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VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

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Yves SIMON - Au Pays Des Merveilles De Juliet (1973)
Par JESTERS TEAR le 15 Novembre 2018          Consultée 711 fois

Il n’y a pas que chez les anglophones que des petites pépites des années 70 ont été englouties par la postérité, cette sale vieille vorace. En effet, qui de ma jeune génération a entendu parler de Yves SIMON ? Presque personne, alors que son contemporain Maxime LE FORESTIER, par exemple, avec qui il partageait parfois la scène à ses débuts, est toujours bien présent dans la mémoire collective ( et la playlist de Nostalgie). Pour ma part, il aura fallu la reprise de « Diabolo Menthe » (un des seuls morceaux dont se souviennent même les anciens) par la chanteuse SOKO pour que j’écoute l’originale et me jette par la suite goulûment sur la discographie de l’injustement oublié. Merci SOKO, très belle découverte.

De son nom complet Yves Maurice Marcel Simon (pour vous dire qu’il partait pas gagnant le gars), l’artiste commence en vérité sa carrière discographique avec un premier L.P. en 67, suivi d’un deuxième en 69. Cependant, ces opus n’ayant eu que très peu de succès et étant de nos jours pour ainsi dire introuvables (dommage, car j’y jetterais bien une oreille, tant que je peux la récupérer après pour équilibrer mes lunettes), le chanteur lui-même considère Au Pays Des Merveilles de Juliet, sorti en 1973, comme son premier véritable album.

Sans doute le fait qu’il ne s’agisse pas véritablement d’un coup d’essai explique-t-il la maîtrise qui se dégage de cette livraison. Yves SIMON n’est pas ce qu’on peut appeler un chanteur à voix, mais il mise sur un côté conteur (certains passages sont plus parlés que chantés) et sur des textes de qualité. Rien de surprenant quand on sait que le mec est aussi un écrivain reconnu. N’allez pas pour autant croire que la musicalité est jetée aux orties avec mémé qu’on avait pourtant dit qu’il fallait pas pousser dedans ! Les arrangements sont de très bonne qualité, au contraire, distillant la plupart du temps un folk inspiré de la musique anglo-saxonne et bien dans l’air du temps, mais avec une forte touche française qui lui donne une belle personnalité. Flûtes, violons, pianos, guitares acoustiques et électriques, basse et batterie, tout y passe pour un ensemble varié et toujours agréable. Il y a même de l’accordéon, et j’en profite pour signaler que les premiers pas du petit Yves dans la musique se sont faits sur cet instrument, quand ses parents le lui ont offert à l’âge de 8 ans (quand je vous disais qu’il partait pas gagnant).

Il n’y a pas de mauvais titres sur cet album majoritairement calme. La plupart des textes décrivent des scènes de vie, que ce soit des lieux (« Les Bateaux Du Métro », « Rue de La Huchette », « La Maison Blanche de Patricia »), des époques (« Les Gauloises Bleues » single et classique de l’artiste) ou des histoires d’amour (« Les Bords De La Moselle », « Nous Partirons Nous Deux »). Sur ces morceaux, le calme et la nostalgie règnent, alors qu’une poésie pourtant terre à terre se marie aux arrangements subtils, cohérents mais variés. Le titre éponyme et single relève le tempo pour un bon morceau, même si les chœurs du refrain sont plus désuets qu’une émission de Mireille Dumas.

Trois morceaux se détachent de cette livraison, tant par leurs textes que par leurs arrangements et leurs compositions plus complexes. Tout d’abord « Mass Media Song » dont le texte dénonce, et pas besoin de dire qui (« Le monde était en guerre, sur les quotidiens on ne parlait de rien »). Les arrangements y sont plus rock (on note une superbe guitare électrique) et contrastés, avec l’intensité qui joue à l’ascenseur pour un rendu superbe. Ensuite « Les Promoteurs », qui dénonce encore pas besoin de dire qui (« Tous les arbres de Paris viennent de prendre un fusil, pour percer des trous aux cœurs des armées de promoteurs, qui détruisent tous les squares comme Attila le Barbare »). Le morceau commence par un chant calme escorté seulement d’une guitare acoustique et de superbes chœurs fantomatiques, avant que le tempo décolle et que les arrangements s’emballent, avec entre autres un violon virevoltant. Encore une franche réussite.

Enfin, « Regarde-moi » alterne un refrain chanté par des chœurs, puissamment porté par une basse et une batterie extrêmement efficaces et des couplets parlés sur une superbe ligne de piano (d’autres instruments font des apparitions très discrètes). Le texte est sublime, à la fois personnel, fou et critique de la société. Un ovni de toute beauté, dont la version live, bien qu’elle fasse disparaître le beau refrain, offrira une interprétation encore plus poignante, SIMON mettant ses tripes dans son texte, renforçant sa folie.

Ce faux premier album est une bien belle réussite. Une très bonne qualité de bout en bout, des arrangements excellents pour des textes qui le sont tout autant, un ensemble calme et nostalgique mais laissant place à quelques envolées enthousiasmantes. Plus qu’à espérer que la qualité soit aussi grande sur les albums suivants (SPOILER : oui).

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   JESTERS TEAR

 
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1. Les Bateaux Du Métro
2. Rue De La Huchette
3. Au Pays Des Merveilles De Juliet
4. Sur Les Bords De La Moselle
5. Mass Media Song
6. Les Gauloises Bleus
7. Les Promoteurs
8. Nous Partirons Nous Deux
9. Regarde-moi
10. La Maison Blanche De Patricia



             



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