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ARCADE FIRE - Everything Now (2017)
Par A.T.N. le 25 Août 2017          Consultée 1696 fois

A l'écoute de ce 5ème album du combo de Montréal, le traité du musicologue prussien Eric Kraus-Fessel (1713-1793), "Kritik der musikalischen Transzendenz des ontologischen schöpferischen Ego", livre de chevet des chroniqueurs de FP, m'est revenu en mémoire. L'une des lois mises au jour par cet ouvrage conséquent peut être résumée de la manière suivante: un groupe de Rock connaît immanquablement deux phases, une phase ascendante et une phase descendante. Pendant la phase ascendante, chaque album est meilleur que le précédent. Pendant la phase descendante, chaque album est pire que le précédent. Les rares exemples de groupes qui ont fait démentir cette loi sont célèbres, citons les BEATLES ou RADIOHEAD, entre autres. On peut également penser à ceux qui ont triché, comme Nick DRAKE ou Jeff BUCKLEY.

Souvent, le fan inconditionnel peut rester aveugle lors de la phase descendante et continuer à idolâtrer le groupe de tout son être... ce n'est que quelques années plus tard, lorsque la passion amoureuse s'est éteinte, qu'il peut prendre conscience qu'il aimait davantage une idée de la musique, que la musique elle-même.

Concernant ARCADE FIRE, difficile de dire s'ils étaient sur une pente méga-ascendante, mais The Suburbs et Reflektor possédaient tant de richesses et de morceaux géniaux que l'on ne voyait pas le point de basculement arriver si abruptement.

Ce "Everything Now", lors de la première écoute, laisse abasourdi tant la vacuité est immense. Tout de suite on pense à la loi de Eric Kraus-Fessel, mais la passion amoureuse (évoquée plus haut) pousse à écouter l'album plusieurs fois afin de ne pas les insulter trop hâtivement. Peut-être a-t-on raté quelque chose... Sans doute était-on mal luné, ou trop obtus, pas assez ouvert au changement... Puis force est de se rendre au constat amer: ils se sont carrément foutus de notre gueule.

Pourtant, tout s'annonçait si bien. Fin mai, le premier single (le morceau-titre) raflait la mise: sorte d'hommage à ABBA (on pense tout de suite à "Dancing Queen") qui réussit le tour de force d'être à la foi un hymne de stade, une feelgood song, le hit de l'été et un son inattendu pour les Canadiens - même si The Suburbs et Reflektor sont des albums qui pouvaient annoncer ce genre de belle bombe.

Mais c'est tout.

Les écoutes répétées du reste de l'album ne font qu'augmenter la consternation. Eux qui sont, d'ordinaire, si talentueux pour mêler fougue, mélodies, variations, ruptures d'énergie, orchestrations... nous infligent un "Electric Blue" insupportable où Régine couine en voix perchée, douloureux de bout en bout, ou un "Chemistry", reggae du pauvre qui ne possède pas un gramme d'intérêt. On cherche la mélodie, ou le truc dansant, ou le morceau rock qu'on se prend en pleine face... rien. "Creature Comfort" tourne en rond autour des 3 mêmes notes (moches), "Infinite Content" est un morceau punk de base sur lequel le combo de Montréal ne rajoute aucun élément original (son pendant calme, "Infinite_Content" est insupportable par son aspect faux concept pourri, du yin et du yang ou je ne sais quelle idée pourrie), et même le "Signs of Life" un peu plus prometteur sur les premières mesures, se noie dans un ennui de plomb par manque de variations mélodiques ou rythmiques - eux-mêmes n'y croient pas (voir le magnifique Lollapalooza 2017 sur Youtube): un morceau si orienté dancefloor devrait les galvaniser sur scène comme des Earth Wind & Fire, mais il est bien trop pauvre... leur ennui sur scène est hélas terriblement palpable.

On se perd en conjectures: comment ont-ils pu, eux qui peuvent sortir encore récemment un paquet de tueries sur Reflektor ("Afterlife", "We Exist", "Reflektor", "Joan of Arc", "You Already Know"....), comment ont-il pu écouter leurs morceaux dans le studio et se dire "ouais c'est bon les gars, notre album il est super, on en est fier, cet été il est dans les bacs"? Et ne pas avoir honte? Mystère.

Everything Now est un très bon single. Le reste c'est du vent. C'est bien triste.

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   A.T.N.

 
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- Win Butler (voix, basse, guitares)
- Régine Chassagne (voix, piano, claviers, keytar)
- Richard Reed Parry (guitares, choeurs)
- William Butler (claviers, basse, choeurs)
- Tim Kingsbury (guitares, basse, choeurs)
- Jeremy Gara (batterie)


1. Everything_now (continued)
2. Everything Now
3. Signs Of Life
4. Creature Comfort
5. Peter Pan
6. Chemistry
7. Infinite Content
8. Infinite_content
9. Electric Blue
10. Good God Damn
11. Put Your Money On Me
12. We Don't Deserve Love
13. Everything Now (continued)



             



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