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KRAUTROCK/POP PROGRESSIVE  |  STUDIO

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A.R. & MACHINES - Ar3 (1972)
Par WALTERSMOKE le 10 Juillet 2019          Consultée 134 fois

Parmi les choses les plus remarquables dans la musique des années 70, il y avait le fait que les groupes avaient tendance à battre le fer tant qu'il est chaud, à chercher à composer et publier au plus vite quitte à sortir 2 albums la même année par moments. Certes, d'aucuns diront que c'est la preuve par l'exemple que la créativité s'est étiolée au fil des années jusqu'à disparaître ; ce qui appelle à un autre débat, en fait. Mais là où je veux en venir, c'est qu'un avantage à publier fréquemment, c'est de pouvoir passer à autre chose quand on se rate. C'est là qu'intervient A.R. & MACHINES. Après un premier album fantastique (Die Grüne Reise, 1971), le projet krautrock du chanteur Achim Reichel s'est un peu pété les dents en voyant trop gros et trop céleste avec Echo en 1972, un double album aussi cosmique que pénible, bien que bourré de qualités. Il fallait donc corriger le tir, et ce fut chose faite quelques mois plus tard avec AR3. Enfin, pas tout à fait mais presque.

AR3, c'est en fait la conciliation des prétentions artistiques élevées de Reichel et d'une approche plus pop accessible. Non pas que A.R. & MACHINES soit devenu un groupe commercial, mais pour le néophyte ou celui qui aime sa musique sans prise de tête, la musique n'est ici ni trop folle, ni trop délirante et inutilement longue. En fait, soyons franc : on commence déjà à naviguer en dehors des mers du krautrock. En instillant l'agent pop dans son œuvre, Reichel offre en vérité une forme de pop progressive, qui parvient à être exigeante mais garde un œil sur son public. Ainsi, les chansons présentes ici (et interprétées en anglais malgré des titres allemands) sont dans l'ensemble attrayantes, prennent le temps de s'étirer et n'ont pas de refrain à proposer – sauf peut-être "Die Eigentümer der Welt". On pourra entre autres apprécier la plume de Frank Dostal, qui signe toutes les paroles tandis que Reichel s'occupe de la musique

Côté musique à proprement parler, justement, AR3 offre en fait ce qu'aurait dû être, à quelques vaches près, Echo. Soit un album plus calme et posé que Die Grüne Reise, avec ces guitares caractéristiques, ce don de faire hypnotique sans trop surcharger l'espace sonore, mais sur des formats bien plus court – le morceau le plus long dure ici 7 minutes et quelques. Sans en être forcément le digne héritier, AR3 a le mérite d'asseoir un son Achim Reichel, qui fait office de socle pour des développements intéressants, qu'ils soient pop ou progressifs. Après, dans les faits, est-ce franchement réussi ? En soi, mouais : on y revient sans trop de problèmes, mais c'est un peu comme ce pote qu'on apprécie plus que pas mal, avec qui on peut discuter le temps d'une réunion d'anciens de promotion mais sans plus sous peine de tourner en rond et de s'emmerder sévère. On ne demande pas non plus le grand frisson à chaque fois, mais il faut reconnaître que ce n'est pas suffisant, surtout quand on regarde la concurrence krautrock en cette même année 1972.

En clair, AR3 est donc un meilleur album qu'Echo, et la vraie étape numéro 2 des aventures krautrock d'Achim Reichel. Une inventivité originale et l'héritage du passé pop (rappelons que Reichel menait les Rattles dans les années 60) ont vite fait de faire de cet album mineur, qu'on le veuille ou non, une pierre solide. C'est juste dommage de s'arrêter à là, et de ne pas creuser encore plus loin que le redoutable "Tarzans Abenteuer im Sommerschlussverkauf" (respire), l'un des temps forts de l'album. Mais l'aventure n'est pas encore finie.

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- Achim Reichel (guitares, basse, chant, percussions)
- Helmut Franke (guitares)
- Okko Bekker (tabla, sitar, percussions)
- Lemmy Lembrecht (batterie, percussions)
- Manfred Rürup (claviers)
- Rolf Köhler (basse sur 2)
- Jochen Petersen (saxophone sur 2 et 8)
- Thomas Kuckuck (effets sonores sur 3)
- Karlgeorg Steffan (basse sur 5)
- Dicky Tarrach (batterie sur 5)
- Peter Hecht (orgue sur 5)


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