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- Style : Peter Baumann , Manuel Göttsching , Ashra, Dennis Young
- Style + Membre : Tangerine Dream

Edgar FROESE - Ages (1978)
Par ARP2600 le 28 Août 2011          Consultée 1751 fois

Je voudrais pouvoir être un peu moins dur envers ce quatrième album solo du chef incontesté de Tangerine Dream. Hélas, il est un peu inégal, en plus d'être vraiment désuet. Précisons que je parle bien ici de l'édition originale de 1978, et pas du réenregistrement de 2005... je n'ai jamais eu le courage d'écouter le traitement qu'Edgar Froese avait fait subir à sa propre œuvre. Comment dire, je le considère comme un génie mais j'ai l'impression que le passage des années ne lui a pas fait du bien.

Bref, l'édition originale d'Ages, donc, date de 1978. Du point de vue de Tangerine Dream, on se situe au début de la période de transition entre le départ de Peter Baumann et l'arrivée de Johannes Schmoelling. Contrairement à ses premiers albums ainsi qu'à ceux du groupe, celui-ci joue clairement la carte mélodique, et c'est sans doute ce qui le rend vulnérable. Les synthétiseurs analogiques ne me semblent pas être en cause pour autant. Néanmoins, les sons utilisés ici sont souvent mal dégrossis, surtout pour être utilisés pour jouer des mélodies lyriques. Certaines choses sont carrément de mauvais goût, d'où je me permet de parler d'un caractère « daté »... pour un album qui s'appelle Ages, c'est sans doute logique.

D'ailleurs, on peut se demander si, même à l'époque, Froese n'avait pas cherché à obtenir un son nostalgique. Les titres des morceaux nous emmènent dans certains épisodes du passé («Era of the slaves »,« Tropic of Capricorn », « Pizarro and Atahuallpa ») voire des légendes (« Icarus »,« Golgatha and the circle closes ») et dans de la science-fiction rétro (« Metropolis », « Nights of automatic women »). La musique est donc également dans cette optique du passé, même si l'adéquation avec des thèmes précis me paraît un peu douteuse. Paradoxalement, j'ai toujours ressenti qu'il y avait là une plus grande prise de risque que dans la plupart de ses autres réalisations, alors qu'il s'agit sans doute de l'album solo le plus facile d'accès.

Je me baserai sur le double vinyle pour présenter les morceaux. Notons que sur la première édition cd, on ne trouve pas le dernier, «Golgatha and the circle closes». D'autre part, sur la nouvelle version de 2005, ils sont dans un ordre différent et il n'y a pas «Children's deeper study».

La première face est composée de «Metropolis» et «Era of the slaves». Le premier est un peu dur à avaler, et c'est dommage vu qu'il est bien composé... mais il est trop long et il y a un son avec un vibrato énorme particulièrement décevant. Comme c'est le cas dans tous les morceaux de l'album, on a des mélodies très nettes, plus souvent au synthé qu'au mellotron, par-dessus un séquençage facile à écouter. «Era of the slaves» est beaucoup plus fin, je l'aime beaucoup. Ensuite, le béhémoth «Tropic of Capricorn»... alors là, c'est vraiment long... j'ai toujours bien aimé le début mais quand ça devient lourd et lent, ça n'en finit plus. Ce n'est pas que ce soit mauvais mais huit minutes auraient mieux fait l'affaire que vingt.

Le deuxième disque me paraît nettement meilleur. Ainsi, on commence par le fascinant et rapide «Nights of automatic women», où on trouve des percussions jouées par Klaus Krieger, musicien qui a comblé le vide de Tangerine Dream pendant ces années intermédiaires 78 et 79. Ce morceau ressemble d'ailleurs assez bien à certains passages de Cyclone, en particulier au début de «Madrigal Meridian». Ensuite, «Icarus» est lente, sombre et déterminée, une réussite également. « Children's deeper study » est un peu âpre, mais l'harmonie est jolie, allez savoir pourquoi Froese a sacrifié celui-là en 2005... « Ode to Granny A. » n'est pas plus longue mais me semble plus anecdotique, une de celles où les sons sont les plus douteux. Dernière grosse pièce, « Pizarro and Atahuallpa » est la seule qui évoque vraiment son thème, avec des percussions qui font exotique et une guitare qui fait espagnol, un morceau étrangement dansant en tout cas. «Golgatha and the circle closes» ne m'a jamais plu, là je comprend qu'il avait été laissé de côté pour la première édition cd. C'est creux et longuet, une bien piètre conclusion.

Voilà, j'ai fait le tour de ce chaînon manquant – qui est aussi un maillon faible – entre Sorcerer et Cyclone. Comme tous les albums solo d'Edgar Froese, il est intéressant de le connaître si on est passionné par Tangerine Dream, mais celui-ci est loin d'être le meilleur, mieux vaut commencer par le suivant, le génial Stuntman, dont le son est d'une toute autre qualité.

Note : 2,5/5

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- Edgar Froese (synthétiseurs, guitares, piano, claviers…)
- Claus Crieger (batterie)


1. Metropolis
2. Era Of The Slaves
3. Tropic Of Capricorn
4. Nights Of Automatic Women
5. Icarus
6. Children’s Deeper Study
7. Ode To Granny A
8. Pizarro And Atahuallpa



             



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