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Yves SIMON - Un Autre Desir (1977)
Par JESTERS TEAR le 13 Mars 2019          Consultée 317 fois

Le titre de ce cinquième opus, Un Autre Désir, aurait pu annoncer un changement dans la formule bien rodée qu’Yves SIMON a mise en place avec les quatre précédentes offrandes. Mais non, c’est bien une fausse piste, l’album se plaçant tout à fait dans la continuité de ses aînés, continuant ses incursions dans une musique de plus en plus proche de la variété, mais toujours de qualité.

En effet, toujours pas de mauvais album à l’horizon, ni de véritable mauvaises chansons, tout juste quelques titres moins enthousiasmants que les autres. Il serait injuste d’accuser SIMON de s’enfermer dans une routine musicale, même si le ressenti est bien présent, puisqu’il tente encore des choses. Si vous voulez des preuves, je pourrais vous rétorquer qu’il vous faudra un mandat, mais comme je suis sport, je vais plutôt vous parler du titre d’ouverture : « De l’autre côté de ton âme » est un morceau funk totalement inédit, énergique, groovy et rafraîchissant, avec une basse bondissante typique du genre, des thèmes à la guitare qui elle aussi possède un son bien cliché funky, et le brave Yves convaincant avec son chant bien à lui, qu’il adapte, de façon surprenante, très bien au registre, sans rentrer dans un moule pour autant.

Comme quoi, il a de l’audace, le cher homme. Plus loin, « Africain » fait aussi dans l’exercice de style avec ses percus et ses chœurs du continent dont je vous laisse deviner le nom. Le tout est assez bien réussi aussi, il faut le reconnaître. Et puis il y a « Zelda » aussi, cette chanson un peu inclassable (faisant référence à la compagne de Fitzgerald, et pas à la dulcinée de Link, question de génération), avec ces guitares acoustiques extrêmement entraînantes, ce rythme hypnotique mais exalté, ces divers claviers cristallins. Un petit ovni fort réussi.

En fait, plus on écoute le disque, plus on se rend compte que, s’il n’y a aucune véritable cassure dans le style de SIMON, l’album est peut-être le plus varié de sa carrière jusqu’à présent, justifiant le sens premier du terme de variété. On a une incursion dans le blues avec « Police Parano Blues », d’ailleurs un des moins bons titres de l’album, poussif, avec des paroles pas très réussies à mon sens. Mais on a aussi le premier titre de SIMON qui aurait pour moi pu être un classique de la variété française telle que je la concevais quand j’étais petit. « Tu ne dis plus rien » est un morceau extrêmement sombre, porté par un piano suintant de mélancolie accompagnant la voix profonde de SIMON sur un texte d’une poésie poignante. Petit à petit, quelques arrangements sobres se rajoutent, une basse aux mélodies torturées, un petit sax qui égrène quelques notes d’abandon, des cordes (probablement synthétiques) discrètes sur le crescendo final. Un titre sublime, simple mais d’une profondeur presque abyssale, qu’on aurait pu attendre de la part des cadors du style, et que SIMON assume sans sourciller.

Ses retours à son style folk sont eux aussi superbes, son chant tout aussi beau, que ce soit sur « Caroline des Yvelines » ou sur le morceau titre. Sa voix, aidée par les mélodies transpirantes de mélancolie, nous transporte malgré la simplicité des arrangements (très soignés pour autant).

Côté inspiration rock, l’album n’est par contre pas super bien loti. « Histoire de vaurien » affiche un contraste entre des couplets bien marqués par des claviers et des sonorités légèrement vieillis, que tous ne pourront pas accepter comme je le fais, et des explosions de guitare électrique très efficace. Quant à « Oublie-moi », le titre de clôture est électrique (t’as compris hein ?) et rock à fond, mais si l’instrumentation est très efficace (avec un solo de guitare impressionnant), SIMON se fait peut convaincant au chant et les chœurs féminins de même. Ce n’est donc qu’à moitié réussi.

Il reste ce que j’appelle les morceaux « ambiances ». D’abord l’atmosphère brouillardeuse (ce mot est à moi, je le dépose) et mystique du titre « Les Fantômes de Paris » qui est réussi mais un peu trop longuet à mon goût. Puis l’inutile « Grégoire se marre », ritournelle instrumentale de 45 secondes sur fond de rires d’enfants, qu’on sait pas ce que ça fout là. Et je termine sur mon préféré, le minimaliste « Lettre à monsieur le receveur de Paris 23 », une petite chanson où un homme envoie une lettre à son receveur pour lui demander de faire suivre son courrier parce qu’il va déménager à cause de la disparition de sa bien-aimée. C’est original, naïf et très touchant.

Pour conclure, je dois dire que s’il ne révolutionne pas la carrière d’Yves SIMON, cet Autre Désir a le mérite d’être de qualité, et aussi de ne jamais laisser s’installer l’ennui, comme pouvaient le faire ses deux prédécesseurs, sans doute grâce à sa variété mieux maîtrisée. Un bien bon cru, même si je lui préfère toujours les deux premiers albums de l’homme.
Note réelle : 3,5

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1. De L'autre Côté De Ton Ame
2. Tu Ne Dis Plus Rien
3. Zelda
4. Lettre A Monsieur Le Receveur De Paris 23
5. Police Parano Blues
6. Caroline Des Yvelines
7. Africain
8. Un Autre Désir
9. Histoire De Vaurien
10. Grégoire Se Marre
11. Les Fantômes De Paris
12. Oublie-moi



             



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