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Yves SIMON - Respirer, Chanter (1974)
Par JESTERS TEAR le 10 Décembre 2018          Consultée 288 fois

Enchaînant après le succès d’Au Pays Des Merveilles De Juliet (certifié disque d’or, pardon, merci, après vous, après moi, le déluge), Yves SIMON, troubadour de notre patrie et de la sienne, sort en 1974 ses conseils avisés sur la pratique de vocaliste : Respirer, Chanter. C’est simple, précis et pertinent, puisque essayer de chanter avant de respirer, c’est courir à l’apoplexie, tous les professionnels vous le diront.

Mais au delà de ce titre pédagogue et paternel, que vaut cette galette ? Confirme-t-elle les espoirs et le talent si présents sur sa prédécéci, précédi, prédéci… sur le disque qu’il était sorti avant ? Je vous répondrai ce qu’on vous répond invariablement quand vous demandez s’il y a quelqu'un en toquant aux toilettes pendant une envie pressante : Oui.

Il faut dire que la recette est plus ou moins conservée. Des textes qui vont de portraits à tranches de vie, d’histoires d’amours à message d’amour pour les autres. Seuls les textes contestataires présents sur Juliet (j'vais pas non plus me taper tout le titre à chaque fois, j'suis pas payé au caractère et en plus j’en ai un sale) ne sont pas vraiment représentés sur cet opus. Coté ambiance, on alterne entre le mélancolique, le nostalgique et le plus énergique, cependant plus rare que le reste.

La musique alterne également entre le folk à la française et quelques passages plus rock. Simplement pouvons-nous remarquer que les arrangements se sont un peu électrifiés, la guitare électrique qui ne faisait que quelques apparitions sur le disque précédent étant ici omniprésente, avec un son velouté superbe, même dans les passages où elle s’énerve. Les flûtes et les violons sont aussi bien moins présents, mais un harmonica apparaît sur le titre d’ouverture, et un sax ici ou là.
Le tout conserve cette subtilité et cette beauté qui faisait tant précédemment.

Presque tous les morceaux sont réussis. Parmi les plus notables, nous avons "Le Joueur D’Accordéon", le plus rock de l’album dont le héros n’est pas celui qu’on pourrait croire, puisqu'il s’agit du guitariste, flamboyant particulièrement sur ce titre. Il y a aussi"Manhattan », une chanson feutrée qui rappelle "Les Gauloises Bleues", où une guitare acoustique, un sax, puis une guitare électrique prennent tour à tour le lead, accompagnant avec feeling un chant traînant mais efficace du cher Yves, sur un texte descriptif typique du chanteur.

Et enfin, il y a "J’ai Rêvé New York", le morceau fête à la saucisse de l’album. Complètement déjanté, ode à la ville qu’elle est dans le titre, qui montre bien avec "Manhattan" l’intérêt de SIMON pour la Grosse Pomme (mais non pas ta femme, la ville) il enchaîne des passages variés, part dans tous les sens, revenant toujours à son refrain emblématique qui scande le titre. Certes, tous les passages n’ont pas bien vieilli (certains chœurs poussent de nos jours les gens de bon goût à se mordre les dents), mais on peut saluer le panache, l’audace, l’énergie que dégage la piste.

Le reste est toujours agréable, toute mélancolie dehors. On remarque que les chœurs ont une grande importance, puisqu'ils sont seuls à chanter sur "Les Brumes De La Seine", mini chanson par ailleurs superbe, petite perle de délicatesse, qu’ils portent le refrain du chant d’espoir qu’est "Demain Nous Ne Seront Plus Jamais Seuls" et sont très présents sur "Chaque Nuit Tu T’Enfuis" aux arrangements riches et à la composition enthousiasmante. Les chansons d’amour "Je T’Emmène" et "Moi Je Sais Un Jour Tu Iras" sont elles aussi plaisantes, plus lisses mais bien intégrées et porteuses de l’identité folk du français.

Au final, seul le titre éponyme, qui est d’ailleurs lui aussi final, n’est qu’une demie réussite. On a affaire à un morceau parlé, un peu dans la veine de "Regarde Moi" sur Juliet. Mais ici, si le texte est très bien écrit, la musicalité, pareille à l’assiduité aux séances de l’Assemblée Nationale, a un peu trop été laissée de coté. D'autant plus que le titre dure un moment et qu’il finit sur plus d’une minute de percutions et autres instruments qui donnent un ensemble bien peu harmonieux. C’est la seule véritable ombre au tableau, mais il est dommage que l’album se termine ainsi.

On peut cependant dire qu’Yves SIMON continue sur une bien belle lancée, esprit conservé, arrangements légèrement différents mais très beaux (cette guitare électrique est décidément une merveille de bout en bout), pour un second album à la hauteur du premier. Et il ne compte pas s’arrêter tout de suite, le bougre.

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1. Clo Story
2. Le Joueur D'accordéon
3. Je T'emmene
4. Les Brumes De La Seine
5. Moi Je Sais Un Jour Tu Iras
6. J'ai Rêvé New York
7. Manhattan
8. Demain Nous Ne Serons Plus Jamais Seuls
9. Chaque Nuit Tu T'enfuis
10. Respirer, Chanter



             



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