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- Membre : Arena, Kino

IT BITES - The Tall Ships (2008)
Par BAKER le 31 Octobre 2018          Consultée 443 fois

L'histoire d'IT BITES aurait dû s'arrêter vers 1990, peu ou prou. Après quelques engueulades, Francis DUNNERY a fini par quitter le navire ("proue" donc...). Oh, les trois survivants, à savoir le bassiste Dick Nolan, le batteur Bob "Boum" Dalton et le volubile pianiste John Beck tentèrent plusieurs fois de faire perdurer la légende, mais il fallait se rendre à l'évidence : Francis DUNNERY qui quitte IT BITES, c'est Mike OLDFIELD qui quitte Mike OLDFIELD. Et donc après cette scission avec lui-même complètement glucose, IT BITES devint un groupe légendaire. Au sens premier du terme : kaput.

Enter John Mitchell. Guitariste émérite d'ARENA, notre homme avait un rêve de gosse, devenir Francis DUNNERY. Sa bonne réputation parmi le microcosme du néo-prog grand-briton lui permit en 2005 de monter KINO, un projet qui était ce qui pouvait se rapprocher le plus de ce fantasme. Coup de théâtre, qu'honnêtement même après moult recherches je ne puis vous expliquer, Mitchell et les trois Biters survivants ont obtenu le droit de publier un album sous le patronyme original. Et même si Dick Nolan mit rapidement les voiles, remplacé officiellement par Lee Pomeroy (officieusement par Mitchell), en 2008 le coup de tonnerre résonna : IT BITES revenait avec un nouvel album ! Et là, le fan d'avoir peur. Parce que si le prochain SPRINGSTEEN sortait avec uniquement des chansons écrites par Steve VAN ZANDT, pas sûr que ça passerait crème.

Et donc après quelques écoutes fiévreuses, je dois l'admettre : John Mitchell a parfaitement réussi son pari. Comment ne pas sourire dès l'intro de "Oh My God" ? Ces choeurs sont si putassiers, si fan-service basique, qu'on ne peut que marcher. Et tout le long du disque, nos musiciens parsèment les chansons d'éléments IT BITESiens. Le côté funky extravagant de DUNNERY ne peut être répliqué, Mitchell a donc l'intelligence de ne pas s'y frotter ; en revanche, les influences pop-rock irrévérencieuses de John Beck sont toujours présentes, pour notre plus grand plaisir. Le premier titre rassure, l'enchaînement avec le second tue : on dirait qu'ils ont fait ça toute leur vie !

"Ghosts", "Fahrenheit", "Lights", "Great Disasters" : rien n'y fait, on succombe. Ce sont de petites friandises archicaloriques terriblement bien fichues, avec des riffs très DUNNERY dans l'esprit, mais sans recyclage éhonté des anciens titres, plutôt une émancipation laissant la part souriante aux claviers et la mélodie au chanteur, un sacré duo dont l'efficacité est impressionnante. Ce sont des titres qui méritent franchement de figurer sur un best-of du groupe, c'est le meilleur compliment qu'on puisse faire à Mitchell.

Ensuite, là où The Tall Ships fait fort, c'est qu'il n'y a pas que du poppy sirupeux pour faire danser, le tandem Mitchell / Beck continue aussi l'exploration de chansons plus calmes. Et avec pratiquement autant de réussite. "Playground" par exemple aurait parfaitement pu figurer sur "Picture" de KINO, et ça aussi, c'est un beau compliment. Avec son riff lent à la "Still too Young to Remember", le morceau-titre développe une belle nostalgie, Beck se régale avec un petit solo à consonance gaélique. Typiquement prog dans le sens où il déçoit puis intrigue, l'énorme "The Wind that Shakes the Barley" trimballe l'auditeur à hue et à dia avec une aisance de goupil. Là aussi, un régal.

Nous ne sommes pas tout à fait au niveau de "Once Around the World". Preuve en est l'epic "This is England", qui tente clairement de reproduire la magie du morceau "Once" justement, avec les qualités (nombreux styles, folie maîtrisée) mais aussi les petits défauts cette fois un peu voyants. Ce qui n'empêche pas cet epic d'être agréable et parsemé de plans rigolos. En réalité, des vrais ratés, cet album n'en a quasiment pas. Tout au plus "For Safekeeping" qui ne sert absolument à rien, et "When I Fall" qui ne sert pas plus mais est une bonus track - si vous trouvez l'édition standard, n'hésitez donc pas.

Le reste du temps, les chansons vont de bonnes à excellentes, le plaisir de jouer est palpable (le duo de solos sur "Barley"), et on ressent ce vrai bonheur de retrouver un vieux pote, un peu assagi mais qui a des tas de choses à nous raconter. En bref, si le pari était insensé sur le papier, la résurrection d'IT BITES est une vraie réussite en tous points. Il y a un immense respect pour la formation originale, mais avec des éléments nouveaux. Bien sûr, il est compréhensible que certains fans de la première heure aient crié à la trahison car l'élément de folie pure, d'iconoclasme malicieux de DUNNERY a totalement disparu. Mais les amateurs de pop progressive accrocheuse et intelligente ont eu une magnifique surprise en cette belle année 2008. Comme quoi, il ne faut jamais enterrer ce qui dort.

Note finale : 4,5/5 montée au 5 pour l'implacabilité du savoir-faire

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   BAKER

 
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- John Mitchell (guitare, choeurs)
- John Beck (claviers, choeurs)
- Bob Dalton (batterie, choeurs)
- Lee Pomeroy (basse)


1. Oh My God
2. Ghosts
3. Playground
4. Memory Of Water
5. The Tall Ships
6. The Wind That Shakes The Barley
7. Great Disasters
8. Fahrenheit
9. For Safekeeping
10. Lights
11. This Is England
- bonus Track
12. When I Fall



             



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