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The PIROUETTES - Carrément Carrément (2016)
Par WALTERSMOKE le 15 Mars 2017          Consultée 345 fois

Ce qu'il y a de plus chiant avec la hype, c'est quand elle veut absolument nous faire passer des vessies pour des lanternes. On n'en peut plus des « révélations » censées révolutionner la musique et fédérer les mélomanes, alors qu'il ne s'agit que d’attrape-nigauds spécialité hipster blanc CSP+, des produits trop calibrés pour plaire de manière sincère, et qui finiront dans le même carton contenant des horreurs des temps passés. Si encore ce genre de cas était sporadique, on aurait juste haussé les épaules, mais la saturation, surtout dans les années 2010, est dépassée depuis bien trop tôt. Du coup, quand un rockeux journal que nous ne nommerons pas promeut tel ou tel artiste à grands coups de métaphores, un réflexe de rejet se déclenche automatiquement.

C'est con, car parfois ça empêche les découvertes sympathiques, comme The Pirouettes. Il s'agit d'un groupe parisien, et plus précisément un duo mixte de synthpop – le genre de structure où la France parvient à briller. Vickie Chérie et Léo Bear Creek, les membres du groupes et formant un couple à la ville, se placent ainsi dans la droite lignée des modèles de l'âge d'or de la synthpop française, avec Elli & Jacno à sa tête. Et ce n'est pas rien de le dire, tant le duo y pioche allègrement pour faire sa propre tambouille sur son premier album, Carrément Carrément.

Une bonne idée, qui débouche sur un disque rétro sans être passéiste, et moderne sans embrasser n'importe quoi assurant le succès immédiat au détriment de la qualité. Un mélange formel qui devrait en inspirer plus d'un. The Pirouettes ne sont pourtant pas franchement attirants à première vue : le chant est loin d'être renversant, et puis côté paroles, c'est à la fois haut perché et faussement réfléchi et profond. Il n'y a qu'à écouter "L'escalier" : « et j'ai compris/qu'il n'y avait rien à comprendre » et autres déclamations haut perché, le tout chanté sur un ton pseudo-ironique. Et il paraît alors compréhensible que ça irrite. Le duo parvient aussi à partir en égo-trip sur "Signaux", que d'aucuns pourraient voir comme quelque chose de profond car apparemment introspectif – hum. Bref, Carrément Carrément, ça paraît comme un cocktail douteux signé par deux amoureux des années 80 qui ont juste l'avantage d'avoir un meilleur matériel que leurs illustres aînés, sans le talent et la plume derrière.

The Pirouettes est donc un projet qui n'a pas l'air de partir gagnant, avec de tels caractéristiques érigeables en défauts. Et... est quand même très bon à écouter. Aussi prétentieuses puissent être les ambitions du duo, aussi faciles puissent être leurs musiques par moments, Carrément Carrément est plaisant. Pas de temps mort à proprement parler, pas de morceau franchement nul, et surtout, une capacité à attirer l'attention de manière superficielle, certes, mais convaincante. La fin de l'album en particulier est brillant, car enchaînant les mélancoliques "Dans le vent d'été" et "Grand bassin". The Pirouettes ont-ils maîtrisé l'art de la pop catchy, afin de pouvoir être autre chose qu'une sensation éphémère ? C'est possible, et même crédible quand on se rend compte que L'escalier ou le morceau-titre restent en tête, et pas pour de mauvaises raisons. Cela doit certainement être dû à ce que de nombreux artistes pourtant mille fois plus talentueux ont toujours raté : l'agent pop. On aura beau être le meilleur guitariste, le claviériste le plus doué du monde, tout cela ne sert à rien s'il n'y a pas cette capacité à capter l'attention des foules. C'est ce genre de choses que des « géants » comme Hendrix ou les Beatles (exemples totalement pris au hasard) ont compris dès le début.

L'idée n'est pas de dire que The Pirouettes sont irrésistibles, ça non, mais plutôt de dire qu'il s'agit d'un duo ayant en définitive tout en main pour sortir de véritables tubes fédérateurs, appréciables sans arrière-pensée. C'est justement ça qui leur manque, étant données les dimensions de leur projet. Mais comme le duo n'en est qu'à son premier album, il a encore de la marge pour faire bien mieux par la suite.

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- Vickie Chérie
- Léo Bear Creek


1. Coup D'éclat
2. Carrément Carrément
3. L'escalier
4. Soleil Rare
5. Amoureux
6. Jouer Le Jeu
7. Signaux
8. 2016 (en Ce Temps-là)
9. Je Nous Vois
10. Au Bord De L'eau
11. Dans Le Vent D'été
12. Grand Bassin



             



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