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IZIA - Izia (2009)
Par RAMON PEREZ le 2 Janvier 2019          Consultée 294 fois

Voir IZIA débarquer pour mettre un bon coup de pied dans le tas, jusque sur les ondes et les plateaux, avec le genre de disque rentre-dedans habituellement réservé aux marges, ça m’avait quand même un peu enthousiasmé. Bien-sûr, ne soyons pas naïfs : sa filiation n’a pas été étrangère à ce succès. La demoiselle savait par où et avec qui passer ; les médias ont eu une histoire à raconter. Mais tout cela n’aurait rien été sans talent. Honnêtement, cet album l'exsude. Non seulement il y a du talent, mais il y a du vécu, c’est évident à l’oreille. A nouveau, la filiation n’y est pas pour rien. Ayant quasiment grandi sur scène (HIGELIN a souvent raconté la fois où sa gamine, toute petite, était venue sur la scène voir ce qu’il se passait et y était restée tout le concert), posé sa voix en studio à 12 ans (pour une reprise en duo de « L’Hélicon », du grand Boby LAPOINTE) ou partagé de plus en plus souvent un morceau avec son père en tournée, elle avait déjà une bonne base. Puis une solide expérience après avoir écumé pas mal de scènes à partir de ses 15 ans, après avoir décidé de stopper l’école pour se lancer pour de bon dans la musique. Elle y a assis sa réputation soir après soir, devant un public ignorant tout de son ascendance, jusqu’à faire la première partie de l’Iguane dès 2006.

L’album est le prolongement de cette histoire. Avec des titres qui ont déjà bien tourné. Dès lors, il n’y a pas de surprise à avoir quant à la qualité du disque, qui est évidente. La surprise vient plutôt du fait qu’il soit radicalement puissant, furieux. Rock, pour de vrai. Pas mollement pop-rock, arty garage ou je sais pas quoi, comme c’était bien la mode en ce temps (toujours ?). J’entends déjà les contempteurs de la chanteuse ou de ce disque dire que ça n’apporte rien de neuf et que ça manque de maîtrise. Mais ces gens errent car le rock ce n’est pas faire du neuf, ce n’est pas maîtriser. C’est envoyer la purée, transmettre l’énergie, se sublimer par le don de soi. A ce jeu-là, IZIA est vraiment forte et la nouveauté vient donc qu’une gamine de même pas vingt berges sorte autant d’elle-même, puis que ça fasse de nouveau vendre (un peu), même en anglais.

Bref, cet album est rock comme ce devrait toujours l’être. L’énergie, la générosité en premier, le volume poussé et la sueur qui coule. Tout à fond ! Guitare, basse, batterie. IZIA qui s’arrache la voix du début à la fin. Et quelle voix bordel ! Assumant sans détour ses quelques manques de précision, elle alterne avec puissance la clarté et le grain, tout en sachant calmer le jeu par moment ou faire monter la tension à d’autres. « Life is going down », par exemple, est une démonstration avec cette attaque digne d’une ballade de NIRVANA, avant la montée en puissance progressive jusqu'à la décharge électrique à haut voltage. On le devine, la nénette s’amuse constamment à flirter avec ses limites comme sur « Disco ball » ou à parsemer de-ci de-là des petites touches décalées. Par exemple, sur « Lola », le morceau que je préfère, où elle s’étrangle la voix à la fin des premiers refrains, avant de terminer, flamboyante, victorieuse, les derniers.

Le groupe qui l’accompagne s’aligne sur sa meneuse. Puissant, tranchant, brut. J’avoue, à l’instar d’Izia, ne pas avoir compris la comparaison que de nombreux observateurs ont faite entre elle et Janis. Comme si toute nana avec un peu de voix et faisant dans le rock devait s’affilier avec la grande Pearl. Alors que musicalement on est quand même sur quelque chose de beaucoup plus rageur. S’il faut absolument la comparer à quelqu'un, ce serait à la rigueur avec la P.J. des débuts. J’entends du NIRVANA, je l’ai dit, mais aussi de l’AC/DC ou du WHITE STRIPES, pour rester sur les plus connus. Difficile d’ailleurs de donner une filiation musicale précise tant le disque explore des voies différentes, jusqu'au funk de « Blind » ou au punk limite hardcore de « Hey Bitch ! ». Cette diversité est bien due au groupe, qui l’accompagnait déjà depuis un moment. D'ailleurs, ce disque a été enregistré en condition live, excellente idée tant ce petit monde arrive ainsi à transmettre une énergie de dingue, malgré quelques passages moins inspirés dans la dernière partie de l’album.

IZIA fait déborder toute sa culture rock, son vécu familial et personnel, pour accoucher d’un des disques les plus enthousiasmants du rock made in France des années 2000. Bien sûr, l’époque n’est plus à ce qu’un disque comme ça suscite la déferlante derrière lui. Mais pour les amateurs de fraîcheur, ceux qui ont aimé la même chose dans le rock’n roll, le punk, le grunge, c’est-à-dire entendre quelqu’un faire la musique qu’il aime et le faire bien, il est un vrai plaisir à ne pas bouder.

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   RAMON PEREZ

 
  N/A



- Izïa Higelin (chant)
- Sébastien Hoog (guitares)
- Antoine Toustou (basse)
- Vincent Polycarpe (batterie)


1. Back In Town
2. Lola
3. The Train
4. Hey Bitch!
5. Let Me Alone
6. Blind
7. Burning
8. Life Is Going Down
9. The Light
10. Take Me Back
11. Disco Ball
12. Sugar Cane



             



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