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DARK WAVE  |  STUDIO

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DRAB MAJESTY - Modern Mirror (2019)
Par RICHARD le 19 Septembre 2019          Consultée 455 fois

Les voyages forment la jeunesse comme disait l'autre et demeurent également de formidables sources d'inspirations artistiques. C'est en effet suite à un simple concert donné à Athènes en 2017 que DRAB MAJESTY a décidé de se pencher de façon plutôt inattendue sur les mythes grecs et leur réinterprétation. Deb DeMure et Mona D ont donc jeté leur dévolu sur le précurseur des tutos beauté et des selfies, j'ai nommé NARCISSE. Le duo originaire de Los Angeles sera accompagné dans sa réflexion et cette relecture par le guide tout terrain OVIDE. Comme quoi, ces martiens américains affublés de perruque loufoque, de lunettes de soleil estampillées modèle Général JARUZELSKI ont aussi des Lettres. Les deux compères ont incontestablement donné un nouveau souffle au courant dark wave. Le duo a vraiment tout pour plaire. Et il plaît ! Evidemment, il est depuis attendu vivement au tournant. Alors, miroir, mon beau miroir.

Dans la sphère sombre, DRAB MAJESTY possède donc un fort capital sympathie. A travers ces mélodies en béton qui allient spleen et rythme, ce look tout de suite identifiable (et pour cause) et ces tournées incessantes, le duo s'est rapidement imposé dans une sphère un peu moribonde. Même s'ils ne sont pas les seuls, les Américains préservent donc avec une grande attention la fragile et vacillante flamme des univers sombres. Héritiers entre autres de CLAN OF XYMOX, CURE, ils ne se présentent pas en gardiens sectaires du temple gothique au sens le plus large mais bien plus volontiers comme de simples passeurs d'émotions. Dépoussiérer un mythe, c'est une chose. Ne pas se prendre les pieds dans le tapis, c'en est une autre. Passer de l'amour de soi antique à celui des années 2020 via les nouvelles technologies, sur le papier à musique, c'est plutôt risqué. Alors, ce NARCISSE ?

Que les fans de la première heure ou j'espère les curieuses et curieux se rassurent. DeMure a le plus souvent gardé intact cette capacité à développer des ambiances à la fois dansantes et tristes. Une preuve ? Le hit ultime qui sera assurément joué dans vingt ans dans les soirées chauves-souris pour vieux goths quelque peu déplumés, voire chauves. "The Other Side" est sans conteste Le morceau de Modern Mirror. Impossible de rester statique à l'écoute de cette débauche de claviers et de guitares cristallines. Les trente dernières secondes sont de toute beauté. C'est bien encore une fois l'ombre des Néerlandais de CLAN OF XYMOX qui plane sur ces six minutes de plaisir. Les Américains remettent le couvert avec le dansant et direct "Ellipsis" qui apparaît sous des atours quasiment pop. Si cette fois-ci DRAB MAJESTY ne fait pas dans la douloureuse introspection de "The Other Side" avec son hypothétique "When Your Find Yourself" il met en lumière la paradoxale difficulté de communiquer alors que nous n'avons jamais eu autant de moyens pour essayer d' y parvenir. C'est bien ici que le duo dénote par son approche atypique des grands thèmes sombres. Le morceau d'ouverture "A Dialogue" sous fond de puissante réverbération répète quant à lui à l'envie "Don't Say You Love" comme un mantra qui plante le décor. Que ce soit aujourd'hui ou il y a plus de deux mille ans avec OVIDE, le désir, la quête de soi ou la mort sont toujours présents. En toge ou en perfecto cintré d'ailleurs.

Avec ces trois premiers morceaux, on se dit que l'on tient sans doute l'un des disques sombres de l'année. Eh ben non mon brave Môssieur ! Malheureusement, sur la longueur, la sensation est quelque peu différente.Ce n'est pas de la déception, enfin si, quand même un peu. C'est juste que cette fois-ci l'adhésion n'est pas totale. Le classiquement cold "Oxytocin" avec Mona D au chant (petite nouveauté) fait indéniablement encore illusion et la belle structure hypnotique de "Long Division" fonctionne parfaitement, mais,il y a un mais. Je n'avais pas avec Careless (2015) et The Demonstration (2017) cette légère sensation d'ennui qui ne disparaît même pas après plusieurs écoutes. Ce sentiment désagréable vient peut-être du fait que cette fois-ci DRAB MAJESTY a plus misé sur l'électronique pure ce qui donne à certains titres ce caractère un brin monotone. Pourtant cette électronique spleenesque, je l'aime plutôt bien en général. Voyez les cultes NEW ORDER ou les Italiens par trop méconnus de THE FROZEN AUTUMN par exemple. L'Homme et la Machine, parfois ça donne de belles choses. Un cœur électronique, ça palpite aussi. Mais là, sur deux ou trois morceaux, le courant ne passe définitivement pas. La palme revient sans conteste aux pénibles «"Noise Of The Void" et "Dolls In The Dark" qui n'apportent rien de vraiment stimulant dans les catacombes si ce n'est de constater que parfois le temps ne passe pas du tout vite. C'est long, on espère fébrilement et en définitive, il n'y a rien. Heureusement, même si la galette est parfois un peu mi-figue mi-raisin de Corinthe, le prenant "Out Of Sequence" conclut de la plus belle des manières cet album tant attendu dans cette sphère si discrète.

DRAB MAJESTY à travers ce miroir nous dit de nouveau de belles choses. Il nous renvoie à une dark wave des plus agréables même si de-ci de-là apparaissent de légères fissures qui devront dans le futur être rapidement colmatées sous peine d'ennui. On n'en tombera sans doute pas éperdument amoureux mais il a néanmoins de quoi séduire.

Note réelle : 3,5

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   RICHARD

 
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- Deb Demure (chant,guitare,claviers,programmations)
- Mona D (chant,claviers)


1. A Dialogue
2. The Other Side
3. Ellipsis
4. Noise Of The Void
5. Dolls In The Dark
6. Oxytocin
7. Long Division
8. Out Of Sequence



             



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