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CHICAGO BLUES  |  STUDIO

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HOWLIN' WOLF - Moanin' In The Moonlight (1959)
Par LE KINGBEE le 8 Janvier 2019          Consultée 401 fois

Avec HOWLIN’ WOLF, alias le Loup Hurlant, on a affaire à l’un des monstres sacrés du Blues. Si le nom de cet impressionnant colosse ne vous dit rien ou si le Blues n’est pas votre tasse de thé, le nom de Chester Arthur Burnett risque d’être plus parlant, il s’agit du véritable patronyme de cet harmoniciste chanteur, nom qu’on retrouve derrière de nombreux titres repris par de célèbres groupes de Rock et de Pop.

Revenons brièvement sur le parcours de figure majeure du Delta et du Chicago Blues. Issu d’une famille de métayers du Mississippi, Chester Arthur doit ses prénoms au 21ème Président des Etats-Unis, c’est que Gertrude Burnett ne rigole pas avec les traditions, la preuve elle renvoie ce rejeton qui refuse de se plier aux travaux des champs. Chester est donc confié à un oncle et maltraité jusqu’à plus soif. Il rencontre Charlie Patton dans une plantation et décide de se mettre à la guitare et au chant. Durant les thirties, il côtoie de nombreux bluesmen (Johnny Shines, Robert Nighthawk, Honeyboy Edwards et Rice Miller, le futur Sonny Boy Williamson, le petit ami de l’une de ses frangines et qui en profite pour lui donner des leçons d’harmonica espérant ainsi rentrer dans les bonnes grâces de la famille.
Après une coupure de quatre ans pour cause de Seconde Guerre et un premier mariage de courte durée, Howlin’ Wolf monte un premier orchestre comprenant entre autres le guitariste Pat Hare, Junior Parker. Le Loup connait alors un beau succès dans les bars clandestins, les bordels et les juke- joints de l’Arkansas et du Mississippi. Il se met bientôt à la guitare électrique et s’attire les bonnes grâces de la KWEM, une radio de Memphis.
Ses passages sur les ondes lui permettent de se faire remarquer par Sam Phillips qui l’enregistre en juillet 51 avec à la clef un 78 tours vendu à la firme Chess de Chicago. En 1953, Chester s’installe à Chicago définitivement, se marie durablement et s’imposer comme l’un des principaux bluesmen de la ville sous la houlette des frères Chess et de l’arrangeur, contrebassiste et auteur compositeur Willie DIXON. Ce monstre sacré qui n’hésitait pas à se rouler parterre avec son harmonica pour relever d’un coup sa masse imposante connait un énorme succès jusqu’au milieu des sixties. Les changements de modes et de tendances aussi bien musicales que sociales et politiques auront bientôt raison de cette bête de scène.

« Moanin’ In The Moonlight », qu’on pourrait traduire par hurlements au clair de lune, sort en 1959 et inaugure une belle liste d’albums d’exception pour la firme Chess. Ce premier album de Wolf s’intercale entre le « Bo Diddley » de Bo DIDDLEY, le « One Dozen Berrys » (Chuck BERRY) et le « Down Out And Blues » de Sonny Boy Williamson et le « House Of The Blues » de John Lee HOOKER, une sacrée liste qui laisse rêveur.
Si la pochette somme toute ordinaire avec un loup hurlant à la mort sous une lune est l’œuvre du photographe Don Bronstein, directeur artistique, responsable designer du label Chess et auteur de nombreuses couvertures pour le magazine Playboy, c’est la pochette dorsale qui interpelle. Les notes proviennent en effet de Paul Ackerman, grand manitou du Billboard et grand amateur de Rural Blues. Un coup de pouce rare de la part de l’éditeur.

Ce premier coup de maître qui fait aujourd’hui encore figure d’album dit de référence n’est en réalité qu’un faux semblant. Effectivement, aucun titre n’a été composé ni imaginé pour ce premier 33 tours mono du Loup. Chess nous recycle ici douze titres parus en singles, soit la totalité du contenu. Le disque s’ouvre avec les deux titres issus du premier single gravé en 51 à Memphis. « How Many More Years » permet d’entendre un tout jeune Ike TURNER, futur fondateur des Kings of Rhythm, à la guitare. A noter que le titre servira d’inspiration au « How Many More Times » de LEP ZEP. « Moanin’ At Midnight » met en place les fondations du futur répertoire du géant, harmonica saturé, chant habité et volontaire, une rythmique squelettique et un refrain devenant vite obsédant. Le disque saute une demi-décennie avec « Smokestack Lightnin’ », l’un des plus gros succès du Wolf qui donnera même son nom à un groupe américain de Garage Psyché. Repris dès le début des sixties par une kyrielle de formations britanniques (YARDBIRDS, ANIMALS jusqu’aux Groundhogs) le titre tombera également dans la besace de groupes américains (GRATEFUL DEAD, Electric Prunes, QUICKSILVER MESSENGER SERVICE, George THOROGOOD) mais la version de 56 restera pour de nombreux amateurs inégalée avec la guitare d’Hubert Sumlin et la contrebasse de Willie Dixon en contrepoint de l’harmonica. Ce standard dans lequel le Loup s’amuse à faire le loup s’articule sur une combinaison de plusieurs titres : « Crying At Daybreak » titre RPM du même Wolf, « Big Road Blues » de Tommy Johnson, « Stop And Listen Blues » des Mississippi Sheiks et enfin du « Moon Going Down » de Charley Patton (il y en a probablement d’autres).
Petit bond en arrière cette fois en 54 avec « Baby How Long » et « Evil », deux morceaux gravés à Chicago figurant sur le même single mais non regroupés sur le disque. Le chant puissant en impose encore une fois, bien relevé par les touches d’ivoires d’Otis SPANN et les guitares de Sumlin et Jody WILLIAMS. Autres titres de 54: « No Place To Go » avec une rythmique implacable pour un titre que reprendront FLEETWOOD MAC et THOROGOOD et le fameux « Forty Four » inspiré par le « 44 Blues de Roosevelt Sykes, le loup changeant les paroles et l’air quitte la Louisiane pour s’engouffrer dans les ghettos de Chicago. Chess incorpore un titre plus tardif avec « I asked For Water (She Gave Me Gasoline) », titre dans lequel Smokey Smothers ne parvient pas à faire oublier ni Sumlin ni Jody Williams. « I’m Leavin’ You » un shuffle typique au répertoire de Chester Burnett voit l’arrivée d’un nouvel orchestre et demeure le titre le plus récent du disque puisque enregistré en septembre 58.

Ce premier disque du Loup ne comporte que des perles, mais Chess aurait pu en éditer trois ou quatre de même valeur. S’il fallait retenir un titre, ce serait ici « Smokestack Lightnin’ » : « Ah oh, smokestack lightnin'-Shining just like gold-Why don't ya hear me cryin'? Whoo Hoo⃰ … ». Ce premier disque, réédité avec des pochettes différentes et des bonus, est un vrai coup de maitre. La suite à un autre épisode, si les traces du Loup n’ont pas été effacées par le vent ou la pluie.

⃰Vous l’aurez compris ou deviné le Whoo Hoo correspond au hurlement du loup, la marque de fabrique de Howlin’ Wolf.

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   LE KINGBEE

 
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- Howlin' Wolf (chant, harmonica)
- Willie Johnson (guitare 1-2-3-6-10-12)
- Hubert Sumlin (guitare 3-4-7-8-9-11)
- Jody Williams (guitare 4-7-9-11)
- Lee Cooper (guitare 5)
- Otis 'smokey' Smothers (guitare 10)
- Willie Dixon (contrebasse 3-4-5-7-10-11-12)
- Alfred Elkins (basse 9)
- Willie Steel (batterie 1-2-6)
- Earl Phillips (batterie 3-4-5-7-9-10-11-12)
- Sp Leary (batterie 8)
- Otis Spann (piano 4-5-7-10-11)
- Ike Turner (piano 1-2)
- Adolf Billy Duncan (saxophone 12)


1. Moanin' At Midnight
2. How Many More Years
3. Smokestack Lightnin'
4. Baby, How Long
5. No Place To Go
6. All Night Boogie
7. Evil
8. I'm Leavin' You
9. Moanin' For My Baby
10. I Asked For Water (she Gave Me Gasoline)
11. Forty-four
12. Somebody In My Home



             



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