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HARD BOOGIE BLUES  |  STUDIO

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1970 Cactus
 

- Style : The Jeff Beck Group , Dust
- Style + Membre : Beck Bogert Appice

CACTUS - 'ot 'n' Sweaty (1972)
Par LONG JOHN SILVER le 2 Avril 2016          Consultée 2657 fois

Imaginez-vous traverser une atmosphère enfumée par des volutes de mauvais cigares, parfumée à la téquila et au rhum de contrebandier, transpirant comme un bœuf au beau milieu d’un club moite où les serveuses à la peau cuivrée vous font de l’œil aussitôt que vous brandissez votre premier dollar en approchant du comptoir. Vous aimez le graisseux, les auréoles sous les aisselles, la chaleur accablante ne vous effraie pas, alors ‘Ot’n’Sweaty est pour vous !

CACTUS n’a pas tout à fait dit son dernier mot en 1972, il est vrai que deux de ses membres fondateurs ont pris le large, mais sa section rythmique formée par le duo légendaire Tim Bogert/Carmine Appice est resté soudée, faisant appel à trois nouveaux larrons pour palier les départs. Werner Fritzschings possède l’écrasante mission de succéder à Jim McCarty à la six cordes, une gageure, pourtant un mélomane non initié n’y verra que de l’eau de feu, tant l’impétrant démontre une autorité couillue qui colle parfaitement à l’identité du combo. De même Peter French (Atomic Rooster, Leaf Hound) s’empare du micro laissé vacant par Rusty Day, et là la comparaison tient tout aussi bien la route, le gus est gouailleur, par moment – et plus souvent qu’à son tour – on croit retrouver le Rod STEWART qui officiait au sein du Jeff BECK GROUP… Pas étonnant qu’Appice et Bogert aient rejoint Jeff tout de suite après, tant l’appel du pied semble explicite, idem concernant la future collaboration entre Carmine et Rod, on reste en famille ! Autre compagnon à s’inscrire dans l’histoire du groupe, le claviériste Duane Hitchings joue ici un rôle prédominant puisqu’il cosigne (avec French) quasiment tous les titres de ce nouvel opus.

La partie Live débute avec un reliquat (ne figurant sur aucun disque jusque là) de la période McCarty/Day. « Swim » graisseux comme de l’huile de vidange donne le ton. L’apport des claviers tranche avec ce qu’on sait déjà du groupe. Le son est un poil (mais juste un) moins lourd, du moins pour cette face Live. En revanche, la pêche reste monumentale. Signalons que la performance fut captée à Porto Rico, dans la moiteur d’un début de printemps et que le combo enchaîne sur ce disque trois titres originaux dont deux sont l’œuvre de sa nouvelle formation. On ne compte alors aucun doublon avec les trois opus précédents. « Bad Mother Boogie » qui est enchaînée à « Swim » fait figure de sommet sur cet album. Ca démarre sur les chapeaux de roue sans jamais débander tant le tout embaume la fornication tarifée, la poussière et l’alcool frelaté. Le piano électrique soutient la guitare, lesquels déglutissent les plans rock’n’roll jusqu’à plus soif. On imagine ce que fera bientôt ZZ TOP… « Our Lil Rock’n’Roll Thing », porte bien son nom. C’est du pur rock’n’roll old school sous amphétamines, chanté par un émule de Rod the Mod en rut, la cohésion du groupe n’étant jamais prise en défaut.

La partie studio est celle qui s’éloigne le plus du CACTUS originel, les claviers apportant un ton un peu plus proche des productions de DEEP PURPLE que de celles de LED ZEPPELIN, alors qu’auparavant c’était l’inverse, mais c’est davantage le fait que le groupe évolue vers des rives plus chatoyantes qui interpelle. Cette deuxième partie démarre avec le riff HENDRIXien de « Bad Stuff », lourd et efficace. Le groupe excelle dans ce registre alors bien éprouvé par d’autres mais ô combien jouissif quand on possède pareille maîtrise technique. « Bringing Me Down », ballade bourrée de testostérone allant chasser plutôt sur les terres de Joe COCKER, marque une réelle évolution par rapport au Hard boogie blues qui était la marque de fabrique de CACTUS jusqu’ici. Déboule « Bedroom Mazurka », un boogie rock faisant la part belle au piano. Encore une fois, ce n’est pas l’originalité qui étouffe le désormais quintette, mais l’ensemble est tellement roboratif qu’on se laisse entraîner. Or, le constat est identique avec le shuffle de « Telling You ». Passée une introduction mélodique grandiloquente, le rythme s’accélère puis revient à son tempo initial avant de repartir à la conquête.

L’ensemble sonne moins hard qu’auparavant donc. Bien entendu, les fans les plus obtus crieront à la trahison sans jamais reconnaître que CACTUS a existé au-delà de 1971**. Pourtant, ‘Ot ‘n’ Sweaty mérite parfaitement de figurer officiellement dans la disco du groupe et n’a pas à rougir de la comparaison avec ses prédécesseurs. Il est lourd, visqueux, boogie, tout en marquant une évolution stylistique (légèrement) plus soft. Plus contestable sera son successeur Son Of Cactus, œuvre du NEW CACTUS BAND emmené par Duane Hitchings alors qu’aucun membre originel ne prendra part à cette aventure. Mais c’est (déjà) une autre histoire.


* la première face, outre "Swim" est signée par tout le groupe, la seconde est dominée par le chanteur et son claviériste au niveau des crédits
**Si on omet quelques tournées de reformation du line-up historique et un album paru en 2006, et là encore…

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Tim Bogert (basse)
- Carmine Appice (batterie)
- Peter French (chant)
- Duane Hitchings (claviers)
- Werner Fritzschings (guitare)


1. Swim
2. Bad Mother Boogie
3. Our Lil Rock'n'roll Thing
4. Bad Stuff
5. Bringing Me Down
6. Bedroom Mazurka
7. Telling You
8. Underneath The Arches



             



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