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Edgar FROESE - Stuntman (1979)
Par ARP2600 le 4 Septembre 2013          Consultée 1166 fois

Mine de rien, Edgar Froese a presque publié un album solo par an en plus des nombreuses publications de Tangerine Dream entre 1974 et 1979. Force est de constater que la plupart de ces disques sont très personnels et que Froese a eu un peu de mal à proposer un son aussi vivant que celui du groupe. Dans cet ensemble, son cinquième disque Stuntman se détache cependant du peloton, aussi bien par sa qualité d'écriture offrant un beau compromis entre profondeur et accessibilité que par sa place un peu particulière dans l'histoire de la musique électronique, à la charnière entre les ères analogique et numérique.

La pochette peu détaillée l'affirme, il y a ici un mélange des deux types de synthétiseurs. L'étude d'une mosaïque de photos qui accompagne l'édition vinyle originale révèle la présence aussi bien d'appareils analogiques Moog, Arp ou Oberheim, que celle d'un séquenceur numérique Roland et d'une famille de synthétiseurs PPG. Il faut savoir que le groupe Tangerine Dream a aidé cette firme allemande à se faire une petite place dans le monde des facteurs d'instruments électroniques. Après une courte période analogique, le concepteur Wolfgang Palm a été un des premiers à réussir à contrôler des oscillateurs par ordinateur. Certains instruments proposaient déjà également filtre et enveloppe numérique, mais ils sont restés rares avant 1983. Stuntman date de 79 et est un des premiers disques de l'histoire à utiliser ce genre de matériel, avant que le modèle Wave 2 de PPG, plus élaboré, ait un grand succès dans le monde de la new wave.

Pour en finir avec la technique, ce genre d'instrument expérimental offre un son à la fois stable et un peu cru. Ainsi, certaines lignes mélodiques de Stuntman trahissent l'absence de filtre sur certaines de ces machines, notamment dans le très beau «Detroit Snackbar Dreamer» où les aigus claquent malheureusement un peu trop. C'est la seule réserve que j'émettrai au sujet de ce disque qui réussit malgré cela à s'imposer comme une des œuvres les plus subtiles de musique électronique mélodique. La différence avec Ages est frappante... on reconnaît évidemment le compositeur, les mélodies sont du même type, mais les sons ont gagné un monde de finesse qui le rendent bien plus résistant à l'épreuve du temps. Certains trouveront quand même Stuntman un peu kitsch mais il reste crédible et jouissif contrairement à la plupart des plages de son prédécesseur.

Le morceau-titre est un démarrage un peu tape-à-l'œil, presque electropop, mais on y entend déjà une séquence froide et régulière. La suite est plus ambiante et d'une beauté irréelle qu'on peut qualifier de poétique. «It would be like Samoa», «Detroit Snackbar Dreamer», «Drunken Mozart in the Desert», «A Daliesque Sleep Fuse», quatre fresques hypnotiques emplies de séquences cristallines et de ces mélodies aiguës erratiques que seul Froese a jamais pu créer. Le final «Scarlet Score for Mescalero» est plus anecdotique car peu rythmé mais tout de même agréable. Notons qu'on a ici la première référence explicite à Salvador Dali, auquel Froese a bien après consacré un album entier.

L'autre référence est donc Mozart et c'est très révélateur. La tendance mélodique chez Froese est perceptible dès Stratosfear, son goût du classique apparaît à la fin de Cyclone et dans le morceau «Force Majeure», sans parler d'Ages. Il y a clairement chez lui une volonté de proposer une musique très classique, ce qui implique forcément une facilité d'écoute. Là encore, Stuntman est à la lisière entre deux époques, la période Schmoelling verra dès l'année suivante l'apogée de ce classicisme chez TD, qu'on leur reproche souvent alors qu'il s'agit d'une démarche noble, pas encore commerciale. Enfin, espérons au moins que les détracteurs de l'«easy-listening» font preuve de cohérence et détestent Mozart.

La note attribuée à Stuntman est à comprendre dans ce contexte, bien que le son de ce disque ne soit pas encore aussi lissé que celui de la période Schmoelling. Ceux qui recherchent une musique plus rude, moins consensuelle, s'arrêteront de toute façon aux trois premiers albums solo d'Edgar Froese... On pourrait encore faire une certaine comparaison avec le fameux The Man Machine de Kraftwerk. Ils partagent certaines ambiances, l'un est plus pop, l'autre plus ambiant mais on sent qu'ils sont contemporains, la proximité est curieusement plus grande qu'avec Force Majeure ou Tangram de TD. Quoi qu'il en soit, Stuntman est et restera, de l'avis même d'Edgar Froese, son chef d’œuvre en solo, au sens strict du terme.

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- Edgar Froese (matériel électronique analogique et numérique, gra)


1. Stuntman
2. It Would Be Like Samoa
3. Detroit Snackbar Dreamer
4. Drunken Mozart In The Desert
5. A Daliesque Sleep Fuse
6. Scarlet Score For Mescalero



             



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