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BONEY M - Take The Heat Off Me (1976)
Par LE KINGBEE le 19 Octobre 2020          Consultée 779 fois

Impossible d’aborder cette galette sans évoquer le phénomène Disco. En 1975, Van McCoy enregistre Disco Baby, un album destiné à la danse. Producteur/compositeur, notre bonhomme est un honnête vétéran des studios américains, il a bossé avec les Shirelles, Barbara Lewis, les Stylistics ou Gladys Knight & The Pips. Parmi les dix titres du disque, figure "The Hustle", un titre rythmé quasi instrumental, clin d’œil à une danse alors en vogue à New-York. Contre toute attente, le morceau investit les classements, devenant Number One en juillet 75.
Au même moment, Neil Bogart, grand manitou du label Casablanca, organise une fiesta dans sa propriété hollywoodienne. Pour divertir toute la Jet Set qui se trémousse autour de sa piscine, Bogart passe "Love to Love You Baby" de Donna SUMMER que le producteur Giorgio MORODER vient de lui expédier. Bogart, voyant que ses invités ne cessent de danser sur la chanson qui passe en boucle, est persuadé de détenir quelque chose. Il passe une commande à MORODER pour une version allongée d’environ 17 minutes. Les gémissements de la chanteuse simulant une vingtaine d’orgasmes (rien que ça) vont conquérir le public dès le mois de décembre. En moins d’un an, la vague Disco, telle une déferlante, inonde l’Industrie du Disque, les ondes et également les immenses discothèques qui se montent sur la planète. Le phénomène connaît une seconde vague avec la sortie du film "Saturday Night Fever", un véritable catalyseur dont la bande-son devient la plus vendue de l’histoire du 33-tours (le disque est détrôné par Michael JACKSON).

Si la vague Disco met au rebus bon nombre de soulmen et de bluesmen, certains parviennent à tirer les marrons du feu : Barbara STREISAND se refait une seconde jeunesse avec l’aide de Barry Gibb ; Olivia Newton-John, une blonde anglaise de culture australienne, dispute les premières places des charts à Gloria GAYNOR. Une foule de groupes et de chanteuses émergent, profitant de la vague comme d’un tremplin : Thelma Houston, KOOL Of The GANG, CHIC, The COMMODORES, KC & The SUNSHINE BAND.

L’Europe n'est pas épargnée par cette mouvance. Le succès de Giorgio MORODER, longtemps installé à Munich, via Donna SUMMER donne des idées à d’autres producteurs européens. En Allemagne, le Disco pointe son bout du nez avec The Munich Machine ou Silver Convention. Frank Farian, un ancien cuistot à l’égo démesuré, fonde BONEY M, dont le nom est tiré d’une série policière australienne, le M étant ajouté pour faire plus fun. Groupe ad hoc très visuel BONEY M connaît un succès inattendu avec le single "Baby Do You Wanna Bump". Enregistré avec trois choristes jamaïcaines et l’antillais Bobby Farrell, le morceau incite l’Allemand à revoir sa copie. Il habille les membres de combinaisons spatiales argentées avec des ailes, surfant entre le lascif et le parodique. Complètement barré avec sa voix de fausset, Farian double à l’occasion certains chœurs féminins. La plupart des titres sera chanté par Farian, le bon Bobby Farrell⃰ se contentant d’un rôle d’acteur sur les clips et représentations en discothèque. BONEY M (sans Frank Farian) se produit au Paradis Garage, mais c’est le single "Daddy Cool" qui consacre la formation sur la planète entière.

Groupe formé de toute pièce, à l’instar du futur VILLAGE PEOPLE, BONEY M commet un carton dès son premier disque. Enregistré à Munich à la va-vite avec l’apport de sessionmen anglais, allemands et islandais, l’album s’ouvre avec "Daddy Cool". On pourra au passage apprécier la portée intellectuelle des paroles. Il ne se passe pas un mariage, une soirée d’anniversaire sans que le titre ne passe une fois. Aujourd’hui encore, il n’y a pas une journée sans que le titre ne passe à la radio : "She's Crazy Like a Fool - Wild about Daddy Cool". Bourré d’effets et d’électronique, le titre se transforme en carton, le single grimpant sur la première marche des hit-parades européens. "Take The Heat Off Me", titre donnant son nom à l’album, annonce clairement le répertoire amorcé par Frank Farian. Le titre sera repris par Marcia Barrett dans une version rallongée destinée au marché du maxi 45-tours. et des discothèques.
Même topo avec "Baby Do You Wanna Bump" un quasi instrumental agrémenté de quelques chœurs et de logorrhées de Farian et d’une légère coloration censée évoquer les Caraïbes. Deux créations de Farian viennent enrichir l’album : "Got A Man On My Mind" oscille entre mauvais Reggae, watusi et shimmy alors qu’en fermeture "Lovin’ Or Leavin’" fait presque figure de parodie du Munich Disco.

Trois grosses reprises viennent grossir l’album. Farian et ses chanteurs spationautes massacrent allègrement le "Fever" enregistré pour la première fois par Little Willie John et popularisé deux ans plus tard par Peggy LEE dans une version aussi groovy qu’entêtante. Que les choses soient claires, le morceau repris environ près de 500 fois a connu quelques erreurs de trajectoire, mais Boney M signe ici une vraie sortie de route, le titre peine à faire danser et perd toute son essence. Grand succès de Bobby Hebb au milieu des sixties, "Sunny" a connu lui aussi son lot de covers. Si on reste attaché à la version originale qui permettra à son auteur de faire une tournée avec les BEATLES, certaines reprises méritent le détour (Della Reese, Wilson PICKETT, Sam Baker). La version s’oriente vers l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide, le groupe ne s’en tire pas trop mal dans une version dansante qui fait le bonheur des amateurs de dancefloor. Quand on connaît les circonstances funestes dans lesquelles le titre fut écrit, avouons que danser n’est pas la première chose qui vienne à l’esprit. Mais au royaume du massacre, avouons qu’ALLIAGE, un boys band bien de chez nous, décroche la palme. Cocorico ! Dernière reprise avec "No Woman No Cry", succès populaire de Bob MARLEY. On a entendu pire, mince consolation, avec Pauline Black ou les Leningrad Cowboys, mais il nous paraît assez difficile de ne pas retourner à la version du Grand Bob ou celle des FUGEES.

Alors, avec sa pochette relativement machiste, ce premier jet d’une formation fabriquée de toute pièce demeure encore efficace. Les titres parus en singles se vendent par millions d’exemplaires. Si "Daddy Cool" et "Sunny" restent des valeurs sûres, c’est "Baby Do You Wanna Bump" qui a le mieux vieilli. Mettre une note à cette galette s’avère assez complexe. Doit-on mettre un 1 pour son contenu factice et artificiel ou un 4 pour s’être hyper bien vendu et avoir fait danser la moitié de la planète ? Coupons la poire en deux avec un 2,5 arrondi à 3.

⃰ A trop se poudrer le nez, Bobby Farrell est décédé d’une crise cardiaque en 2010 à 61 ans.

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   LE KINGBEE

 
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- Frank Farian (chant)
- Bobby Farrell (chœurs, chant)
- Liz Mitchell (chant)
- Marcia Barrett (chant, chœurs)
- Maizie Williams (choeurs)
- Nick Woodland (guitare)
- Keith Forsey (batterie)
- Thor Baldursson (claviers)
- Stephan Klinkhammer (basse, arrangements)


1. Daddy Cool
2. Take The Heat Off Me
3. Sunny
4. Baby Do You Wanna Bump
5. No Woman No Cry
6. Fever
7. Got A Man On My Mind
8. Lovin' Or Leavin'



             



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