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SHARON JONES & THE DAP-KINGS - Give The People What They Want (2014)
Par JASPER LEE POP le 6 Février 2017          Consultée 217 fois

L'album était enregistré et une date de sortie était fixée pour l'été 2013 mais rien ne va plus le mois de juin venu quand le couperet tombe : Sharon JONES est atteinte d'un cancer du pancréas. Opérations multiples, chimiothérapie, la chanteuse est forcée d'interrompre sa carrière le temps d'affronter la maladie. « Give The People What They Want » sortira en 2014 et c'est une Sharon JONES au crâne chauve qui défendra fièrement l'album sur scène. On a beau savoir que la composition des morceaux est antérieure au diagnostic, on ne peut pas s'empêcher d'entendre dans « Retreat ! » le premier titre de l'album autre chose que la simple injonction de faire machine arrière adressée à un type un peu trop présomptueux. Les premières mesures dignes de l'approche d'un duel sur la B.O d'un western signée Morricone, l'autorité dans la voix quasi rappeuse de la chanteuse, tout concourent à faire penser que la battante JONES s'adresse ici à la maladie. On y songe en tous cas à chaque nouvelle écoute avec un pincement au cœur. Belle entrée en matière.

La suite est tout autant réjouissante et comment ne pas quitter son canapé à l'écoute de « Stranger To My Happiness » emmené par ce saxophone baryton impérial ? Comment ne pas fondre devant le boulot des choristes (les Dapettes) sur « Making Up, Breaking Up » (très SUPREMES, un délice) et sur « People Don't Get What They Deserve » au texte doucement militant dans la veine d'un Curtis MAYFIELD ? Le boulot de Bosco Mann alias Gabriel Roth en tant que chef d'orchestre/arrangeur/producteur des DAP-KINGS est sans faille. Chaque instrument est mis en valeur, on distingue parfaitement la partition de chaque musicien qui n'empiète jamais sur son voisin. Avec « Get Up And Get Out », même constat que pour « Retreat ! », comment ne pas penser aujourd'hui que la chanteuse s'adressait au cancer ? C'est en tous cas, la lecture qu'elle donnera ultérieurement du texte en live (il faut aller visionner sur le tube le morceau interprété à l'Olympia, émotions garanties). L'énergie communicative de la dame a fait dire de Sharon JONES qu'elle était la James Brown femme, c'était un peu vite oublié que le titre avait appartenu à Marva WHITNEY. On a parlé encore de Tina TURNER. Et si on oubliait les comparaisons ? À force de détermination, de générosité, Sharon JONES a imposé son talent unique et a gagné ses galons. R-E-S-P-E-C-T comme disait Aretha.

Ne comptez pas sur ce cinquième album de Sharon JONES and the DAP-KINGS pour apporter une quelconque innovation à une recette qui a fait ses preuves. Alors bien sûr, comme toute recette, celle-ci a ses limites, les morceaux font tous trois minutes et finissent invariablement en fade out, c'était la formule de l'époque et on ne s'en écarte pas. Certes, on aimerait de temps à autres qu'un des souffleurs se lâche et prenne un vrai solo. Oui, on pourra tergiverser sans fin sur le côté nostalgique et vain d'une telle musique et lui reprocher d'avoir arrêté le compteur dans une autre époque (en gros 1965/70) mais au final deux questions valent d'être posées. Est-ce que les chansons contenues sur cette galette tiennent la comparaison avec leurs glorieuses aînées et est-ce qu'on éprouve du plaisir à les écouter ? La réponse est pour ma part doublement positive. Give the people what they want ?* Le peuple réclame de bonnes chansons et même s'il se contente pourtant souvent de bien moins, il est ici royalement servi. Mission accomplie par Madame JONES et son orchestre.

En 2015, le cancer repointait sa sale gueule et la chanteuse repartait pour un nouveau cycle de chimiothérapie. Plus tard, elle fut victime d'un AVC en regardant à la télévision les résultats des élections présidentielles américaines et elle accusa avec humour le Donald d'en être le responsable. Elle décèdait le 18 novembre 2016 à 60 ans. La quatrième plage de cet album s'appelle « You'll Be Lonely (After I'm Gone) ». Tu m'étonnes, Sharon. Tout seul qu'on est maintenant que tu es partie.

*Le titre de l'album et son graphisme sont un clin d'œil au (For God's Sake) Give More Power To The People des CHI-LITES (1971).

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   JASPER LEE POP

 
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- Sharon Jones (chant)
- Homer Steinwess (batterie)
- Binky Griptite (guitare)
- Joseph M. Crispiano (guitare)
- Bosco Mann (basse, orgue, tambourin, vibraphone, guitare)
- Neal Sugarman (saxophone ténor, piano)
- Cochemea Gastelum (saxophone baryton)
- Dave Guy (trompette, basse)
- Fernando 'boogaloo' Velez (tambourin, congas)
- +
- Aaron Johnson (trombone)
- Victor Axelrod (claviers)
- Jim 'popcorn' Ashes (timbales)
- Jordan Mclean (trompette)
- The Dapettes (chœurs)


1. Retreat!
2. Stranger To My Happiness
3. We Get Along
4. You'll Be Lonely
5. Now I See
6. Making Up And Breaking Up (and Making Up And Break
7. Get Up And Get Out
8. Long Time, Wrong Time
9. People Don't Get What They Deserve
10. Slow Down, Love



             



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