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HOWLIN' WOLF - More Real Folk Blues (1967)
Par LE KINGBEE le 16 Juillet 2019          Consultée 155 fois

Nous sommes en 1967 et le label Chess décide de rentabiliser son catalogue en ressortant d’un placard douze faces gravées par Le Loup Hurlant. Eh oui, le phénomène n’est pas nouveau dans l’industrie du disque où il n’y a pas de mal à se faire du bien, sous entendu se faire du pognon avec pas grand-chose.

En 67, Chester Arthur Burnett alias Howlin’ Wolf a 57 ans et demeure toujours très actif sur les scènes Blues ou Folk du monde entier. Si le bonhomme avait impressionné par sa stature et son charisme pas mal de groupes anglais à l’orée des sixties (CREAM, STONES, YARDBIRDS) le gars est toujours sur la brèche. Beau-frère de Sonny Boy Williamson, le colosse est en fait devenu une attraction, le jeune public européen s’empresse à ses concerts comme il irait voir le fameux gorille blanc du zoo de Barcelone. Son nom apparaît sur tout un tas de compilations dédiées au Blues et si certains pensent qu’il est bon à ranger au rayon des vieilleries, le géant fait une apparition remarquée au Newport Festival 1966, et dans les tournées mondiales de l’American Folk Blues Festival, de quoi faire germer dans les têtes de certains producteurs du label de Chicago qu’il serait grand temps de ressortir un album. En 1967, Wolf n’avait enregistré qu’un seul et petit single au mois de juin avec « Pop It To Me » et « I Had A Dream », pas de quoi remplir le coffre fort de Chess Records. Aussi Chess décide de rééditer sept morceaux sortis en singles entre avril 1953 et janvier 56, le label agrémentant sa fouille de cinq inédits mis en boite entre février 52 et milieu 53. Ce qu’on appelle dans le langage populaire faire du neuf avec du vieux.

Rappelons sans trop de noirceur que si l’harmoniciste est revenu au premier plan grâce aux tournées de l’AFBF, il doit également un sacré coup de pouce à tous ses condisciples aussi zélés que blancs qui contribuèrent à le faire connaitre via des paquets de reprises bien juteuses (Stones, Cream, Yarbirds mais aussi les américains du Paul Butterfield, Canned Heat et Blues Project).

C’est donc à une petite nouveauté gravée en 1953 à Memphis que revient l’honneur d’entamer le recueil avec « Just My Kind ». Il s’agit là ni plus ni moins qu’une variante mélodique du « Rollin And Tumblin’ », création de Hambone Willie Newbern. S’ensuivent deux inédits « I’ve Got A Woman » aussi dramatique que mou du genou et « Work For Your Money » un mid tempo dont le titre pourrait aujourd’hui faire sourire jaune. Le revigorant « Neighbors » pourrait s’inscrire dans le domaine du Rockin’Blues, tandis que le viscéral « I’m The Wolf » permet à Ike Turner de faire ses gammes au piano.

Parmi les sept pistes ayant fait l’objet de singles, « I’ll Be Around » s’implante résolument dans une configuration Chicago Blues tendance mélo. Cette obscurité sera reprise en 2007 par les Texas Nortside Kings, groupe du regretté Nick Curran. « You Can’t Be Beat » bénéficie des solos de guitares d’Hubert Sumlin, alors que « You Gonna Wreck My Life » évoque par passage la trame mélodique de « Smokestack Lightning », grand succès du Loup. « I Love My Baby » reprend toutes les ficelles de l’Harmonica Chicago Blues, l’harmonica servant à augmenter la tension dramatique. « Rockin’ Daddy » nous permet de quitter les ghettos de Chicago pour rejoindre la West Coast, la guitare de Lee Cooper se livre un beau jump face aux ivoires d’Otis Spann. Si « Who Will Be Next » reste anecdotique, le disque s’achève avec « I Have A Little Girl », titre dans lequel les guitares de Jody WILLIAMS et Hubert Sumlin rivalisent d’intensité avec un beau duel à la clef.

Vous l’aurez compris à la lecture de ces lignes, ici on a parfois l’impression que Chess a voulu nous refourguer ses fonds de tiroirs avec des titres issus de singles loin de casser la baraque et des inédits qui auraient parfois mérité meilleur sort. Si on veut rester positif, on peut aussi se dire que cette galette a permis de découvrir cinq inédits et que le répertoire ancré dans le Chicago Blues fifties demeure pour le moins aussi cohérent que certaines productions contemporaines. Le charisme et la vitalisé de Wolf sont toutefois encore bien palpables. Un disque plus anecdotique que son prédécesseur et presque homonyme, preuve que chez Chess on ne s’est pas trop cassé le bonichon. Ah dernière chose qui aurait tendance à prouver que la France est toujours aussi peu réactive en matière de musique, Vogue a réédité sous un autre pressage mais avec une pochette identique le disque vingt ans après sa sortie. Sans doute ce que certains observateurs appellent « Etre à la page ». Note réelle 2,5.

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   LE KINGBEE

 
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- Howlin' Wolf (chant, harmonica)
- Willie Johnson (guitare 1-2-3-5-7-9)
- Hubert Sumlin (guitare 4-5-11-12)
- Jody Williams (guitare 4-11-12)
- Lee Cooper (guitare 6-8-10)
- Willie Dixon (contrebasse 4-5-6-8-10-11-12)
- Earl Phillips (batterie 4-5-6-8-10-11-12)
- Willie Steel (batterie 2-7-9)
- Otis Spann (piano 4-5-6-8-10)
- Lc Hubert (piano 2)
- Hosea Lee Kennard (piano 5)
- Ike Turner (piano 9)
- Henry Gray (piano 11-12)
- James Cotton (harmonica 2)


1. Just My Kind
2. I've Got A Woman
3. Work For Your Money
4. I'll Be Around
5. You Can't Be Beat
6. You Gonna Wreck My Life
7. I Love My Baby
8. Neighbors
9. I'm The Wolf
10. Rocking Daddy
11. Who Will Be Next?



             



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