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Candi STATON - His Hands (2006)
Par LE KINGBEE le 29 Novembre 2016          Consultée 718 fois

Nous sommes en 2006 et Candi STATON ressurgit telle une diablesse de sa boite. Oh… la chanteuse avait bien enregistré 8 disques de Gospel sur son propre label, Beracah Records, mais ceux-ci étaient orientés vers des chants religieux à tendance intégriste ou puritaine et n’avaient rien pour déchainer les passions. En fin de compte, Candi n’avait plus enregistré de musique séculière depuis la sortie du médiocre "Nightlites" en 1982, un sacré bout de temps. Autant le dire d’emblée, "His Hands" est une véritable surprise, un vrai pavé dans la marre. Avouons le, on n’attendait plus grand-chose de cette formidable chanteuse de Country Soul qui aura marqué les années 60 avec des productions gravées dans les studios Muscle Shoals et Fame de Florence, en Alabama, en plein territoire redneck.

Cet album enregistré au Beech House Recordings de Nashville sous la houlette de Mark Nevers marque un retour aux sources, celles de la Deep Soul sixties. Talentueux ingénieur du son et producteur avisé, Nevers est un producteur curieux, admirateur d’Harry NILSSON et des RAMONES, il dispose d’un curriculum épais. Il est à l’aise dans différents domaines, a enregistré certains groupes de Southern Rock (ALABAMA, Confederate Railroad), un paquet de "bouzeux" (Amy Grant, Tanya Tucker, Alan Jackson, Travis Tritt, Bobby Bare) mais aussi des artistes afro-américains (Etta James, Bobby Jones ou la chanteuse de Gospel Albertina Walker). Ce "touche à tout" a la réputation de parvenir à tirer vers le haut les artistes qu’il enregistre. La première trouvaille de Nevers sera de s’attacher les services de Mark Ainley, celui la même qui avait convaincu EMI de rééditer les faces Fame de Staton en 2004.

Afin de placer la chanteuse dans les meilleures conditions, Ainley et Nevers font venir l’organiste Barry Beckett, l’un des artisans du Muscle Shoals Sound. Troisième bonne pioche, une troupe de choristes triées sur le volet avec Cassandra Hightower (la fille de Candi) et Maggie Staton-Peebles (la sœur). Mettant à profit l’adage qui veut qu’on est jamais aussi bien entouré que par les siens, les deux producteurs ont fait appel au batteur Marcus Williams (le fils). Pour compléter la famille, Nevers embauche le contrebassiste Dennis Crouch, l’une des meilleures gâchettes de Nashville, une section cuivre comprenant la crème de Nashville et des musiciens de session de Music City aussi à l’aise dans la Soul que dans la Country, le genre de mecs dont on ne parle jamais.

Candi n’est pas venue les mains vides mais avec quatre compositions : les ballades "It’s Not Easy Letting Go" et "I’ll Sing A Love Song To You" et "How Do I Get Over You" un morceau de Soul avec guitare fuzz et steel guitare bien dans l’esprit des productions Fame. Et enfin "In Name Only", une petite pépite de Gospel Soul qui monte crescendo et dans laquelle l’intensité dramatique portée par la voix de la chanteuse finit par vous plier en deux. Les arrangements ciselés comme des pièces d’orfèvrerie et l’entente entre les musiciens qui ne tirent jamais leurs couvertures à eux font de ces quatre nouveaux morceaux des pièces de choix.

Au niveau des reprises, elle reprend et magnifie "You Don’t Have Far To Go", une ballade guimauve de Merle Haggard. Le genre de titre mollasson (repris aussi par Bonnie Owens et Rosanne Cash) idéal pour vous faire détester la Country de Bakersfield. Mais Staton transforme cette soupe en foie gras de haut calibre. Avec "When Heats Grow Cold", une compo de Tommy Tate, la chanteuse livre une grosse prestation qui pourrait envoyer Bobby "Blue" Bland et Otis Clay (tous deux repreneurs du morceau) en maison de retraite. "His Hands" qui donne son titre à l’album était au départ un folk rock alternatif de Will Oldham, une ode hyper lente et pour tout dire carrément "emmerdante", à l’instar de Lucinda Williams, Candy apporte une troublante intensité religieuse au morceau. Comme durant ses glorieuses années (période Fame), elle transfigure totalement des morceaux issus de la Country comme en attestent "You Never Really Wanted Me", une bonne ballade de Charlie Rich ou bien encore "When Will I ?" une ballade du songwriter Dan Tyler.

Si Candi Staton représente la quintessence de la Country Soul sixties, elle est dans son élément dans un registre typiquement Soul, son interprétation de "Cry To Me", titre popularisé par Solomon Burke, Betty Harris, renvoie aux pâquerettes les versions de Freddie Scott, des Stones et de Precious Wilson (mais là c’était une daube innommable) même si le titre prend une coloration plus Pop. Porté par une voix exceptionnelle, un judicieux choix de reprises (souvent inusitées), des arrangements et une orchestration évitant les embûches du modernisme et loin de la copie servile, cet album composé de tranches de vie pas toujours très gaies est à marquer d’une pierre blanche. Un superbe album de Soul intemporelle et des accompagnateurs hors-pairs.

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   LE KINGBEE

 
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- Candi Staton (chant)
- Al Willis (guitare)
- G Daddy (guitare acoustique)
- William Tyler (guitare acoustique)
- Pete Finney (steel guitar)
- Barry Beckett (orgue b3)
- Tony Crow (claviers, piano)
- Dennis Crouch (contrebasse)
- Marcus Williams (batterie)
- Paul Birch (vibraphone)
- Roy Agee Trombone)
- Jimmy Bowland (saxophone)
- Vinnie Ciesielski (trompette)
- Barry Green (trombone)


1. You Don't Have Far To Go.
2. When Hearts Grow Cold.
3. It's Not Easy Letting Go.
4. His Hands.
5. How Do I Get Over You?
6. You Never Really Wanted Me.
7. I'll Sing A Love Song To You.
8. In Name Only.
9. Running Out Of Love.
10. Cry To Me.
11. When Will I?



             



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