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AURA SHRED - Before The Next Wave (2019)
Par CHIPSTOUILLE le 20 Mai 2020          Consultée 472 fois

Sur le papier, la synthwave était gorgée de promesses. Dans la pratique, elle en a tenu quelques-unes, et plus encore ("Turbo Killer", miam miam). On est cependant rentré bredouille plus d’une fois de nos pérégrinations sur le réseau. La quête du tube électro à ligne mélodique sucrée, dépassant le mur de son, les potards à fond les ballons, s’est avérée à maintes reprises un cul-de-sac. Constater alors qu’un artiste tel qu’AURA SHRED, qui coche toutes les cases et plus encore - mais pas celles de la synthwave - ne parvient pas à percer s’avère d’autant plus frustrant. Sans s’inscrire dans le délire nostalgique hyper-80ies de cette décennie 2010, AURA SHRED poursuit dans l’idée. Brassant les codes clés du moment : Electro, beat, saturations, mélodies et surproduction, tout est là. Mais vous ne trouverez ici ni Lamborghini, ni quadrillage blanc sur fond noir façon jaquette de Megadrive, et encore moins néons bleu/rose.

Si AURA SHRED a bien quelques velléités 80ies côté Cold Wave, elle brasse tout ça dans un florilège d’influences Techno, Trance, Indus, Ambient ou Metal extrême (1), plus étiquetés 90ies au demeurant. VITALIC, vous disait la chronique de son E.P en 2 versions, est l’une des influences principales du monsieur. Ça n’a jamais été aussi vrai que sur ce Before The Next Wave, premier album d’AURA SHRED qu’on attendait de pied ferme. Au moins prêt depuis fin juin 2019, l’album n’est finalement sorti qu’en décembre après une flopée de singles tous réussis.

"Hell is a mirror" et ses chromatismes en contre-temps, ses envolées surproduites et son chant dédaigneux est une parfaite entrée en matière. "Hard Raped Nation" et sa violence sexuelle à la NINE INCH NAILS nous plaquait au sol. Enfin, surtout, "Stellar Driver", encore un pied dans l’ambiance apocalyptique de l’E.P, mais dotée d’envolées acidulées irrésistibles, s’avère être l’une des deux plus grandes réussites de cet album. Bien que la seconde partie du disque n'offre point de single, AURA SHRED ne faiblit pas. "Dead Senator" et sa basse trafiquée, par exemple, répond de plus belle à l’agressivité de "Hard Raped Nation". C’est "People from the Dark Hill" qui vient, une nouvelle fois, ravir tous les suffrages et faucher l’auditeur en tirant le niveau vers le haut. Ses chromatismes typés Trance Psychédélique ultra-mélodiques se poursuivent dans un délire saturé et « glitché » du plus bel effet.

Avouons cependant que la première découverte de l’album, suite aux excellents singles, avait quelque peu douché notre enthousiasme. Si Before the next Wave ne culmine certes pas au niveau de vélocité atteint par Hellface, il compense largement par la maturité atteinte ici. La faute, la seule véritable, incombe à deux titres ralentissant sévèrement la cadence, enchaînés juste après le combo de tueries que nous évoquions au précédent paragraphe. "1er Novembre" est une longue nappe déformée subissant les cliquetis d’un rouage à contre-temps. Cette contemplation passive sied mieux à l’orgasme provoqué par "Stellar Driver" que "No Season Then" avec qui elle s’enchaine. Cette balade pop floydienne où l’on ne peut s’empêcher d’entendre POLNAREFF (2) ne nous rapproche pas plus du début d’album rentre-dedans et ultra-prometteur. Chacun, dans son genre respectif, est excellent. Malgré tout, l’enchaînement est des plus désarçonnants.

Notons que la sortie d’album, "Abyss of Desolation", prend également le parti pris de la respiration. Elle fait la part belle à la guitare, sur une mélodie aux arpèges angoissants, digne des meilleurs passages du genre sur tout excellent album de Death Metal qui se doit (3). Pas de double faute ici, "People from the Dark Hill" mérite son repos.

Malgré le fait qu’il trébuche sur une bête faute d’enchaînement, Before the next wave a ce méchant goût de reviens-y. Il s’immisce dans l’intimité de nos conduits auditifs de manière très pernicieuse. Fruit défendu, imparfait, et pourtant si tentant. Propice à aller chercher ses influences au-delà des 80ies, AURA SHRED a même, probablement, un temps d’avance sur la tendance à venir, « avant la prochaine vague ». Il serait temps, 4 ans après son premier E.P, que l’artiste accède à la reconnaissance qu’il mérite. Si nous avons, nous aussi, pris notre temps pour vous en parler, c’est que la première impression en demi-teinte que nous avait laissée la découverte de l’album ne nous paraissait pas juste. D’écoute en écoutes, au fil de l’année, de plus en plus aguicheuses, Before The Next Wave est passé de légère déception à défouloir 2019, puis bande son obsédante de 2020 pour finalement aller se loger dans les meilleurs albums électro de tous les temps. Oui, là-bas, aux côtés des Cross de JUSTICE, OK Cowboy de VITALIC et Outrun de KAVINSKY.

(1) Hervé, AKA « The Priest » est également le bassiste du groupe PORN (entre autres).
(2) cf la fin de "Perennial Quest" de DEATH, pour un des meilleurs exemples du genre, ou "Voice of Soul", ou… Enfin vous voyez.
(3) C’est probablement chez Dave Gahan qu’il faut aller chercher la référence.

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- Hervé


1. Hell Is A Mirror
2. Succubus Trap
3. Hard Raped Nation
4. Stellar Driver
5. 1er Novembre
6. No Season Then
7. Finally Free
8. Dead Senator
9. People From The Dark Hill
10. Abyss Of Desolation



             



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