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A.R. & MACHINES - Echo (1972)
Par WALTERSMOKE le 11 Février 2019          Consultée 74 fois

Je déteste les groupes qui sortent un disque grandiose en guise de premier album. Cela veut dire la plupart du temps que lesdits groupes ont grillé une bonne partie voire toutes leurs cartouches d'entrée de jeu, et que le reste de la discographie, s'il y en a un, sera au mieux bien mais pas aussi sensationnel et laissera toujours un léger arrière-goût. Ce qui ne veut pas dire qu'il faudrait impérativement s'en tenir au premier album Par exemple, UFO de GURU GURU est une tuerie, mais le reste de la discographie du groupe reste fortement recommandable, notamment dans les années 70 et 90. Même si pas aussi bon que l'album séminal.

Quant à A.R. & MACHINES par contre... Osons le dire : Die Grüne Reise, sorti par le quasi one-man-band formé par Achim Reichel, n'est pas seulement l'un des plus grands disques krautrock de 1971, c'est aussi une véritable bombe à déflagration du genre. Un véritable trip halluciné de 41 minutes dont on ne ressort pas indemne. Un peu comme le premier BRAINTICKET, mais en plus fou. Alors forcément, quand on passe à l'album suivant, Echo (1972), on ne peut que trépigner d'impatience et s'imaginer un album du même tonneau. Et bien pas du tout. Mais alors, on est tellement loin du compte qu'on devrait comparer l'écart entre les deux albums avec la distance Terre-Lune. Bon, j'exagère un tantinet, mais tout de même, quelle déception !

Quelques signes avant-coureurs auraient dû alerter. Déjà, le choix du format double. Même un trip musical déjanté ne peut espérer vivre au-delà de 40-45 minutes. Et quiconque cite Tago Mago en contre-exemple devrait se souvenir qu'une exception reste très rare. Ensuite, Echo est une série de longues plages tournant autour de concepts généralistes sur le temps et l'espace, avec ce que ça comporte de mystique, d'ésotérique... les amateurs du genre peuvent se lécher les babines, mais sur le plan musical stricto sensu, cela se rapproche dangereusement d'un genre alors embryonnaire, le new-age. Et Dieu sait que le new-age est médiocre. Mais sait-on jamais, on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise.

Huitante minutes plus tard, le résultat est sans appel : Echo est un album qui laisse une impression assez désagréable. L'album n'est pas nul, ce qui est déjà ça de gagné. Il n'est pas non plus flamboyant, ce dont on se doutait. Comme prévu, le format double disque ne marche pas, et le disque 2 est là pour le confirmer. "Das Echo der Zukunft" permet certes de tenir la filiation avec Die Grüne Reise, mais on a surtout l'impression d'en entendre une version longue et dépourvue de la puissance brute et spéciale de l'opus précédent. Quant à "Das Echo der Vergangenheit", on se demande où Achim Reichel va, tant le morceau a l'air d'être un collage divers sans cohérence ni liant. On peut toujours broder sur les choeurs symbolisant l'homme préhistorique ou les arrangements orchestraux dans le dernier tiers pour représenter l'histoire de l'Homme dans le temps (le titre du morceau se traduisant par « l'écho du passé »), mais ça fait plus surinterprêtation qu'autre chose.

Fatalement, le meilleur de Echo se trouve sur le premier disque, mais cela ne veut pas dire que le génie est à nouveau atteint, ou même plus humblement que la bonne musique y prédomine. "Das Echo der Zeit" se bâtit sur des fondations progressives des plus solides, et ne se fait pas prier pour délivrer quelques petites choses sympa, comme la guitare en milieu de morceau, les rythmiques pertinentes... il serait impertinent de parler d'un mauvais album par un mauvais musicien, franchement. "Einladung" aurait fait pour sa part une excellente intro, mais il dure deux fois trop longtemps, et se perd en première partie dans une logorrhée ambient pénible. Oui, dit comme ça, c'est du post-rock.

Alors, Echo, bon album ou pas bon album ? Comparé à Die Grüne Reise, la sentence est irrévocable. Mais même sans ce premier album en guise de douloureux poids, Echo reste un album qui aurait mérité un sérieux élagage, et ce d'autant plus que le dynamisme et la fureur rock sont maîtrisés et débouchent sur des passages vraiment bons. Fort heureusement, ce sera le dernier album de ce type de la part de Reichel.

PS : un certain "Klaus Schulz" est crédité aux choeurs ici. Mais non, il ne s'agit pas de Klaus SCHULZE mais d'un homonyme. Je précise au cas où

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   WALTERSMOKE

 
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- Achim Reichel (chant, effets sonores)
- Helmuth Franke (guitare)
- Dicky Tarrach (batterie)
- Lemmy Lembrecht (batterie, percussions)
- Hans Lampe (percussions)
- Kalle Trapp (percussions)
- Rolf Köhler (percussions)
- Frank Dostal (effets sonores)
- Pete Becker (effets sonores)
- Nobert Jacobsen (clarinette, voix)
- Jochen Petersen (saxophones)
- Arthur C. Carsten (guimbarde)
- Peter Hecht (arrangements orchestraux)
- Conny Plank (voix)
- Klaus Schulz (voix)
- Matti Klatt (voix)


1. Einladung
2. Das Echo Der Gegenwart
3. Das Echo Der Zeit

1. Das Echo Der Zukunft
2. Das Echo Der Vergangenheit



             



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