailleurs il est venu en gros comité, en dehors de ses accompagnateurs habituels, le couple Debbie Bond (guitare et chœurs) et l’anglais Rick Asherson (claviers et harmonica) sont eux aussi de la partie. Pour bien apprécier l’album, il est conseillé de l’écouter tranquillement et de laisser son esprit vagabonder. Il suffit de fermer les yeux, vous allez ressentir la chaleur du Mississippi qui vous tombe dessus comme une chape de plomb, après une ou deux bières, une petite brise venant de l’est, c’est un deuxième coup de chaud qui va vous happer, avec ce tempo hypnotique.

On retrouve dans ce Live toutes les caractéristiques des textes et du son Willie KING, du brut de chez brut qui parvient parfois à s’attendrir, assez pour faire vaciller le spectateur. Fermez les yeux … Ecoutez et Laissez vous bercer par le rythme ensorceleur et répétitif ! Bien sûr, au niveau de la technique ou de la virtuosité, tout n’est pas bon, mais on n’est pas au conservatoire ici, on n’est dans un juke-joint, là où les gens viennent passer du bon temps, au même titre que les musiciens. Tout semble spontané et pourtant sacrément maîtrisé. Willie Lee Halbert, en second chanteur, vient relever le vocal de son leader transformant les paroles en psaumes, à l’image de certains negro spirituals, sauf que là c’est de la musique du diable dont il est question. Les textes sont d’une clairvoyance incroyable. Si la voix de Debbie Bond (une ancienne équipière de Johnny Shines, Little Jimmy Reed ou Jerry « Boogie » McCain ) part quelques fois en vrille, elle apporte de la fraîcheur et de la féminité au contenu. Les ivoires de Rick Asherson procurent une touche subtile et discrète. Willie KING dispose aussi d’un fort charisme. Pas besoin de jouer avec la guitare derrière le dos pour se mettre un public dans la poche, il lui suffit juste d’un mot, d’une interpellation ou d’un sourire.

Jukin’ At Bettie’s est une pure réjouissance, pour qui sait s’immerger dans ce tempo envoûtant. Si vous êtes amateur de Little Freddie KING, Little Jimmy REED, John Lee HOOKER ou RL BURNSIDE, ce Live vous emmènera au paradis. Nous ne détaillerons pas les titres, ils sont tous plus ensorceleurs les uns que les autres. Précisons toutefois que l’album se termine en fanfare avec « Back To The Woods », une variante de « Smokestack Lightnin’ », dans laquelle KING se transforme en en Howlin’ WOLF plus vrai que nature.

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   LE KINGBEE

 
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- Willie King (guitare, chant)
- Debbie Bond (guitare)
- Aaron Hodge (guitare rythmique)
- Travis Hodge (basse)
- Willie James Williams (batterie)
- Willie Lee Halbert (chant, choeurs)
- Rick Asherson (claviers, harmonica)


1. Jukin' At Bettie's.
2. It Takes A Good Woman.
3. That's What The Blues Is All About.
4. Troubles To The Wind.
5. Don't Blame It On Me.
6. The Real Deal.
7. Systematic Train.
8. Back To The Woods.



             



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