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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Membre : Theo Travis & Robert Fripp , Van Der Graaf Generator

The TANGENT - The Slow Rust Of Forgotten Machinery (2017)
Par BAKER le 19 Décembre 2017          Consultée 509 fois

Le rythme de production de TANGENT est devenu assez incroyable, pour quelque chose qui n’était censé être qu’un simple projet. Et le pire est que le groupe a toujours quelque chose à dire. Alors pensez, cette année, entre Trump et le Brexit, on se doutait bien que ça allait être carnaval à tous les étages ! Vous ne serez pas déçus. Progressistes de tous poils, Andy Tillison est de retour pour taper à bras raccourcis sur tout ce qui ressemble de près ou de loin au capitalisme, à l’exploitation de l’homme et de l’enfant, au populisme et autres joyeusetés. Parfois avec humour et décalage (la vibrante et émouvante déclaration d’amour à la néo-presse qu’est "Slow Rust"), parfois avec cynisme (mais de quoi, de qui au juste parle "A Few Steps" ?). Le discours est toujours aussi agressif, la musique elle non plus n’a pas changé, et heureusement : on retrouve toujours ce mélange de rock néo-prog avec guitares et synthés parfois bien rock ou percutants, et de jazz-rock fluide et verbeux à la FLOWER KINGS, avec toujours, et c’est ça la force géniale de ce groupe, tou-jours de la mélodie ou du riff, partout. Le son non plus n’a pas tellement évolué, toujours aussi rond, avec la basse de Jonas Reingold toujours chaleureuse et précise (moins logorrhéique que d’habitude, ce qui en soulagera certains). La seule vraie différence, et si on vous le disait pas ça serait passé inaperçu, c’est que le père Andy s’est entièrement occupé des claviers, chant, jusque là normal, mais aussi de la batterie. Et le petit père se débrouille comme un chef, solo à la Buddy RICH inclus !

Ensuite c’est comme sur l’autoroute : on est sûr d’arriver à bon port et seules les aires arriveront à vous distraire. On ne va pas revenir cent sept ans sur la mise en place, le mixage, tout ça c’est du très professionnel. Chaque titre possède ses petits défauts et ses qualités, parfois grandes, qui commencent d’ailleurs très fort avec le refrain de "Two ropes", si doux, si coconneux ! D’ailleurs, ce premier titre, court, contient tout ce qu’on peut aimer chez TANGENT : chœurs féminins sensuels et donc rigolos, flûte à la Peter GABRIEL, harmonies très jazzy mais pas opaques, c’est joli et même franchement adorable. On pense à BIG BIG TRAIN pour le côté champêtre et classique. Bon, c’est TANGENT : à un moment, ça s’énerve, et c’est une constante, ils ne peuvent pas s’empêcher de casser leurs jouets. Je rappelle à toutes fins cessantes que c’est censé être ça, la musique progressive. D’ailleurs, étant donné que la mode est aux chansons à texte engagées, pourquoi les radios passent-elles de l’eau tiède, de la Creuse ou d’ailleurs, et pas du TANGENT ? Ce ne serait quand même pas parce que la musique s’affranchit de toutes les règles pré-établies par le consensus mou et prône le libre arbitre suivant ainsi le même credo que les paroles ? En clair : une chanson comportant un solo de synthétiseur peut-elle être de gauche ? Vous avez 4 heures.

Sinon, encore une fois (car ce n’est pas la première), on constatera que le disque n’est jamais aussi bon que quand il se montre hyper-pop et accessible, ou qu’au contraire il pète complètement les plombs. Comme sur la partie presque hip-hop de "Slow Rust", le jazz pur et ancien du début de "Sad Story", ou le ralentissement si putassier qu’il en devient drôle (à dessein ? certainement !) au milieu de "A Few Steps", chanson par ailleurs conçue comme un conte audio pour enfants, ce qui achève de la rendre grinçante pour ne pas dire amère. Les parties quasi-punk (quasi seulement... dommage d’ailleurs !) fonctionnent bien, les tentatives technoïdes aussi, mais le vrai petit souci, c’est que tous les titres de plus de dix minutes, et c’est la majorité, s’éparpillent un peu trop sur la fin. Délesté de cinq ou six minutes, cet album aurait été, encore une fois, un des meilleurs du genre. Il reste cependant très écoutable, mais à vrai dire, c’est dans son édition limitée et son bonus track qu’il explose : "Basildonxit" est tout ce qu’on préfère chez Tillison. Mélange de jazz rock Canterbury et de dance boys-band des années 90, c’est le titre le plus court de cette cuvée 2017 mais aussi le plus jouissif, le plus fou et le plus maîtrisé. Et tant pis pour les petites baisses de forme : ce n’est pas encore avec ce disque soigné et à la pochette maligne (artwork général de fou) que TANGENT retournera à l’état de projet sans lendemain.

NOTE FINALE : 3,5 mais si vous aimez la déconne, 4 pour l'édition limitée

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   BAKER

 
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- Andy Tillison (chant, claviers, prog, batterie)
- Luke Machin (guitare, chant, choeurs)
- Jonas Reingold (basse)
- Theo Travis (saxophone, flûte)
- Marie-eve De Gaultier (chant, choeurs, claviers)
- Matt Farrow (prog)
- Boff Whalley (choeurs)


1. Two Rope Swings
2. Doctor Livingstone (i Presume)
3. Slow Rust
4. The Sad Story Of Lead And Astatine
5. A Few Steps Down The Wrong Road
- bonus Track édition Limitée
6. Basildonxit



             



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