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ROCK  |  STUDIO

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- Style : Oasis
- Membre : Monkey, Gorillaz, Damon Albarn

BLUR - 13 (1999)
Par K-ZEN le 30 Octobre 2020          Consultée 341 fois

C’est en affichant dans mon salon le mini-poster, présent dans la version deluxe limitée de cet album, que j’ai pris conscience du sens véritable de la peinture du guitariste Graham COXON. Un mec aux bras difformes, la tête sur le côté, comme enterré, comme mort. Après la mystérieuse infirmière et son brancard, le flou artistique se poursuit et BLUR tourne définitivement le dos à la britpop en brouillant les pistes.

Le nom du groupe n’est même plus affiché. Un simple 13, anonyme, en haut à gauche. 13 comme 13 pistes. Triskaidékaphobie. Ou juste la flemme de ne pas donner de titre. Le sixième album de BLUR est le plus étrange et le plus expérimental de leurs efforts studio. L'humeur générale est maussade, une humeur qu'on ne connaissait absolument pas chez le groupe londonien.

Tout commence pourtant dans une espèce de candeur naïve avec "Tender", le "Hey Jude" de BLUR, un titre très gospel avec des lignes optimistes, presque joyeuses : « Love is the greatest thing ». Un trompe-l’œil. La correction est vite apportée, comme la rupture est consommée. "Bugman", sans transition, envoie du bois sans complexe, armé de ses guitares sales. Un titre rentre-dedans, presque autant que le punk primitif de "B.L.U.R.E.M.I", très critique sur la musique populaire et les samples, abondants à cette époque.

Les structures sont flottantes, imprévisibles. "Mellow Song" commence comme une folk song avant de muter en une étrange mixture indus-électro-rock. On retrouve le même type de progression dans le rageur "Trimm Trabb". L'épique "Battle", où les chœurs lumineux côtoient une musique sombre, déploie un faux-rythme trip-hop, avec des guitares grunge, très SMASHING PUMPKINS. On retrouve l’influence électronique dans "Trailerpark" où Damon ALBARN "chante" à la manière de Mark E. SMITH, titre écrit à l’origine pour South Park mais refusé.

La musique de BLUR se teinte d'éléments clair-obscur, quasi ésotériques. C'est de la britpop qui a séché et qui se craquelle, consciente de sa mort prochaine en cette année 1999. 13 est à la fois un apogée mais également la fin d'une époque comme l'avaient fait en leur temps les ALICE IN CHAINS acoustiques qui fossoyaient le grunge. Et "Caramel" en est sa pièce maitresse, sublime chanson exutoire et douloureuse, comme un écho aux héros gris de Trainspotting ou à la propre dépendance d’ALBARN qui lui a coûté cher. Pendant ce temps, la poussière recouvre inexorablement les meubles, alors que "No Distance Left To Run" se charge de dresser le bilan, complètement vidé de toute substance.

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   A.T.N.

 
   K-ZEN

 
   (2 chroniques)



- Damon Albarn - Chant, Guitares, Claviers
- Graham Coxon - Guitares, Chant
- Alex James - Basse
- Dave Rowntree - Batterie


1. Tender
2. Bugman
3. Coffee & Tv
4. Swamp Song
5. 1992
6. B.l.u.r.e.m.i.
7. Battle
8. Mellow Song
9. Trailer Park
10. Caramel
11. Trimm Trabb
12. No Distance Left To Run
13. Optigan 1



             



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