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LUAR NA LUBRE - O Son Do Ar (1988)
Par MARCO STIVELL le 28 Janvier 2020          Consultée 208 fois

LUAR NA LUBRE, totalement à contre-courant de son époque, parvient à s'imposer dès la seconde moitié des années 80 comme l'un des groupes majeurs en Espagne et en musique celtique.

Pensez un peu, un septette venu de Galice, pour être précis de A Coruña ou La Corogne en français, ville située au point nord-ouest de la péninsule ibérique, leur Finistère à eux, au-dessus des autres centres principaux formant une route littorale que sont Saint-Jacques-de-Compostelle, Pontevedra et enfin Vigo, dernière limite avant le Portugal. Un axe double, avec une première particularité qui émane du rapprochement géographique (donc culturel) entre ce dernier pays et l'Espagne. Contrairement au castillan, le galego, langage galicien, emploie beaucoup le "x", à l'instar du valencien (pourtant sur la côté opposée, méditerranéenne), et donc, le portugais.

La deuxième particularité, sur un axe plutôt vertical cette fois, c'est la proximité culturelle avec les autres pays celtes. Tout comme sa voisine province, les Asturies (qui donneront naissance à un autre nom majeur, peu de temps après : HEVIA), la Galice en musique propose ce mélange délicieux et unique d'influences ibères et de sonorités nordiques. À croire que la géographie joue toujours, cette position ouest et "fin de terre", comme la Bretagne, la Cornouailles, le Pays de Galles, l'Irlande... Cela paraît toujours incroyable, mais lorsqu'on écoute LUAR NA LUBRE, groupe-chef de file d'un tel mouvement dans son pays, bien avant Carlos NUÑEZ, c'est tout ce qu'il y a de plus naturel !

Constitué de sept personnes donc, le groupe de La Corogne s'est formé en 1986 et enregistre, à La Corogne toujours, dans les studios Aula Taller, ce qui va constituer son premier album, O Son do Ar (1988). La moitié des morceaux proposés vient du répertoire traditionnel galicien, l'autre est majoritairement composée par Bieito Romero, gaitero (joueur de gaïta, la cornemuse galicienne) et accordéoniste, membre le plus influent pour cet aspect et encore présent au sein du groupe de nos jours, tout comme le flûtiste Xan Cerqueiro et le percussionniste Patxi Bermúdez.

À l'inverse, le bassiste Roberto Douro ne reste que le temps de ce premier album, qu'il dynamise grandement d'ailleurs. "O Berce do Sol" où il utilise la wah-wah, la célébrissime "Morrison's Jig" ou encore "Luar Na Lubre" (expression qui serait à la fois relative à la lumière de la lune et à une forêt druidique légendaire) sont autant de danses endiablées où le son, à grand renfort de basse, d'instruments à vent celtiques et guitares acoustiques, fait furieusement penser à une version méridionale de CAPERCAILLIE. D'ailleurs, LUAR NA LUBRE affirme également déjà une identité féminine avec Ana Espinosa au chant, mais quand même beaucoup moins que chez les Ecossais. Il n'y a que très peu de chansons sur ce premier album.

Xulio Varela forme un écho masculin à Ana Espinosa au micro, dès le premier titre qui est un medley passionnant et pour le coup écrit par Romero. Les accords sont lumineux, les rythmes de jig gaélique se mélangent avec les castagnettes et pas de danses ibéres. C'est excellent, réjouissant, tout comme le hornpipe "à la galicienne" du morceau "Luar na Lubre", une évocation de Bretagne en plus syncopée sur "O Mouro", où les gaïtas de Cerqueiro et Romero se répondent... Un beau point pour "Danza de Paus" avec ses appuis sur les trois premiers temps (caractéristique de l'an dro mais aussi du sud de l'Europe) et la présence de claviers en fond. Egalement pour le splendide "A Frol da Lauga" où le chant d'Espinosa survole la guitare en trémolos...

Néanmoins, dans cette première livraison solide, le morceau de choix d'appelle "O Son do Ar" ("la chanson du soleil"), composition instrumentale de Bieito Romero. Sur un tempo valsé lent, Ana Espinosa joue à l'orgue un air magnifique, à la fois simple et d'une profondeur incroyable, envoûtante. La guitare ensuite, puis la flûte et la mandoline reprennent ce thème, avant que le titre, long de sept minutes, n'évolue vers des danses de plus en plus vives, notamment un final pour gaïta très enlevé. Il faut savoir que c'est un tube, exemple criant d'une affirmation galicienne en tant que pays celte, d'une musique à dominante acoustique en pleines années 80 qui permettaient difficilement un tel succès. Reste une mélodie magique, que Mike OLDFIELD a adoré et repris plus tard ("The Song of the Sun", album Voyager, 1996), avant d'engager la deuxième chanteuse historique de LUAR NA LUBRE, Rosa Cedrón, sur sa tournée Tubular Bells III en 98.

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   MARCO STIVELL

 
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- Bieito Romero (gaïtas, tin whistle, accordéon, punteiro)
- Daniel Cerqueiro (guitare acoustique)
- Xulio Varela (bodhrán, percussions, gaïta, chant)
- Roberto Douro (basse, mandoline)
- Xan Cerqueiro (flûtes, gaïta, punteiro)
- Patxi Bermúdez (tamboril, pandeiro, bodhrán)
- Ana Espinosa (chant, claviers)


1. Muiñeira De Niñodaguia / Chasearrasehas
2. Danza De Paus
3. Gaivota
4. Luar Na Lubre
5. O Son Do Ar
6. O Berce Do Sol
7. A Frol Da Iauga
8. Morrison's Jig
9. O Mouro



             



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