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BONEY M - Christmas Album (1981)
Par LE KINGBEE le 29 Décembre 2020          Consultée 372 fois

Pour ceux qui n’entravent pas un mot à l’anglais, il s’agit là d’un disque de Noël. Remarquez avec cette branche de sapin blanchie d’une belle neige, on ne risque pas de se tromper sur la marchandise. Ajoutez-y trois anges noirs enveloppés de la peau d’un pauvre ours blanc et le tableau est parfait. Ah … n’oublions le brave Bobby Farrell, sorte de coquille vide à l’instar de la future fumisterie Milli Vanilli, tout de blanc vêtu à l’image de la poudreuse qu’il vient surement de dévaler. Une pochette strictement sans le moindre intérêt, le producteur Frank Farian n’a même pas eu le cran d’orner son danseur de l’habit rouge du Père Noël. Que voulez vous, tout se perd !

Ce sixième album studio de BONEY M ne débute pas trop mal avec "Little Drummer Boy", le grand classique de la Famille Trapp. Rien de bien original mais le groupe respecte les traditions et après tout la version vaut bien celles de Johnny CASH, SINATRA, Bing Crosby ou des SUPREMES. Si vous avez des tendances chauvines, vous préfèrerez certainement celle de "L’Enfant au tambour" par Nana MOUSKOURI. On ne va pas chipoter pour savoir qui a enregistré la meilleure version, d’autant plus qu’il en existe officiellement mille. Boney M enchaîne avec un standard encore plus gros que le précédent avec "White Christmas", titre qui aura rapporté gros à son créateur Irving Berlin. Repris à toutes les sauces, le titre fait l’objet de plus de 1750 enregistrement. Chez nous autre Gaulois, le titre se transformera en "Noël Blanc" via une adaptation de Francis Blanche. Des boites à rythmes "péraves" inondent la mélodie sous des effluves de touches Reggae inutiles. On peut sérieusement douter que la Jamaïque connaisse la neige.

Après cette sympathique escapade dans les mers chaudes des Caraïbes, le trio (Bobby ne chante toujours pas) nous emmène dans une ambiance hispanique de pacotille en reprenant le "Feliz Navidad" de José Féliciano. Les horribles boites à rythmes viennent de faire fuir les rennes du Père Noël, c’est malin ! Certes, il doit y avoir pire comme reprise, Glenn Medeiros en avait pondu une pas piquée des hannetons. Curieusement, de nombreuses chaines de supermarchés nous repassent encore en boucle cette exécrable version, alors que les MAVERICKS et Los Lonely Boys en avaient concocté des versions acceptables.
L’archi-rabâché "Jingle Bells" demeure l’une des incontournables chansons de Noël. Composé au milieu du XIXème siècle par l’américain James Pierpoint sous le titre "One Horse Open Sleigh", transformé en "Jingle Bells" sous la vindicte populaire, le titre a été mis à toutes les sauces dans le monde entier. Les versions d’ELVIS et de Dean MARTIN restent probablement celles qui ont laissé la plus grosse trace dans l’inconscient collectif. Chez nous Francis Blanche (encore lui) a adapté la chanson en "Vive le Vent". Repris entre autre par Dalida, Tino Rossi ce sont cependant Karen Cheryl et MIKA qui décrochent la timbale des versions les plus nullardes. Boney M nous balance ici une interprétation bien peu captivante, bourrée de synthétique et d’un chant aux intonations Reggae/Ska made in Munich, mais ne leur jetons pas la pierre, on a connu bien pire avec les reprises d’Al GREEN ou Diana KRALL ⃰ . Si vous voulez sortir du vent ou des tendances, on vous conseille la version Garage des BLUES MAGOOS, celle des PUPPINI SISTERS entre Broadway Jazz et Doo Wop ou celle de Wynton MARSALIS qui a l’avantage d’être instrumentale et donc de ne comporter aucune parole (CQFD).

En face B, Boney M s’attaque à un long medley (plus de six minutes) regroupant cinq titres : l’inévitable "Holly Night" adapté de notre "Minuit Chrétien" (Cocorico !), l’inéluctable "Still Nacht, Heilige Nacht" devenu chez nous "Douce Nuit, Sainte Nuit" ne parvient pas à faire grimper au sapin ni aux rideaux. Les trois autres titres proviennent de la plume de Frank Farian (tout au moins pour les arrangements), le producteur s’accrédite "Leise Rieselt Der Schnee", un chant d’hiver teuton crée au début des sixties, chanté bien avant par Peter Alexander, Udo Jürgens et notre Mireille Mathieu nationale. "Snow Falls Over The Ground" s’inscrit comme un honnête chant d’hiver tandis que "Hear Ye The Massage" termine ce medley longuet de façon insipide.

Une fois n’est pas coutume, terminons donc non pas par le meilleur, celui-ci étant déjà proche de la bérézina, mais par le pire. Dans ce long puits sans fond viennent se nicher les compositions de l’équipe de Frank Farian. "Winter Fairy Tale" un instrumental avec de ridicules bruits d’oiseaux, une flûte de pan synthétique ne pourrait même pas figurer sur un disque de Diego Modena et Jean Philippe Audin les rois de l’ocarina. "Zion's Daughter (Tochter Zion)" que s’accréditent honteusement Farian et sa bande de boyscouts est en fait pompé sur un orato d’Haendel servant à accompagner le calendrier de l’avent en Allemagne et en Autriche. Si l’œuvre baroque d’Haendel figure selon de nombreux spécialistes au firmament du répertoire des grands oratorios, l’adaptation déguisée de Farian figure elle dans le peloton de tête des bides musicaux. "When A Child Is Born" ne parvient à soulever la moindre émotion, le synthétisme de l’orchestration et l’accent germano anglais y sont peut-être pour quelque chose. Même chose pour "Darkness Is Falling" qui ne mérite pas plus de compassion. On se dit que "Petit Papa Noël" va rattraper le coup, sauf que Liz Mitchell nous confronte à un texte appris en phonétique et se mélange allègrement les pinceaux. Probablement à cours d’idées (pourtant Farian n’en manquait pas) le producteur nous refourgue "Mary's Boy Child / Oh My Lord" un massacre gospelisant figurant en face A du Single « Dancin’ In The Street » paru trois ans plus tôt. Le disque se conclut en beauté avec "I’ll Be Home For Christmas", titre pouvant figurer lors d'une Fête de la Bière ou de la Fête à Neuneu, c’est selon.

En cette période de fin d’année où l’amour, la paix et l’amitié devraient entretenir notre quotidien, ce disque de Boney M a réussi à me fâcher avec cette fête religieuse rattrapée depuis longtemps par le Fric. Curieusement ce disque sera classé dans les charts hollandais et allemands. Rien d’étonnant, on pourrait prétendre sans méchanceté que leurs goûts musicaux sont à l’image de leur bouffe … dégueulasse ! Ah … dernière chose, Bobby Farrell ne chante pas sur ce disque, il se contente de danser sur les plateaux télé et de se trémousser lors des concerts. Le répertoire pompé sur de la Soul, du Gospel, des chants d’hiver et des traditionnels nous incitent à ranger ce disque dans le tiroir de la World Music.

⃰ Ce ne sont que des exemples, il doit y en avoir de bien pires.

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   LE KINGBEE

 
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- Liz Mitchell (chant)
- Reggie Tsiboe (chant, chœurs)
- Frank Farian (chant 6, chœurs 6)
- Helen Shappelle (chœurs)
- Katie Kissoon (chœurs)
- Joy Yates (choeurs)
- Nick Curtis (chœurs)
- George Chandler (chœurs)
- Simon Bell (chœurs)
- Bobby Farrell (danse)
- Mats Björklund (guitare)
- Johan Daansen (guitare)
- Gunter Gebauer (basse)
- Dave King (basse)
- Curt Cress (batterie)
- Kristian Schultze (claviers)
- Harry Baierl (claviers)


1. Little Drummer Boy
2. White Christmas
3. Feliz Navidad
4. Jingle Bells
5. Winter Fairy-tale
6. Mary's Boy Child / Oh My Lord
7. Christmas Medley:
8. Holy Night / Stille Nacht, Heilige Nacht/snow Fall
9. Petit Papa Noël
10. Zion's Daughter (tochter Zion)
11. When A Child Is Born
12. Darkness Is Falling (es Wird Scho Glei Dumpa)
13. I'll Be Home For Christmas



             



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