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ANTHOLOGIE CHANSON FRANCAISE - 09-chansons D'amour / 10-chansons De Femmes (1994)
Par MARCO STIVELL le 2 Décembre 2021          Consultée 111 fois

Le CD 9 du coffret Anthologie de la Chanson Française en est aussi le pivot central : les Chansons d'amour. L'amour, le thème le plus universel qui soit et qui, sous toutes ses formes, comme le dit Marc ROBINE dans le livret, du ton le plus grave au plus léger, de la paillardise à la passion la plus complète, peut relier l'ensemble des thèmes de toutes les chansons autrement inspirées, celles des soldats ou des femmes au foyer, des danses ou des métiers.

Comme pour les marins, j'espérais avec force que ce disque fût réussi, et il l'est presqu'autant. Il y a de quoi être enchanté rien qu'avec cette nouvelle version de "Nous irons en Flandres", que Gabriel YACOUB avait reprise peu d'années avant sur son album Bel (1990). Moins contemplative, avec Patrick Desaunay pour quelques instants échappé du groupe La CHIFFONIE, simple et belle est la version proposée ici. Cette ballade conte la mésaventure d'un galant envers une bergère brune qui le repousse. "Adieu fille ingrate, plus les amants vous flattent, moins vous les aimez !" Quelques jours après, il console un ami qui s'est trouvé dans la même situation, et le convie en Flandres où ils trouveront facilement des brunes mais aussi des blondes !

La chanson suivante est toujours tournée vers les filles du nord et avec gaillardise, mais relevée à l'accent du sud-ouest par Jean-Luc Madier en troubadour moderne, harmonica sautillant à l'appui. La CHIFFONIE au complet se retrouve pour un "Dans la ville de Paris" superbe et délicat, jusque dans le chant d'Hal Collomb très doux même avec les arrangements habituels. Peut-être leur meilleure contribution au coffret avec le disque de marins (n°7).

Même si de nombreuses chansons d'amour poignantes ont été écrites au XXème siècle, le caractère médiéval de beaucoup sur ce disque, avec leur écriture très imagée, parfois mystérieuse, prime en termes de séduction et de réussite. Ainsi va-t-il de "J'ai fait un rêve", rendu tribal et comme une incantation par Michel HINDENOCH qui s'accompagne seul à l'épinette des Vosges, soeur du dulcimer américain. Anne SYLVESTRE en reine sur une musique appropriée, conte une romance macabre entre nobles : "Le roi a fait battre tambour".

Dans la diversité habituelle des voix d'interprètes, ce disque est un des meilleurs exemples de complétion dans la mixité à l'échelle du coffret. À quelques reprises, il anticipe un propos qui sera développé dans le disque suivant, le n°10, celui des femmes, à savoir l'interdiction pour elles par leurs parents de fréquenter un amant, de se voir menacées du couvent. "Par un lundi", très rural et avec son début à la "Marinella !" de Tino ROSSI, est de celles-là mais on retient mieux encore "Le jeune trimardeur", où Marie-Noëlle LE MAPIHAN, avec un ton rebelle à la bretonne (bombarde de Jean Baron en réponses), veut suivre son coeur et tient tête à sa mère.

LE MAPIHAN chante aussi une très belle chanson de fidélité convaincue et toujours en Bretagne : "Deux heures avant le jour". Son amant doit partir faire son service militaire et, lui faisant une ultime visite, l'encourage à ne pas l'attendre, à se trouver quelqu'un d'autre, mais elle lui soutient que non, que les autres ne le valent pas... La réciprocité masculine survient aussitôt avec la berrichonne "Grand Dieu, que je suis à mon aise !" chantée par Jacky BARDOT. Le conscrit ne veut pas fricoter avec une autre femme et veut faire une image de sa belle en papier pour mieux s'en souvenir, nonobstant les railleries de ses camarades.

Le Berry (départements du Cher et de l'Indre en grande partie) est à l'honneur grâce à BEN et ses "Trois fendeurs", où une demoiselle doit choisir entre autant d'amants. Ensuite, "Derrière chez nous" chantée par Evelyne GIRARDON (La KINKERNE, La BAMBOCHE) accompagnée par Gabriel YACOUB, où une fille simple n'ose pas dire franchement qu'elle aime le fils du roi, mort à la chasse avant la fin de la chanson. Le tout en polyphonie a-cappella, comme plus loin "M'amour la caille". GIRARDON offre aussi une splendide complainte franc-comtoise : "Un beau soir de dimanche", où sa passion pour l'amant qui fait sa sérénade sous la fenêtre lui donne envie de le 'mettre en cage' pour qu'il ne s'envole jamais, si jamais elle l'avait – son père veille au grain !

Comme toujours, je ne saurais trop parler avec adoration d'Emmanuelle PARRENIN pour "La belle est au jardin d'amour", traditionnel picard du XVIIIème siècle, orgue joué par Nikki MATHESON ("comment être près d'un rosier si je ne peux pas prendre la rose ?"), de Michèle BERNARD aussi sur sa version des "Tristes Noces" au piano (un classique déjà repris par MALICORNE), sur l'archi-connu "À la claire fontaine", traditionnel normand qui s'est exporté au Québec, rendu encore plus féérique ici avec Marc ROBINE au dulcimer.

En terme de magie, difficile de manquer "Les métamorphoses" chantées par le Périgourdin Bernard INDEAU sous le titre "Ah dis-moi Margueritte", jeu du chat et de la souris entre un homme et une femme mais d'un animal à l'autre au fil des couplets. Un morceau toujours intense et ici servi par l'accordéon ainsi que la flûte d'Emmanuel Pariselle. Ecrit au XVIIIème siècle, "C'est mon ami" est un petit bijou de fidélité en amour façon trouvère tardif entonné par Lionel ROCHEMAN.

Le chef d'oeuvre est cependant gardé pour la fin et, comble du bonheur, par Gabriel YACOUB. "Plaisir d'amour ne dure qu'un temps, chagrin d'amour dure toute la vie", une rengaine très XVIIIème là en revanche, faite d'anciens serments trahis, hantée par celui qui a l'habitude de ne pas être trop léger, avec même un parfum marin. Et, pour couronner le tout, son ex-compagne Nikki MATHESON au célesta, ses amis Emmanuel Pariselle mais aussi exceptionnellement Dan AR BRAZ pour un balancement de guitare enivrant, une modulation inattendue sur le final... Même sombre, l'amour n'a pas fini de résonner comme la plus belle et forte 'chose de la vie' en musique !


Faire un disque de chansons réservées aux femmes, un seul et unique sur un ensemble de 14 CDs est à double tranchant, mais pas de quoi grimper au plafond si l'on tient compte du nombre important d'autres chansons disséminées çà et là qui aurait pu le constituer, le faire durer bien au-delà de 80 minutes ! C'est comme le regret éventuel que l'on peut avoir de ne pas avoir l'exact miroir inversé du disque numéro 5, celui des chansons de soldats, avec une part XX écrasante et très peu de XY pour chanter la condition féminine au fil des siècles... Peut-être justement, venant de Marc ROBINE, cela naît-il d'une volonté d'effacer mieux les anciennes lois absurdes de soumission "aux parents d'abord pour les plus jeunes, aux maris ensuite pour les aînées", et au contraire, de laisser les hommes en prendre conscience et s'approprier les complaintes ou parodies, les messages de contestation, bases de l'évolution de la société dès la fin du XIXème siècle.

Si les femmes jeunes ou plus âgées subissaient le manque de droit à la parole, elles se réservaient le droit à la chanson, entre elles souvent et à mots plus ou moins couverts. Marc ROBINE met aussi cependant en exergue l'idée que pour beaucoup d'entre elles, mieux valait être mal accompagnée, être mère sans le souhaiter, plutôt que seule pour la vie. Un paradoxe qui voulait que le sentiment de frustration et d'échec total fut remplacé par les forts bouleversements, la tristesse, la colère et l'usure. Après le disque de chansons d'amour encore très empreintes de fidélité pour certaines, ce disque est donc en grande partie celui de l'anti-mariage (meilleur que le CD 4 en la matière), des espoirs déçus, des passions contrariées.

Une fois de plus, Emmanuelle PARRENIN fait merveille sur la chanson haut-bretonne "Déjà mal mariée, déjà" (version très différente de celle de TRI YANN mais tout aussi grandiose), avec la non-moins géniale Michèle BERNARD aux choeurs, Jean Baron à la bombarde et Gilles Chabenat à la vielle à roue notamment.

BERNARD bien entendu seule de son côté ensuite, même si elle garde un final pessimiste (et un peu décevant) pour ce disque avec "Ma grand-mère" de Pierre-Jean DE BÉRANGER (chansonnier-star au XIXème siècle, que l'on a déjà croisé ailleurs sur ce coffret). Chanson à l'esprit folâtre empleint de nostalgie, mais on préfère BERNARD toute en jeunesse et en performance époustouflante sur la presque-comptine et gigue endiablée des "Douze amoureux" (avec l'énumération augmentant à chaque couplet, cela change de l'inverse !). Ou même pour les paroles très dures de "Filles d'ouvriers", sur les filles-mères dont le seul avenir et peu radieux s'ouvre à la prostitution, à se voir pointer du doigt avec mépris et non point que par les hommes, loin de là.

Toutes les meilleures voix féminines croisées sur les autres volumes du coffret semblent s'être données rendez-vous ici. D'abord, Anne SYLVESTRE la grande, éloignée de son amant et "Nonne par contrainte", qui médit du couvent avec un propos très ouvert. Chanteuse de renom, elle s'est rarement montrée aussi habitée ! Catherine PERRIER ensuite, seule a-cappella et maman contre son gré et sans assurance, chante un infanticide sans fard, mais pas sans témoin. Puis Chantal GRIMM sur une note moins aride avec la country polissonne de "La fille à maman" et au milieu d'un trio révolutionnaire envoûtant avec Arlette MIRAPEAU et Elisabeth BOUDJEMA pour les droits des femmes au tout début XXème siècle ("La femme libre"), à grand coups de charmants "biribi", "la faridondaine la faridondon" et pour lesquels il y a encore tant de chemin à faire !

Sylvie BERGER clame de sa voix douce l'adieu à ses amourettes pour être mariée à tout prix, mais aussitôt après, Marie-Noëlle LEMAPIHAN voudrait être morte plutôt que de subir son mari jaloux et son emprisonnement quotidien. Deux moments forts, avec des musiques lumineuses en contraste. Et comment ne pas souligner la présence de Marie SAUVET, l'ancienne Marie de MALICORNE, éternellement suave pour cette poignante "Vieille fille" angevine qui paie le prix de sa jeunesse à "quatorze amants par semaine et veut s'en retirer d'elle-même au couvent à la fin de sa vie ?

L'égrillardise, au contraire, pointe le bout de son nez et envahit la scène du cabaret au XIXème siècle avec une talentueuse Arlette MIRAPEAU pour "J'ai battu mon homme", sur une adultère vengée dans le comique, effets de théâtre garantis. Gros coup de coeur également pour "Je regrette nom de nom !", où Bénédicte LÉCROART (voix d'or de Belle, la princesse DISNEY !) avec Martine SARRI en choeur sautillent en filles volages qui vont jusqu'aux images crues. Superbe et envoûtant, sur fond de country avec banjo de Marc ROBINE !

Passons plus vite sur les chansons par les hommes, qui dans de nombreux cas sont en réalité des duos mixtes, avec voix féminines pour harmonie serrée, que ce soit Gabriel YACOUB, Michel HINDENOCH, Robert AMYOT... L'idée cependant que Bernard INDEAU chante lui-même que la "Fillette à 14 ans" ne sera pas mise au couvent par la volonté de sa mère car son père la soutiendra reste significative, pour un tableau moins noir de l'autorité parentale, et sur une musique orientale détonnante, exquise.

N'oublions pas non plus le doyen Francis LEMARQUE, qui a multiplié de splendides prestations sur ce coffret, et mis en garde ces "Filles qui êtes à marier" dès le début du disque avec force contre le mariage, les époux jaloux, la maternité... Avec la guitare de Gabriel YACOUB, l'accordéon d'Emmanuel Pariselle et le violon de Patrick Le Mercier, pour plus de portée, de grandeur. Quant à Marc ROBINE, il regrette (mais en splendeur !) l'attitude des hommes ivrognes et adultères sur "La femme d'un libertin", et l'histoire qui se répète, puisque les jeunes garçons, enfants de la pauvre femme, savent déjà qu'ils feront de même plus tard.

Un disque à la fois très bon et qui aurait pu être meilleur en certains endroits, mais son importance et la qualité des interprètes, avant tout féminines, vaut plus que le détour. Et d'aider à ce que les choses changent !

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Marc Robine (chant, banjo, dulcimer)
- Gabriel Yacoub (chant, guitare, mandoloncelle, percussions)
- Emmanuel Pariselle (accordéon, flûte)
- Francis Lemarque, Roland Brou (chant)
- Michel Hindenoch (chant, violon, épinette des vosges)
- Jean-luc Madier (chant, harmonica)
- Jean-françois Dutertre (chant, vielle à roue, épinette)
- Ben (chant, mandoline)
- Anne Sylvestre, Catherine Perrier (chant)
- Michèle Bernard, Lily Benhaïm (chant)
- Emmanuelle Parrenin, Evelyne Girardon (chant)
- Marie-noëlle Le Mapihan (chant)
- Chantal Grimm, Arlette Mirapeau (chant)
- Marie Sauvet, Sylvie Berger (chant)
- Bénédicte Lécroart, Martine Sarri (chant)
- Elisabeth Boudjema (chant, violon)
- Dominique Poncet, Jean-loup Baly (chant)
- Lionel Rocheman (chant, guitare)
- Robert Amyot, Jacky Bardot (chant)
- Jean-michel Saint-cricq (chant, accordéon)
- Bernard Indeau (chant, dulcimer, percussions)
- Michel Benhaïm (chant, violon, mandole)
- Hal Collomb, Yvon Guilcher (chant)
- Patrick Desaunay (chant, guitare)
- Serge Desaunay, Patrice Lacaud (accordéons)
- Patrick Perroton (saxophone soprano)
- Pierrick Lemou, Patrick Le Mercier (violon)
- Frédéric Baudimant, Didier Olivier (violon)
- Michel Le Cam (violon)
- Jean-pierre Cazade (violon, basse, percussions)
- Dominique Brunier (violoncelle)
- Mathieu Lusson (viole de gambe)
- Mathieu Dalle (contrebasse)
- Marie Bersoux (basson)
- Bernard Subert (clarinette)
- Laurent Audemard (clarinettes basses)
- Dany Benhaïm (mandoloncelle)
- Gilles Chabenat, Marc Anthony (vielle à roue)
- Jean-michel Corgeron (hammered dulcimer)
- Coco Le Meur (nyckelharpa, vielle à roue, percussions)
- Jacques Dompierre, Carlo Rizzo (percussions)
- Soïg Siberil, Dan Ar Braz (guitare)
- Yannick Hardouin (basses, piano)
- Romain Didier (piano)
- Régis Huby (piano, violon)
- Aline Pascal (orgue à tuyaux)
- Nikki Matheson (orgues, harmonium, célesta, piano)
- Michel Esbelin (cabrette)
- Tonio Gémène (harmonica)
- Jean Baron (bombarde, biniou-kozh)
- Jean-claude Blanc (cornemuse bourbonnaise)
- Jean-pierre Rasle (cornemuses, flûtes)


- Cd 9- Chansons D'amour
1. Nous Irons En Flandres (patrick Desaunay)
2. La Jolie Flamande (jean-luc Madier)
3. Un Beau Soir De Dimanche (evelyne Girardon)
4. Beau Rossignolet Sauvage (roland Brou)
5. Dans La Ville De Paris (la Chiffonie)
6. Les Trois Fendeurs (ben)
7. Derrière Chez Nous (evelyne Girardon, Gabriel Yaco
8. La Belle Est Au Jardin D'amour (emmanuelle Parreni
9. J'ai Fait Un Rêve (michel Hindenoch)
10. Deux Heures Avant Le Jour (marie-noëlle Le Mapihan
11. Grand Dieu, Que Je Suis à Mon Aise ! (jacky Bardot
12. Par Un Lundi (jean-michel Saint-cricq)
13. Les Tristes Noces (michèle Bernard)
14. Ah Dis-moi Marguerite... (bernard Indeau)
15. Le Roi A Fait Battre Tambour (anne Sylvestre)
16. Le Jeune Trimardeur (marie-noëlle Le Mapihan)
17. Rossignolet, Tu Chanteras (jean-michel Saint-cricq
18. À La Claire Fontaine (michèle Bernard)
19. M'amour La Caille (ben, Gabriel Yacoub, Dominique
20. C'est Mon Ami (lionel Rocheman)
21. Plaisir D'amour (gabriel Yacoub)

- Cd 10- Chansons De Femmes
1. Filles Qui êtes à Marier (francis Lemarque)
2. Déjà Mal Mariée, Déjà (emmanuelle Parrenin)
3. Je Voudrais être Mariée (sylvie Berger)
4. Je Croyais Que Le Mariage (marie-noëlle Le Mapihan
5. Les Douze Amoureux (michèle Bernard)
6. Je Regrette Nom De Nom ! (bénédicte Lécroart & Mar
7. La Vieille Fille (marie Sauvet)
8. Les Trois Jolis Mineurs (gabriel Yacoub & Evelyne
9. Amusez-vous Les Filles ! (roland Brou)
10. L'infanticide (et Moi Je Reste à Regarder) (cather
11. Une Fillette à 14 Ans (bernard Indeau)
12. La Nonne Par Contrainte (anne Sylvestre)
13. Do Do, Nanette (michel Benhaïm)
14. Où Est Allé Le Temps ? (marie-noëlle Le Mapihan)
15. Les Soucis Du Ménage (robert Amyot)
16. La Femme D'un Libertin (marc Robine)
17. La Jalousie Est Cause (jean-françois Dutertre)
18. J'ai Une Méchante Mère (michel Hindenoch)
19. J'ai Fait Faire Un Bateau Sur Mer (michel Benhaïm
20. La Femme Libre (chantal Grimm, Arlette Mirapeau &
21. Filles D'ouvriers (michèle Bernard)
22. La Fille à Maman (chantal Grimm)
23. J'ai Battu Mon Homme (arlette Mirapeau)
24. Ma Grand-mère (michèle Bernard)



             



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