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1996 Astonvilla
1999 Extraversion
2002 Strange

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2001 Live Acoustic

ASTONVILLA - Strange (2002)
Par OULIPOP le 28 Juin 2018          Consultée 962 fois

Strange est un album important dans le parcours musical d’ASTONVILLA. D’une part parce qu’il fait suite au petit succès d’estime rencontré par Live acoustic un an auparavant, et d’autre part parce qu’il fait figure de premier vrai classique dans la discographie du groupe tant il regorge de qualités et s’avère supérieur en tout point aux deux livraisons précédentes que sont Astonvilla et Extraversion.

Suite à sa sortie, Live acoustic a en effet trouvé quelque peu son public et, pour la première fois, ASTONVILLA voit l’un de ces disques classés dans les charts (107ème sur 150 en octobre 2001). En parallèle, « Raisonne » (dans sa version cordes) sort en single et se retrouve assez largement diffusé sur les radios rock. Enfin, au printemps 2002, les Parisiens reçoivent pour cette pérégrination acoustique la Victoire de la Musique de l’Artiste Découverte de l’année.
En clair, voilà enfin une belle trajectoire pour le groupe après plusieurs années de galère ; de quoi regonfler à bloc les cœurs des différents membres à l’aube de l’enregistrement du troisième album.

Celui-ci, derrière sa pochette (forcément) étrange représentant le quatuor posant fièrement dans de classieux smokings noirs et affublé de troublantes gueules de chiens, s’ouvre sur trois pépites qui justifient à elles seules son existence. Comme si le disque, s’il s’était arrêté à cet instant, n’en aurait pas moins été superbe !
L’enchaînement « Invincible », « Le chien » et « Wash my soul » est d’une fluidité éclatante et procure un plaisir indicible. La qualité intrinsèque d’écriture de ces trois morceaux est évidente et démontre ô combien ASTONVILLA a progressé depuis ses débuts.
Si « Invincible » brille par l’efficacité de sa guitare acoustique et son refrain aérien, « Le Chien » met tout le monde d’accord avec sa rythmique légèrement électro, ses paroles clairement misanthrope et ses surprenants leitmotivs canins parsemés çà et là. Enfin, la merveilleuse ballade désillusionnée « Wash my soul » enfonce le clou à grands coups de pianos cristallins et de chœurs menés par l’artiste canadien Hawksley WORKMAN, invité pour l’occasion.

Mais Strange est un condensé de réussites qui s’étalent, et c’est heureux, bien au-delà des trois premières pistes. On trouve, en effet, largement de quoi s’enthousiasmer dans les chansons suivantes.
A commencer par la sublime complainte « Prière ». Entre une guitare sèche saturnienne et des violons déchirants de tristesse, Frédéric Franchitti pose une voix douce qui entraîne définitivement le morceau sur les rives d’une belle affliction.
« Crève-moi » et « Strange » sont également de vrais enchantements. La première, magnifiée par un splendide dialogue de guitares, incarne totalement la sensualité du groupe, telle qu’elle avait été entraperçue dans les disques antérieurs. Tout n’y est que finesse d’écriture et d’arrangements, l’ensemble enflammé par le timbre lascif du chanteur. « Strange », à la tonalité légèrement plus dure, lorgne pour sa part directement du côté du blues ; la guitare sonnant comme un vieil air venu du sud des Etats-Unis.
Impossible enfin de passer sous silence l’excellente « Voiture française » qui, à l’instar de « Le chien », fait office de piste dansante de l’album. Développant une jolie ambiance cotonneuse propice aux errances automobiles nocturnes, elle permet à Laurent Muller, le batteur, discret jusque-là, de s’exprimer comme il se doit et de la mener tambour battant.

Toutefois, malgré toutes ses qualités, Strange n’est pas exempt de défauts et en contient son petit lot, aussi mineurs soient-ils en comparaison du reste.
A commencer par « Dislok », qui fait ici office de parent pauvre. Lourde et sans réel intérêt, elle rompt méchamment avec la finesse et les atmosphères épurées distillées au fil des minutes d’écoute.
Quant à « Slowfood », loin d’être un raté cependant, difficile de ne pas la considérer autrement que comme un exercice de style plutôt particulier. Sur un air répétitif, plusieurs personnalités (Jean-Louis AUBERT, Alain BASHUNG, ZAZIE, etc.) égrènent un menu concocté par le chef cuisinier Jean-Pierre Gagnaire : un bel hommage à la gastronomie et à la culture française (« à l’heure où la mondialisation tend à uniformiser les modes de vie partout sur la planète » selon les mots du groupe dans le livret). Un final surprenant, authentique et original mais potentiellement lassant à la longue.

Néanmoins, ces légers écueils n’empêchent pas Strange d’être un disque considérablement abouti et d’une beauté crépusculaire, qui voit enfin ASTONVILLA s’épanouir totalement. Six ans après ses débuts discographiques, il était temps !

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- Frédéric Franchitti (voix)
- Nicolas Muller (guitare, choeurs)
- Jean-baptiste Mory (basse, choeurs)
- Laurent Muller (batterie)


1. Invincible
2. Le Chien
3. Wash My Soul
4. Prière
5. Interlude Invincible
6. Dislok
7. Crève-moi
8. Strange
9. Voiture Française
10. L'occident
11. Interlude Respire
12. Slowfood



             



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