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ROCK ALTERNATIF  |  STUDIO

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- Style : Deconstruction
- Membre : Red Hot Chili Peppers, Alanis Morissette , Guns N' Roses, The Cult , Dave Navarro , Perry Farrell
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JANE'S ADDICTION - Nothing's Shocking (1988)
Par JASPER LEE POP le 27 Avril 2017          Consultée 669 fois

Jane's Addiction, c'est la rencontre de deux duos qui n'étaient pas faits pour se rencontrer. D'un côté, le duo formé par le chanteur Perry Farrell (ex Psy Com) et le bassiste Eric Avery, tous deux issus de la scène arty/gothico/post-punk/new-wave de Los Angeles, habitués du Club Lingerie et influencés par JOY DIVISION, BAUHAUS et KILLING JOKE. Et de l'autre, le duo de copains constitué du guitariste Dave Navarro et du batteur Stephen Perkins, deux jeunes chiens fous qui excellent dans la pratique de leurs instruments respectifs et qui se cherchent en passant par une période metal obligatoire à cette époque-là en Californie (on est en 1985). Le premier duo a déjà formé une première mouture de Jane's Addiction mais cherche un meilleur batteur. Typique d'un metalleux, Perkins se pointe à l'audition avec un kit de douze mille fûts. On le regarde de haut mais son style tribal convainc dès le premier morceau et il en profite aussitôt pour faire incruster son pote Navarro.

Jane's Addiction, c'est donc ce mélange inédit d'un post-punk intello dont est friand la communauté gay de L.A et d'un metal psychédélique plébiscité par un public macho. En France quand sort Nothing's Shocking, principalement chroniqué dans la presse hard-rock, on se demande qui sont ces ovnis. On accroche tout de suite à « Mountain Song », la chanson la plus rassurante pour un hardos mais pour le reste, il faudra plus de temps.

Jane's Addiction, c'est tout sauf une démocratie. C'est Perry Farrell contre les trois autres. Farrell a sept ou huit ans de plus que ses camarades, c'est un artiste-né visionnaire qui touche à tout, qui crée les pochettes du groupe, qui est à l'avant-garde de la mode et qui mesure le poids qu'il pèse dans l'aventure. À peine l'enregistrement commencé, quand vient le moment de signer les contrats, il lance un pavé très lourd dans la mare. Puisqu'il signe les paroles et qu'il participe aux arrangements, il réclame 50% + 12,5% des droits d'auteurs et c'est non négociable. Les trois autres se retrouvent piégés avec 12,5% par tête de pipe. Ambiance. Avery fulmine et Navarro se pointera quelques temps plus tard sur scène avec un grand 12,5% peinturluré sur le dos d'un tee-shirt.

Jane's Addiction, c'est beaucoup de drogues en tous genres et en quantités phénoménales qui on s'en doute n'arrangeront rien à la cohésion fragile du groupe. Avery qui a déjà fait une overdose essaie de décrocher assez rapidement mais n'est pas aidé par Farrell, insatiable explorateur de mondes parallèles. Quant à Navarro, alcoolique dès l'adolescence, il va s'enfoncer dans une spirale infernale suite à l'assassinat glauque de sa mère par son beau-père et tant pis si c'est cliché de le dire mais on se demande comment il est encore en vie aujourd'hui. Seul Perkins gardien du temps et du temple semble épargné par le fléau.

Jane's Addiction, c'est donc un groupe feu-follet qui ne peut pas durer et qui va cracher deux disques à la face du monde avant de jeter l'éponge pour se reformer plusieurs fois bien plus tard. À commencer par ce Nothing's Shocking qui fait l'effet d'une bombe car ne ressemblant à rien d'autre à l'époque et qui est une des pierres angulaires de ce qu'on nommera le rock alternatif, genre fourre-tout que le music business récupérera tout aussi sûrement que les autres. L'album est un recueil de chansons à priori disparates allant du metal fougueux et épique (« Mountain Song), à des morceaux de bravoure psychédéliques (« Ted, Just Admit It...» sur le tueur en série Ted Bundy, « Summertime Rolls »), des titres plus enjoués (« Idiots Rule », « Standing in the Shower... Thinking », brouillon du futur tube « Been Caught Stealing »), à la Zeppelinesque « Jane Says » et ses steel-drums (à propos de Jane Bainter dont la dépendance est à l'origine du nom du groupe) en passant par l'intermède jazz-lounge « Thank You, Boys » servant d'introduction au dévastateur « Pigs in Zen ». Ça part dans tous les sens, c'est bordélique et miraculeusement cohérent à l'arrivée.

Jane's Addiction, c'est une identité musicale forte basée sur des lignes de basses sinueuses et solides qui laissent toutes latitudes au jeu polyrythmique de Perkins et aux fulgurances tout-terrain de Navarro et sur lesquelles Farrell, parolier talentueux et brillant improvisateur, navigue à son aise. Vocalement assez limité (et souvent faux en live), celui-ci est un pur styliste qui ne ressemble à personne d'autre et qui pourra faire grincer des dents. Mais quelle présence !

Jane's Addiction, c'est du art-rock selon la formule de Perry Farrell jamais étouffé par la modestie et leur premier album studio Nothing's Shocking* est une référence au regard de l'influence qu'il aura sur la scène musicale.

* Il succède à un album live éponyme sorti en 1987. On s'en reparle plus tard ?

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   JASPER LEE POP

 
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- Perry Farrell (chant, piano)
- Dave Navarro (guitares)
- Stephen Perkins (batterie, percussions)
- Eric Avery (basse, guitare acoustique)
- +
- Angelo Moore (saxophone)
- Flea (trompette)
- Christopher Dowd (trombone)


1. Up The Beach
2. Ocean Size
3. Had A Dad
4. Ted, Just Admit It...
5. Standing In The Shower... Thinking
6. Summertime Rolls
7. Mountain Song
8. Idiots Rule
9. Jane Says
10. Thank You Boys
11. Pigs In Zen



             



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