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LUAR NA LUBRE - Cabo Do Mundo (1999)
Par MARCO STIVELL le 28 Avril 2020          Consultée 111 fois

Cabo do Mundo est le premier disque de LUAR NA LUBRE que j'ai écouté, grâce à la pochette. Encore à présent, il demeure parmi leurs plus beaux albums et, sans parler de chef d'oeuvre, c'est un très bel exemple de musique galicienne "qui se donne les moyens", idéal pour découvrir.

Les invités affluent comme jamais autour du septette. On note par exemple, sur "Nau" et le medley final "De Ruada/A Herba de Namorar", la présence de FALTRIQUEIRA, groupe vocal féminin ayant sorti deux albums par la suite. C'est l'occasion pour LUAR NA LUBRE de diversifier son horizon finistérien, de développer les arrangements personnels de musiques au croisement du Portugal et de l'Espagne ; pour Rosa Cedrón (qui revient de la tournée Tubular Bells III de Mike OLDFIELD) d'ornementer son chant davantage, comme sur "Nau".

Les rythmes et instruments celtiques sont toujours prépondérants, du bodhrán de Patxi Bermúdez à la harpe de Fernando Largo (invité sur "Devanceiros"). "O Trebon", bien que reposant sur les cordes du couple Cedrón, n'en est pas moins une suite reel de haute volée. La jig "Raqueiros" composée par Bieito Romero met en toute logique la gaïta en avant, rejointe ensuite par la flûte de Xan Cerqueiro ainsi qu'un duo endiablé avec les uilleann pipes du V.I.P. Eric Rigler. Le même qu'on entend à l'époque sur les bandes originales des films Rob Roy, Braveheart, Titanic...

LUAR NA LUBRE est toujours dans sa grande période, tient à confirmer le succès de Plenilunio (1997), et cela s'entend. Les morceaux sont plus longs de façon régulière, atteignant les six minutes, ou alors plus "fleuves", simplement, à l'image de "Canteixeire" qui commence telle une danse galante, comme un appel "souple" de l'accordéon sur tapis de percussions et fort joli avant de changer.

"Heicho de Dar" aussi, débutant comme sa grande soeur "Devanceiros" sous forme de ballade avec effets planants conduits par Rosa Cedrón. À la différence qu'elle possède une seconde partie, d'autant plus surprenante avec guimbarde et clarinette ! Et puis il y a "Grunia Maris" qui débute le disque avec ce qu'il faut pour démontrer la beauté et l'amplitude du son, avec cette intro orientale en douceur, suivie d'un air irlandais lumineux. Accordéon, flûtes, guitare et bouzouki nous prennent par la main comme l'ont fait la chanteuse et le violon quelques instants plus tôt...

Ce voyage offert par Cabo do Mundo est riche, autant que celui de Plenilunio, long certes (une heure en tout), mais plein de charmes, notamment grâce aux ballades, à la présence de Rosa Cedrón sur des titres pensés autrement. Ses vocalises et fredonnements, simples soupirs même, font merveille sur "Sereas", la fin de "Cantiga de Berce", l'intro de "Grunia Maris"... Grande valeur ajoutée encore : les claviers de Fernando Villar, en nappes majestueuses déjà croisées sur l'album précédent, sont employées plus d'un morceau sur deux !

Certains trouveront à redire concernant l'énième reprise de "Scarborough Fair" (ici "Romeiro ao Lonxe"), tube de SIMON & GARFUNKEL lui-même adapté d'un traditionnel britannique. Elle est pourtant fort agréable, la chanteuse usant du canon afin de renforcer la couleur féérique, et l'hommage au Cabo do Mundo (éperon herbeux de terre sur la Ribeira Sacra, la Rivière Sacrée près de Lugo en Galice), soit un paysage enchanteur, n'est qu'un juste retour des choses !

"Devanceiros" est une ballade lumineuse, alternance de couplets oniriques chant-claviers et variations instrumentales jouées par la harpe avec le reste du groupe, finissant par un des nombreux arpèges splendides de Daniel Sisto. Cependant (et pourtant !), il est difficile de ressentir autant de frissons que sur "Chove en Santiago", single premier de l'album qui donne lieu à un clip et un nouveau tube pour LUAR NA LUBRE. C'est un emprunt à Alberto GAMBINO, guitariste argentin qui, avec sa compagne Claudina, adaptait Georges BRASSENS en espagnol dans les années 70, et qui ont consacré un disque aux poèmes de Federico García Lorca, dont ce titre-là.

La voix de Rosa Cedrón chante mieux que jamais, toute en finesse, épousant une mélodie triste en mineur susceptible de vous hanter à jamais (je peux témoigner), suivie de près par l'arpège acoustique, la vielle à roue de Bieito Romeiro. Ah, c'est tellement beau, digne des plus grands airs gaéliques mais avec l'esprit nuit médiévale sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle ! Et ce final qui reprend l'intro des violons, mais à la guitare ; et ces cloches, et ce lit de synthés allant se perdre sur l'océan... "Chove en Santiago" est un exemple parfait de ballade ibéro-celtique, et des arrangements très travaillés d'un LUAR NA LUBRE à son sommet.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Rosa Cedrón (chant, violoncelle)
- Xavier Cedrón (violon)
- Daniel Sisto (guitare acoustique)
- Xulio Varela (bouzouki, percussions)
- Patxi Bermúdez (bodhrán, tamboril)
- Xan Cerqueiro (flûtes)
- Bieito Romero (gaïtas, accordéon, vielle à roue)
- Fernando Villar (claviers, timbales)
- Eric Rigler (uilleann pipes)
- Elías García (bouzouki)
- Marcos Represas (clarinette)
- Fernando Largo (harpe celtique)
- Xavier Ferreiro (percussions, effets)
- Enrique Sequero (choeurs)
- Faltriqueira (chant, choeurs)


1. Grunia Maris
2. Chove En Santiago
3. Raqueiros
4. Devanceiros
5. Nau
6. Romeiro Ao Lonxe (scarborough Fair)
7. Canteixeire
8. Cantiga De Berce
9. O Trebon
10. Sereas
11. Heicho De Dar
12. De Ruada/a Herba De Namorar



             



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