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CHVRCHES - Love Is Dead (2018)
Par WALTERSMOKE le 13 Juin 2018          Consultée 310 fois

Ding ding ding, le CHVRCHES nouveau est arrivé ! Et ça, c'est le genre de nouvelle qui fait vraiment plaisir à entendre, à première vue. Le trio écossais s'est en effet fait un nom dans le monde merveilleux de la synthpop, avec des mélodies catchy et au son magnifique, le tout magnifié par une voix délicieusement ambivalente, celle de Lauren Mayberry, interprétant des paroles plus réfléchies que la moyenne ; et pour s'en convaincre, il suffit d'écouter au préalable The Bones of What You Believe (2013) et Every Open Eye (2015), qu'il ne faut pas hésiter à hisser comme deux albums majeurs des années 2010, ou du moins deux albums faisant partie du haut du panier.

Dong dong dong, le CHVRCHES nouveau détonne. Et pas de la manière attendue, rien que sur le papier. Entre l'arrêt de la production indé pour se tourner vers le producteur Greg Kurstin, grand ponte de la pop du IIIe millénaire, et le choix de verser plein gaz dans la synthwave, le groupe a décidé de prendre un virage des plus corsés. Un vrai défi, qui peut engendrer aussi bien de petites appréhensions que des affirmations à l'emporte-pièce, du genre « oh non c'est le début de la fin, CHVRCHES va faire de la pop baveuse ».

Rassurons-nous, s'il y a un groupe qui devait nous décevoir en 2018, ce ne serait pas CHVRCHES. Car Love is Dead (un peu emo ce titre, nan ?) est un nouvel opus de qualité. La présence de Kurstin, aussi bien à la production qu'à l'écriture, augurait du pire, et pourtant, son influence n'est pas si mauvaise – ou si présente, c'est selon. Même si le son est radicalement différent, le groupe parvient toujours à marquer son unicité ici, tant dans la composition que dans l'interprétation. En fin de compte, sur les 13 pistes de l'album, une seule paraît en-dessous de la moyenne. Mais c'est un euphémisme : "Miracle", coécrite et produite par Steve Mac, est terriblement mauvaise, ne serait-ce que du côté du refrain, absolument ignoble tant il s'aligne avec la banalité de la pop actuelle. C'est donc la seule mauvaise chanson de l'album, ouf.

Est-ce à dire que tout le reste est bon ? Oui... mais avec un éventail de nuances. Chaque morceau n'est pas un tube en puissance, et certains ne sont pas si loin que ça de la médiocrité. "Really Gone", par exemple, se tient honorablement et ose le minimalisme musical, mais n'est cependant pas plus mémorable que ça malgré la voix si touchante de Mayberry. Il eût été plus intéressant de le placer avant une succession de hits potentiels. Côté singles, on retrouve le CHVRCHES auquel on a pu s'habituer sur "My Enemy" côté son, mais ce duo avec le chanteur de The National laisse perplexe, quand bien même un certain magnétisme s'en dégage.

Ceci étant, le nombre de fois où l'on prend son pied sur Love is Dead est clairement supérieur à zéro. "Never Say Die", par exemple, c'est le morceau qui regarde Miracle les yeux dans les yeux et lui dit « je suis toi en mille fois mieux », grâce à des choix de production pertinents et une écriture qui ne se contente pas d'être absolument « formulaic ». On se met automatiquement à taper du pied sur "Graves" (et avec le sourire), on se laisse entraîner par le rythme entraînant de "Get out" et son refrain intense, et "Deliverance", le morceau le plus synthwave de l'album, impressionne par sa subtile puissance et son côté légèrement cyberpunk. Notons au passage que ces 3 chansons-là forment le début de l'album, qu'on peut qualifier de départ prometteur.

À moins d'être un vieux con nostalgique, il faut dire les choses telles qu'elles sont : Love is Dead est un bon album, et CHVRCHES reste un groupe à suivre tant il est capable de faire de très grandes choses. Pour autant, si les morceaux sont de qualité sur tous les plans, ils ne sont a priori pas amenés à marquer autant que par le passé. Cela n'augure pas du mieux pour l'avenir, qu'on espère quand même aussi bon et surtout meilleur, que ce soit en continuant dans une pop hybride ou en embrassant à pleine bouche la synthwave, tout en gardant l'identité du trio.

Note réelle : 3,5/5

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   WALTERSMOKE

 
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- Lauren Mayberry (chant, choeurs sur 10)
- Iain Cook (claviers, basse sur 7 et 10)
- Martin Doherty (claviers, chant sur 10)
- +
- Greg Kurstin (claviers, batterie)
- Chris Laws (batterie sur 7)
- Ian Chang (batterie sur 10)
- Matt Berninger (chant sur 4)


1. Graffiti
2. Get Out
3. Deliverance
4. My Enemy
5. Forever
6. Never Say Die
7. Miracle
8. Graves
9. Heaven / Hell
10. God's Plan
11. Really Gone
12. Il
13. Wonderland



             



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