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RISE AND FALL OF A DECADE - Noisy But Empty (1992)
Par RICHARD le 18 Décembre 2020          Consultée 602 fois

Est-ce que le temps change la perception initiale que l'on a eue d'un album ? Dans la plupart des cas, je serai tenté de répondre par la négative avec peut-être, parfois, quelques infimes nuances à apporter. Un disque qui vous a touché il y a plus de 25 ans continuera assurément de le faire, même après tout ce temps écoulé. Son attraction sera sans doute également plus prononcée car, les années passant, une couche de souvenirs bons ou mauvais d'ailleurs viendra s'y ajouter. On tient là comme un véritable fil d'Ariane émotionnel qui vous accompagnera tout le long de votre vie, ni plus ni moins. Vous avez compris à travers ces quelques mots que RISE AND FALL OF A DECADE dans mon Panthéon personnel musical tient une place non négligeable. Évoquer Noisy But Empty en hagiographe peu scrupuleux aurait à l'évidence un intérêt plus que limité. Rappeler la pertinence et la permanence des émotions qu'il contient comme au premier jour est forcément plus honnête.

Le trio dès la sortie de son premier album à la fin de l'année 1990 a reçu des échos plutôt positifs, même s'il était bien délicat de le rattacher à un quelconque mouvement. Ce fut sa force mais aussi sa faiblesse, qui l'empêcha de toucher sans doute un plus large public. Bernard LENOIR, notre John PEEL Bise à l’œil national, n'est pas resté insensible et lui a offert alors à travers ses émissions une plus large exposition. Profondément indépendant et ne rentrant dans une aucune case, le groupe ne rechigne pas pour autant à aller par exemple à la fin de l'année 1991 chez Thierry ARDISSON pour y reprendre "La Ballade de Melody Nelson" de GAINSBOURG. C'est d'ailleurs l'un des seuls témoignages visuels du combo que l'on peut retrouver avec plaisir sur la toile. Si RISE AND FALL OF A DECADE cultive un goût pour les choses bien faites, il ne faudrait surtout pas voir en lui maniérisme ni pose factice. Son univers mélodieux est ouvert et accessible : la diversité et la douceur qui règnent en maîtresses sur ce deuxième album seront, je l'espère pour vous, plus que contagieuses.

Écouter cet album sorti durant le printemps 1992, c'est aussi se rappeler qu'au même moment NIRVANA ou Mickael JACKSON étaient partout. RISE AND FALL OF A DECADE ne pouvait que sonner différemment. Le groupe avec Noisy But Empty en a profité pour diversifier son propos et casser la légère linéarité de son premier effort. C'est un disque où la délicatesse règne. Cette dernière prendra alors différentes teintes qui se distingueront simplement par l'intensité émotionnelle que vous voudrez bien leur attribuer. Ainsi, à l'écoute du superbe "Dear Henry" où la voix chaude de Pierre-François Maurin-Malet accompagnée d'un entêtant piano évoque l'âge d'or de Saint-Germain des Prés, elles pourront être sépia comme ces couleurs de photos d'un autre temps. Le trio à travers une orchestration plus diversifiée élargit ainsi son éventail sonore. Il s'attache à mettre également de manière plus prononcée en avant l'alternance ou l'union des voix masculine et féminine. L'introductif "Suicide Youth " qui sonne comme une valse nostalgique en est un bel exemple. La voix plus lyrique de Sandy Casado délivre ici son petit lot discret d'émotions. Elle se fait parfois plus posée à l'image du morose "The Missing Friend " qui conclut l'album avec toujours ce même résultat. Cet univers feutré atteint paisiblement sa cible : le cœur. Il ne sera pas question ici de mièvrerie mais simplement de belles émotions.

Si une forme de quiétude enveloppe souvent la plupart des titres, le groupe n'hésite pas néanmoins à dynamiser ses ambiances. Il expose alors une forme de pop aérienne qui prend des contours dream pop avant l'heure comme le soulignent les guitares graciles de "The Bird and the Fish" ou quasi-médiévales (?) à l'image de l'excellent "Wheel, Wind and Wine". Le trio est parfois pris de soubresauts électriques comme sur l'habité "Grandest Illusion" où le noisy relatif du titre de l'album prend ici tout son sens. Ce qui me frappe vraiment à l'écoute de cette galette, c'est que le groupe semble rechercher une forme d'épure, un dépouillement qui accentue encore plus l'instantanéité des émotions. Il en va ainsi de l'émouvant "Children Die In Silence" où Sandy Casado évoque la guerre contemporaine de Yougoslavie avec une partie finale prenante au piano. Le trio se joue également avec malice du format pop tant et trop attendu et entendu. Écoutez-moi plutôt le surprenant et réussi "Lost Cause" où l’A.D.N du trio s'exprime pleinement. Le subtil équilibre trouvé entre voix, piano (intro-outro) ne pourra normalement encore une fois que vous toucher.

RISE AND FALL OF A DECADE avec ce deuxième effort confirme aisément tout le bien que l'on pouvait penser de lui. Ces douze titres variés sont comme autant de petites pierres précieuses qui continuent de briller près de 30 ans après leur découverte. Voici donc une délicate occasion pour finir cette année chaotique en douceur et espérer la débuter sous de bien meilleurs auspices.

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   RICHARD

 
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1. Suicided Youth
2. Dear Henry
3. Grandest Illusion
4. Children Die In Silence
5. The Bird And The Fish
6. Candletown
7. Lost Cause
8. Wheel Of Cruelty
9. Cube-like-people
10. Girls Of The Ninetiees
11. Wheel, Wind And Wine
12. The Missing Friend



             



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